‹ Comment apprendre le latin à nos filsChapitre 43 sur 219 · RETOUR AU THÈME LATIN · texte numérisé non relu

RETOUR AU THÈME LATIN

Il eût été bien utile, cependant, que je pusse revenir après Pâques, comme nous en étions convenus, pour traiter jau moment le plus convenable la question si importante du 'Jième d'application. Malheureusement, les circonstances obligèrent l'administration à nous enlever M. Weil pour remplir une place vacante au lycée Janson-de-Sailly. Nous eûmes bien la pensée de terminer notre expéi'ience sur ce

I. M. Weil regrettait que les textes se fussent trouvés si faciles. JLes concours deviennent d'autant plus amusants que les obstacles

nouveau terrain, mais mon collègue vit bien vite que ce n'était pas possible'. Je me contenterai donc de rappeler notre principe et de conseiller deux procédés.

Notre principe reste celui que nous avons établi dans les exercices. Le thème écrit est un exercice d'application et de contrôle, non d'acquisition. Il doit porter sur des mots et des exemples vingt fois répétés j^ar les élèves et devenus pour eux presque aussi familiers que des mots ou des exemples français. La confection d'un thème ne doit pas occuper l'élève plus de vingt ou vingt-cinq minutes, et la correction parfaite est de rigueur. Sinon, l'exercice n'est pas seulement inutile, il devient nuisible de toutes manières.

Dès lors, si l'on veut (comme je le crois désirable) rattacher les thèmes à la lecture de VEpitome, deux moyens peuvent être employés :

sont plus sérieux, et la seconde moitié de la Sixième leur est plus favorable encore que la première.

I. En revanche, il me communiquait sur sa nouvelle classe quelques renseignements de nature à compléter les précédents chapitres : « Le concours, me disait-il, a bien réussi auprès des petits Parisiens. Ils le réclament comme une récompense! L'un d'eux, malade et retenu à la maison, m'a fait demander par sa mère de ne pas le considérer comme ■< tombé » avant son retour. Les parents, d'autre part, ne pleurent pas la suppression des analyses écrites et voient d'un œil favorable nos exerciceg oraux, qui assurent leur tranquillité par l'amusement des enfants. Un père de famille va même jusqu'à charger l'analyse écrite de tous les méfaits du monde. « Dégoût du travail », « horreur delà classe », « paresse et négligence », il n'est pas de défauts dont il ne rende responsable cet exercice suranné... Sa sévérité l'emporte sur la vôtre. Et pourtant!...

Yous pourrez aussi noter pour vos futurs lecteurs un petit

procédé qui nous réussit. Dans ce lycée qui se signala jadis le pr& mier pour les exercices physiques, nous avons emprunté un usagi aux règlements sportifs. Nous avons, depuis tantôt un mois, u « chronométreur officiel » ! Tout élève qui laisse s'écouler un quan de minute avant de répondre à une question est éliminé du concours il « tombe » ! Les réponses deviennent ainsi rapides et précises. Je vous assure que cela stimule et débrouille les plus patauds...

Un des symptômes les plus significatifs relevés par les parents est la quantité de détails que leur donnent les enfants sur la classe; ils en étourdissent leurs familles, et ne tarissent pas sur les péri péties et les triomphes du « concours »... »

l'explication de l'epitome 93

1" Le vieux thème d'imitation, excellent, à condition que le professeur en compose le texte lui-même, avec les mots 2t les tournures qu'il sait parfaitement connus de ses élèves ;

■i" Un procédé plus simple encore, de nature à fixer ces mots et ces tournures dans la mémoire :

Les élèves, après chacune de nos explications, écrivent la traduction sur leur cahier d'exercices et de notes. A la jlasse suivante, le professeur relit encore une fois, très 'entement, le latin, et les élèves doivent ensuite le répéter l'après leur propre traduction.

Cet exercice tiendrait peut-être lieu avantageusement les leçons de textes.

La leçon de mémoire proprement dite consistant désormais dans la récitation du cahier de mots et d'expressions, la '.eçon de textes pourrait devenir un exercice de thème oral. Elle présenterait, sous cette forme, l'avantage d'obliger élève à rapprocher constamment l'expression latine de 'expression française correspondante. Quel est l'élève, nênie excellent, qui serait capable de traduire à l'improviste (j'entends de bien traduire) les centaines de lignes atines qu'il vient de débiter pour une composition de réciation? Pas un, très probablement, ne satisferait à cette ïpreuve. Or c'est là ce que nous devons chercher : étant lonnée une expression étrangère^ en découvrir Véquivalent ,ians notre langue maternelle avec rapidité, avec sûreté... Rien ne romprait mieux à cette gymnastique (pour employer exceptionnellement un mot dont on a trop abusé) que la raduction ainsi préparée.

Ces deux points sont assez importants pour que nous f revenions. N'ayant pu les traiter en Sixième, nous les ■ej)rendrons à propos de l'enseignement moyen. Le moment )fit venu de quitter l'enseignement élémentaire.

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