I. Le vocabulaire
Les observations que nous avons à porter sur le cahie de vocabulaire sont relatives soit aux familles de mots, soi à la filiation des sens. Voici ce que vous devez prendre aujourd'hui, sur le premier point :
Familles de mots :
Ajoutez au verbe ago l'expression âge, « dis-moi », avec la référence :
Phèdre, Le loup el le chien.
Ajoutez au verbe licet le mot liccntia, permission.
Je vous fais grâce de pulmentam, le mets en bouilliej
I Crepusculo solutus — vagor qua visum est. — Panis affertni ultro ; — idominus dat — ossa de mensa sua, — familia jaclat frusta,
— et pulmentarium quod quisque fastidit. — Sic sine labore — venter meus impletur.
2. Âge, si animus est — quo (pour aliquo) abire, — est licentia'
— Non plane est, inquit. — Fruere quse laudas, Ganis ; — nolo regnare — ut non sim liber mibi.
LA LECTURE DES TEXTES l'j'i
( rivé de puis, pultis, la purée. Vous ne Tinscrirez sur ■> tre cahier que plus tard, si vous le rencontrez dans des (plications de Plaute.
1 En revanche, en voici deux à écrire... Quel est le sens ,( familial... Non, pas vous, F,.. Un bon étourdi... P., ] r exemple ! Familia?
P. — Famille!
— Ça y est!
D'autres. — La troupe d'esclaves.
— A quel mot plus simple le rattachez-vous? r. — Famulus, le serviteur.
— Oui, l'habitant de la maison. Paterfamilias signifie le I ître de maison; et familia :
° l'ensemble des habitants de la maison;
la troupe des serviteurs; 1 ' le patrimoine.
Parlez-nous de solutus, E.
E. — Solutus, nominatif masculin singulier du participe ] isé de soli'o, is, solvi, solutum, soli'ere : i° délier,
0 acquitter.
— Nous l'avons noté, il y a longtemps déjà, ainsi que
1 isieurs mots de sa famille. Ajoutez aujourd'hui à la fiiille latine quelques mots de la famille française... En >fez-vous?
Plusieurs. — Solution.
3'autres. — Dissoudre.
Jn autre. — Dissolvant.
= Il est très important de rattacher ainsi l'étude des r ts français à celle des mots latins. Il faut qu'à partir de 1 Cinquième votre cahier de vocabulaire fasse, dans cert is cas intéressants, une petite part au vocabulaire f nçais.
'iliation des sens.
— Comment avons-nous traduit pZane?
Plusieurs. — Tout à fait.
— Est-ce le sens primitif?
174 l'enseignement moyen
Tous. — Non.
— Pourquoi?
F. — Parce que le sens primitif est une image concrète H. — Parce que les créateurs du mot ont commencé p
décrire ce qu'ils voyaient, avant d'exprimer des ide
abstraites.
— Voici, en effet, l'origine du sens de plane :
PlanuSj a, um : i) plat, uni (au figuré : facile, aisé);
2) clair, évident.
Plane : i) uniment, clairement; 2) tout à fait.
= J'ai remarqué tout à l'heure, S., que votre traducti de animus était bien vague, bien inexacte. Votre professe m'a fait à ce moment-là un signe, que vous n'avez pas \ mais qui n'a pas échappé à vos camarades... Quelqu'un i t-il nous dire le vrai sens du mot animusl
Plusieurs. — L'esprit!
— Pas toujours. C'est plutôt mens qui signifie l'espr l'intelligence. ^.^^
D'autres : L'âme. ''
— «Ame » est, en eftet, le sens primitif. D'où sont ven les trois sens dérivés, coi'respondant aux trois facultés
1) l'intelligence;
2) le cœur, le courage;
3) la volonté.
Ici, il signifie désir, volonté, fantaisie... « Si quo abire i animus, s'il te prend fantaisie de t'en aller quelque part.. Cela est à la fois plus français et plus exact que votre pî traduction, S. La vraie élégance ne diffère pas de l'exa titude, et l'exactitude ne s'obtient que par la connaissan du sens primitif.
= Ayez soin, dans votre note, de mettre en tête forme tout à fait primitive du mot : anima, avec le sens souffle de vie. Et mettez à côté, entre parenthèses : {animi être animé).
— Que signifie animadverterel .. .
[Silence.]
— Il faut apprendre à décomposer les mots. Vertere dinum ad — tourner son esprit vers, veiller :
1) remarquer;
2) punir.
Étudiez ici des verbes plus simples... En voyez-vous? e sera une occasion de dire les temps.
H. — Détritus : participe passé de detero, user. Tero, , twi, tritum, terere, veut dire « frotter ».
P. — Abire, s'en aller, infinitif de abeo : de ab et eo, is, i, itum, ire, aller.
[Le professeur pose ensuite sur nolo et malo, des questions li nous attirent des réponses moins heureuses.]
=r Nous ne pouvons que vous répéter ce que nous vous ons déjà dit. Il faut mettre les déclinaisons et les conjulisons sur de grands cartons, comme ceux que je vous ai ■étés, les suspendre dans votre chambre et les regarder ^/.s- les Jours, tantôt sur un point, tantôt sur un autre. Un atin, en vous levant, vous apercevez malo... « Tiens, je •■ sais guère malo\ Récitons malo... » Et tout en faisant )tre toilette, vous vous débarbouillez en malo\ Le soir, lus vous couchez en nolo; le lendemain, vous vous veillez sur un air de la 4*^ conjugaison; ou bien, après le jeûner, vous digérez en ruminant la déclinaison de npus... Avec cinq minutes par jour ainsi employées, us devenez d'une force, mais d'une force!
