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du revers de la main pour les tenir éloignées. Chaque préparateur a sa manière d'opérer et peu importe comment s'y prendre, du moment que l'on arrive à faire du bon travail.
La peau est complètement lavée; il s'agit maintenant de la soumettre à un bon préservatif. Le meilleur est sans contredit l'arsenic blanc pulvérisé dont on saupoudre tout l'intérieur de la peau et que l'on étend davantage au moyen d’une brosse ou d'un tampon d'ouate. Il faut voir à ce que les parties osseuses du spécimen, le crâne, les pattes, soient saupoudrés à profusion. On fera bien d'opérer sur une feuille de papier, de la sorte on pourra recueillir l’arsenic qui s'échappe et qui serait perdu sans cette mesure de précaution. L'arsenic est un poison violent; il faut donc s'en servir avec prudence et éviter d'en respirer les poussières. En agissant comme je viens de le dire, il ne saurait y avoir de danger, à moins d'en manipuler de grandes quantités à la fois pendant un temps relativement long. L'important, dans ce cas, c'est d'éviter que la poudre d'arsenic ne s’introduise sous les ongles; il en pourrait résulter une brûlure qui, à la longue, deviendrait très douloureuse. Pour pius de prudence, il est bon, après chaque opération, de se bien laver les mains et nettoyer le dessous des ongles. Lorsque l’on a à sa disposition une bonne provision de sciure de bois dur, le savon arsenical est toujours préférable comme préservatif pour les peaux. Pour s'en servir, on en met la quantité suffisante dans un petit vase, et, à l’aide d’un blaireau, on la délaie dans l'eau; puis, avec le même pinceau, on l’étend sur la peau sans rien oublier de celle-ci, que l’on assèche ensuite à la sciure de bois sans que l'on ait à toucher de la main à la partie de la peau qui est enduite d’arsenic. On peut aussi se servir de farine de maïs à la place de la sciure de bois.
L'emploi du savon a aussi pour avantage de ramollir la peau, qui a eu le temps de se durcir quelque peu durant tout ce travail et qui en sera plus difficile à être retournée
à l'endroit, opération dont nous allons maintenant parler.
Après que la peau a é‘é enduite du préservatif, on doit bourrer de coton 1: orbites des yeux, mais de manière à n’en pas mettre trop, car autrement il en résulterait un gonflement de la peau, une fois celle-ci retournée; on entoure aussi les pattes de tampons de coton, aux eudroits où l'on a enlevé des chairs. Ceci n'est cependant nécessaire que pour les oiseaux de taille moyenne ou au-dessus. On refoule ensuite la tête dans la peau du cou. Pour le débutant, c'est là une opération assez difficile; mais avec un peu de patience et de tâtonnements, il en vient à boût. Il ne faut pas se décourager si, au premier essai, la peau se fend ou se déchire d'autre façon; c'est un accident qui arrive à tous les préparateurs novices. Le reste offre peu de difficulté. Aussitôt que la peau a repris sa position naturelle, il faut réparer le dérangement que son renversement a opéré dans les plumes de la tête et du cou, avant que la peau ne se soit desséchée. En conséquence, on saisit l'oiseau par le bec, on le secoue doucement, et l'on souffle fortement sur les plumes de haut en \2s: ensuite, avec les pinces, on tourne et on arrange, les unes après les autres, toutes les plumes récalcitrantes qui n'ont pas repris leur place.
Il arrive très souvent, même pour le préparateur le plus adroit, que la peau une fois retournée n'offre pas un asper* bien réjouissant. Le sang et autres tuides se sont evoulés de la bouche, les yeux, crevés par le plomb, ont répandu leur contenu sur Je plumage du cou et de la tête, et 1e reste s'est souillé de graisse ou de sang pendant l'opération d: s’écorchement. C'est sans doute là un cas extrème, mais l'intermédiaire se rencontre souvent à un degré plus ou moins étendu. Le seul remède consiste dans un bon lavage, ainsi que nous l'avons décrit plus haut. Si la graisse est en trop grande quantité, il vaudra mieux immerger la peau dans la gazoline ou autre substance analogue, puis la laver soigneusement; si l'on n'a pas à se servir d’eau, il sera très facile de faire l'assèchement de la manière que nous avons indiquée plus haut.
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