VERSION FAITE EN CLASSE, PAR ÉCRIT, MAIS DIRIGÉE PAR LE PROFESSEUR
Cet exercice se rapproche des compositions sans dictionnaire que nous avions expérimentées au début de Tannée. 11 en diffère de deux manières :
I . Seuls, les meilleurs élèves ont été interrogés et corrigés.
'2.. Le professeur est intervenu plusieurs fois, pour examiner et corriger chaque partie, ce qui a foi'cément rendu plus facile Tintelligence des suivantes.
Malgré ces réserves, il nous a semblé ressortir de cette épreuve que la première moitié de la classe s'était améliorée, et que nous aurions pu à ce moment revenir avec succès aux compositions sans dictionnaire, si la seconde moitié, restée trop semblable à elle-même, n'avait rendu impossible toute tentative de ce genre.
Le texte proposé roulait sur une question de casuistique. On a beaucoup médit de la casuistique. Le mot est en possession, depuis Pascal, d'une mauvaise réputation, et il faut reconnaître que Sancliez, Escobar, quelques autres encore, l'avaient discrédité ! La casuistique, pourtant, est légitime, nécessaire, puisqu'elle est, par définition, l'étude des cas de conscience. Le 3*^ livre du De Officiis, consacré aux rapports de l'Utile et de l'Honnête, est un bon traité de casuistique, et le passage suivant ne nous a pas scandalisés!
I '. Quod turpe est, id nunquam est utile... Sed incidunt saepe causae, cum repugnare utilitas honestati videatur, ut animadvertendum sit, repuguetne plane an possit cum honestate conjungi.
II. Ejus generis haecest quœstio : si, exempli gratia, vir bonus Alexandria Rhodum magnum frumenti numerum advexerit in Rhodiorum iiiopia summaque anuonse caritate, si idem sciât complures mercatores Alexandria solvisse navesque in cursu frumento onustas petentes Rhodum viderit, dicturusne sit I id Rhodiis an silentio suum quam plurimo vendilurus. Sapien- v 0 tem et bonum virum fingimus : de ejus deliberatione et consultatione quaerimus, qui celaturus Rhodios non sit, si id turpe judicet. sed dubiter an turpe non sit.
III. In ejusmodi causis aliud Diogeni, aliud Antipatro videri solet.
1. Antipatro omnia patefacienda, ut ne quid omnino. quod venditor norit, emptor ignoret, Diogeni venditorem. quatenus jure civili constitutum sit, dicere vitia sportere : cetera sine insidiis agere, et. quoniam vendat, velle quam optime vendere. « Advexi, exposui, vendo meum non pluris quam ceteri fortasse etiam minoris, cum major est copia. Cui fit injuria? »
2. Exoritur Antipater ex altéra parte : « Quid ais? Tu cum lîominibus consulere debeas et servire humanae societati eaque lege natus sis ut utilitas tua communis sit utilitas, vicissimque communis utilitas tua sit, celabis homines. quid lis adsit commoditatis et copiae? »
Respondebit Diogenes fortasse sic : « Aliud est celare, aliud tacere... »
Le plan et l'étude de la version entière.
[Un quart d'heure est donné aux élèves pour faire ce travail, et noter par écrit les grandes divisions.]
I. Les chiffres ont été ajoutés après coup, pour le lecteur. Ils n'avaient pas été donnés aux élèves.
Correction. m
— Qui demande à lire son travail ? Vous, B.? Allez.
B. — I. Cicéron pose la question : l'utile et l'honnête peuvent-ils aller ensemble "?
a. Il donne un exemple, à propos de la misère de Rhodes et
un marchand d'Alexandrie.