VERSION FAITE EN CLASSE
La précédente version prouve qu'il est nécessaire dell l'avenir une fois de plus à la définition de notre méthode, et de rappliquer en classe.
Ecrivez' une page du De Officiis, empruntée à la seconde partie du traité, et consacrons à la traduire deux classes consécutives. Je l'avais proposée, il y a trois ans, • en composition blanche, aux élèves de Première C, ces aimables élèves avec lesquels j'ai pu rédiger la Méthode Littéraire... Eh bien! la vérité m'oblige à avouer qu'ils ne s'étaient pas couverts de gloire ce jour-là : le premier était noté 12 (sur 20), avec 9 fautes 1/4; le cinquième avait juste la moyenne. 10, avec i3 fautes 3/4 ; nous tombions à 7 avec le neuvième, à G avec le treizième ; et à partir du dixseptième jusqu'au vingt-neuvième, les notes s'échelonnaient de 5 à i/'2. Il y avait quatre absents.
A. — Alors, ce n'était pas meilleur que dans notre classe?
— Cette fois-là? Non, certainement!
I. Dictée Xont exceptionnelle. Cette vei'sion à laquelle je tenais, ne figurait dans aucun recueil. D'une manière générale, autant nous croyons nécessaire d'avoir des cahiers manuscrits pour le vocabulaire et la syntaxe, autant nous tâchons d'utiliser pour les versions des textes imprimés. Le vieux cahier de textes dictés nous paraît digne de rejoindre ses ancêtres du moyen âge. >:
COMMENT IL FAUT FAIRE UNE VERSION 36l
G. — Nous pouvons donc avoir quelques espérances, puisque cette classe...
— Il est certain que la miséricorde de la Sorbonne est infinie. Mais ce n'est pas la question... Écrivez...
K. — Peut-être pourriez-vous ne dicter ce matin que la moitié du texte, et nous la traduirions aussitôt...
— Non. Si ennuyeuse que soit cette opération, écrivez tout de suite le texte tout entier.
[Dictée du texte, qu'on trouvera pages 862 et 363.]
1" travail : Lecture du texte entier et analyse générale.
— Vous avez entendu la demande de K. Pour quel motif l'ai-je rejetée?
Plusieurs. — Parce qu'il faut commencer par étudier l'ensemble de la version.
— Comment vous ai-je dit de procéder, N.?
N. — Comme un homme qui pénètre dans une pièce à demi obscure... Au premier moment, nous ne voyons à peu près rien; puis à la seconde, à la troisième lectui^e, nous apercevons les principales idées...
— Oui, elles surgissent de l'ombre, comme les formes confuses des meubles principaux dans la chambre obscure.
N. — Nous apercevons même la suite des idées, les rapports qui les unissent...
— A l'aide de quels mots?
N. — Les conjonctions, les adverbes et les pronoms relatifs.
— Les termes qui « joignent ensemble », qui « complètent » ou qui établissent « une relation », dont il faut parfaitement connaître le sens et les différents emplois. Ce sont là (sans compter la foule des mots ordinaires qui se trouvent sus par vous) les « éléments connus » du problème à résoudre; ceux-là surtout vous permettront de définir les fonctions (avant d'en comprendre le sens) des « éléments inconnus ». Or de ces termes conjonctifs le latin use énormément, presque autant que le grec, deux
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fois plus que le français. La simple succession des idées, pourvu qu'elles soient en équilibre, qu'il y ait dans la phi'ase un certain mouvement, nous suffit souvent, aujourd'hui, pour en indiquer les rapports. Dans les langues anciennes, l'écrivain éprouvait le besoin de marquer fortement ces rapports et de placer une conjonction, visible comroe un écriteau, à l'entrée de chaque proposition. Dans ce genre de texte en particulier, dans un raisonnement sur une idée morale, les articulations du discours apparaissent très saillantes, et l'on peut, à les signaler, tracer le plan de la version. Essayez, M.
[Le premier de la classe a vite fait de découvrir, rien qu'en relisant le texte, les principales divisions, que chacun note par écrit, en marge de son cahier.]
I- — La force de la justice est immense, même chez les brigands.