‹ Comment apprendre le latin à nos filsChapitre 90 sur 219 · II. — Adjectif distributifl · texte numérisé non relu

II. — Adjectif distributifl

— Aujourd'hui du moins, vous avez écouté! Jussit se 'ipectari... L'exemple de la grammaire, M.?

!\I. — Jussit castra muniri, il fit fortifier le camp. Propoions infinitives.

— Esseprœsidio, S.? L'exemple?

S. — Hoc erit tibi dolori, cela vous causera de la douir. Compléments du verbe.

• Exercitus equitatusque, — equitibus Romanis adminislrantibus

quos praefecerat ei negotio, — celeriter transmittitur.

. Les inspecteurs recommandent de ne jamais désigner l'élève

' int de poser la question : il faut que chacun puisse croire qu'il

' être interrogé.

— Ventum esset, F,? L'exemple?

F. — Ventum est, on est venu.

— Celeriter transmittitur. Le singulier, avec deu sujets, T.?

T. — Pater et filius adest... syntaxe d'accord.

Les réponses n'arrivaient pas aussi vite que la dispos tion typographique pouri'ait ici le faire croire; mais je 1( ai toutes entendu faire, très exactes, après un instant c réflexion qui n'était jamais bien long... Là encore, regrettais l'absence du lecteur! Je pensais aussi à pi sieurs scènes datant de mes débuts dans Fenseignemen Deux de mes proviseurs, anciens professeurs de grar maire, essayaient parfois, après avoir donné les plac( d'une composition en thème, de tendre la perche ai élèves en demandant quelques exemples de Lhomond. C'était en Seconde, en Rhétorique... Ils trouvaient tr peu d'échos! Et ils sortaient de la classe avec le sentime: d'avoir mis une fois de plus le doigt sur la plaie. Ni injuria! Ils n'avaient pas tort.

Conclusion : Comment il faut lire.

Mais si le diagnostic est utile à connaître, le remède € encore meilleur à appliquer. C'est avec le désir de soulag la jeunesse que nous avons tenté d'exposer le nôtre ai pères de famille qui voudront bien nous lire. Nous no sommes attachés à être scrupuleusement sincères; m collègues ont. mis de côté tout autre souci que celui 1 montrer les choses telles qu'elles sont... Au lecteur < juger, et de chercher à son tour, en partant du princi cher aux Instructions officielles. Il s'agit de s'appuyer s les textes pour en tirer toutes les connaissances nécessaire mais de subordonner cette lecture attentive à l'étude métb dique du vocabulaire et de la syntaxe; nos instrumer de travail, nos deux cahiers qui doivent, dans notre pense remplacer l'un le dictionnaire, et l'autre la grammaii n'ont d'autre but que d'assurer cette correspondance être entre la règle et l'exemple, la théorie et la pratique, la ré tation des paradigmes et la lecture des auteurs : no

LA LECTURE DES TEXTES igS

partons toujours des textes pour revenir aux textes. « L'explication doit être le principal exercice de la classe! » — On peut entrevoir en même temps, et nous tâcherons que Ton voie mieux encore par la suite, combien Fétude de la langue est liée à celle des idées, combien l'éducation grammaticale est, dès le début, inséparable de l'éducation littéraire. Sans doute, la moyenne des élèves est loin de découvrir dans un historien latin ce que nous y sentons nous-mêmes ; il est à craindre qu'un certain nombre d'entre eux n'aient pas eu, aussi vivement que leurs maîtres, la vision du conseil de guerre dans la nuit, qu'ils n'aient pas entendu le bruit confus des rames, ou le cri aussitôt étouffé des sentinelles gauloises surprises par l'ennemi sur la rive noire du fleuve...

Chaque fois, raconte l'enfant qui devait être Anatole France *, que, de sa voix grasse de vieux sermonnaire, M. Chotard prononçait lentement cette phrase : « les débris de Tarmée romaine regagnèrent Canusium à la faveur de la nuit », je voyais passer en silence, à la clarté de la lune, dans la campagne nue, sur une voie bordée de tombeaux, des visages livides, souillés de sang et de poussière, des casques bossues, des cuirasses ternies et faussées, des glaives rompus. Et cette vision à demi voilée, qui s'effaçait lentement, était si grave, si morne et si fière que mon cœur en bondissait de douleur et dadmiration dans ma poitrine.

Non, il n'est pas donné à la moyenne des classes de comprendre ainsi le latin, ni même à des professeurs moins naïfs que M. Chotard de leur en donner une pareille intelligence; mais tout enfant un peu doué est capable d'épz'ouver des impressions analogues, et c'est cela qu'il faut tâcher d'éveiller dans les jeunes âmes. Que le père de famille curieux de prolonger notre effort lise avec son fils le beau livre de Jullian, Vercingétorix, que M. Géant avait recommandé à ses élèves; qu'il promène par la pensée cet enfant sur les champs de bataille qui furent ceux du passé, qui peut-être seront, hélas! ceux de l'avenir; et

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