— Sept d'entre eux ont confectionné à coups de ciseaux s tableaux comme les vôtres.
= Qu'ils me les apportent bien vite, demain, en Preère. Des tableaux! Je dirais volontiers comme Ghica- : au : « Un exploit ! »
C'est un exploit que ma fille lisoit!
Vous dressez des tableaux! Vous êtes sauvés!... A condition de les réciter comme il faut, avec persévénce!
— Je crains qu'ils ne soient encore loin de cette sûreté s souhaitable! Ainsi je redouterais pour V. une interview, lime peu prolongée sur fruere...
Hein, V., fruerel V. — Infinitif...
— Tout juste !
rr: DébarbouiUez-vous en utor, mon pauvre V. ! Usez utere, de ce procédé... Affichage et rabâchage... On n trouvera jamais rien de mieux.
a. La syntaxe.
— La syntaxe est si simple dans Phèdre qu'il fau presque le vouloir pour se tromper sur ce point... Poui tant, plusieurs m'ont paru manquer de précision sino dans les connaissances, au moins dans la traduction. Un s'agit pas de deviner, il faut savoir, et pour cela se rendr compte de tout, suivre le raisonnement, traduire les cor jonctions... montrer qu'on sait la grammaire.
Ainsi, je n'ai pas aimé, mon cher F., de la part d'un bo élève, votre interprétation de fruere qiiœ laudas. You n'avez pas rétabli V antécédent de quse. Comment fautexpliquer? ^
F. — Fruere bonis, jouis des biens — jl
quse laudas...
— Jamais vous ne serez trop scrupuleux sur la suite de idées. Quel est l'exemple de votre grammaire?
Tous A LA FOIS (avec empressement). — Csesaris omni.
— C'est une vraie ménagerie! Un seul, un coryphée, H. H. — Csesaris omni et gratia et opibus utor.
= Je préférerais peut-être le vieil exemple : fruor otii
— Moi aussi! jamais on ne fera oublier Lhomond pou cette partie de la grammaire... Et voici encore un p^ssag qui va nous le rappeler. Comment avons-nous traduit Venter impletur'i
Plusieurs. — Mon ventre se remplit. »
— Eh bien! Lhomond, le bon Lhomond, vous appren à la fois le latinisme et le gallicisme dans l'exemple : domi ssdificàiur, la maison se construit, opposé à domus xdij cala est, la maison se trouve aujourd'hui construite.
= Vous m'aviez laissé prévoir une dernière question, s» la conjonction ut.,. J'étais alléché, tenté... comme le louj
— N'ayez pas de « désillusion »! Vous allez pouvoir féliciter notre excellent S. pour la traduction qu'il nous a donnée de ut non sim liber. Vous vous étiez trompé sur le conditionnel, S., mais avoir l'idée de traduire ut par si était vraiment d'un latiniste ! Pourquoi avez-vous cru devoir traduire ut par si, et non par afin que2
S. — Parce que mon édition le disait en note.
— Vous n'avez pas eu d'autre raison?... Non?... C'est tout à fait étonnant... Qui dira le sens de cet ut2 Personne? Voilà l'inconvénient qu'il y a à traduire des auteurs sans avoir une idée de la syntaxe entière... Le chapitre relatif au sens de ut, à supposer que, et l'exemple : ut desint vires, tamen est laudanda voluntas sont réservés à la classe de Quatrième... D'un autre côté, on ne peut pas attendre de savoir la syntaxe entière pour lire les auteurs...
= Il ne s'agit pas de la connaître en détail, mais d'avoir dès la Cinquième une connaissance suffisante de l'ensemble; le tableau de Sixième, par exemple, qui fait connaître le plan général de la syntaxe jusqu'aux propositions circonstancielles, peut être refait dès le début de l'année suivante et comprendre les sept catégories rappelées par la formule :
Intention, cause et temps, Condition, conséquence, Concession et comparaison.
Une fois le plan bien connu, avec renvoi aux pages les plus importantes du cahier de syntaxe, nous n'hésiterons ■pas à noter, au cours de nos lectures, un ou deux exemples 3ur chacun de ces chapitres... Aujourd'hui notamment, nous pointerons à la condition, page 48, sur la page paire ^, l'exemple traditionnel, sur la page impaire celui de Phèdre... Et nous nous en tiendrons là pour le moment. Nous fixons dès aujourd'hui un souvenir précieux, et nous .amorçons du même coup les acquisitions à venir... Ne vous lassez pas, mes enfants, de constituer, de compléter et d'apprendre ce précieux cahier. Seul, il vous permettra de travailler avec ordre, sans hâte mais sans retard, et de
I. Nous ne possédions pas encore le cahier imprimé. BEZARD. Latin. 12
lyS l'enseignement iMOYEN
meubler peu à peu, méthodiquement, votre mémoire. Grâce à lui, vous mettrez dans votre travail cette continuité par laquelle le présent repose sur le passé et prépare l'avenir. Il assurera votre succès en diminuant votre peine. Il est pour vous le symbole même de la méthode.