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S4 COMMENT DISCERNER LES STYLES

une préparation qui se détachait en noir sur le fond clair du métal : cette préparation n'était autre qu'un alliage de plomb, de cuivre et d'argent fondus avec du soufre.

Au vn^ siècle, à l'époque de Clotaire II et de Dagobert, certaines villes du Midi, Marseille entre autres, excellaient dans l'art des nielles.

A l'époque romane, les étoffes existantes sont assez variées : la cretonne, toile de chanvre, qu'on fabrique à Caen, dès 925; la laine, qu'on travaille

Fig. 70. — FRAGMENT DU PAREMENT DU CHŒUR DE S A I N T-G É R É ON DE COLOGNE

(Tapisserie du xi« siècle.)

excellemment vers la fin du xn^ siècle, à Bruges et à Saint-Omer, et qui fournil la matière des draps d'Amiens; la soie, venue de Lombardie, et qui reste la spécialité des Lombards installés à Paris et établis dans un quartier qui, à l'heure actuelle, porte encore leur nom ; les étoffes d'or et d'argent, qui sont de provenances orientales, enfin deux tissus nouveaux (au commencement du xu^ siècle), \e Samit (satin) et le Cendal (taffetas).

Les tapisseries étaient également répandues et, dès le vii^ siècle, elles constituaient la décoration obligée des églises. C'est ainsi que Dagobert ne fit pas peindre les murs de l'église de Saint-Denys : les murs elles colonnes

STYLE ROMAN

étaient couverts de tentures enrichies de perles (qui avaient pour but de cacher les coutures). La mode s'en généralisa et les abbés riches, à Cluny par exemple, avaient établi qu'à certaines fêtes, les murs, les bancs, les sièges et stalles devaient être garnis de tapisseries. En 1095, le jour de Pâques, des tentures de soie décoraient toute l'abbaye de Fleury. A partir du siècle, d'ailleurs, des fabriques de tapisseries s'étaient établies : l'une des plus célèbres est celle de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur (985). A Poitiers,

Fig. 71. — ÉTOFFE DÉCOUVERTE L ' A iN VII, A l'aRBAYE S Al N T - G E R .M A I .N -D ES- P UÉS DE PARIS

[Travail des lissos de deux ordres, du xi» siècle.)

en 1025, il en était une également qui se spécialisait dans les tentures où se trouvaient des images d'animaux d'une figuration très curieuse, et des portraits de rois.

L'émail, qu'on prétend avoir été cultivé à Limoges dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, n'a laissé des spécimens authentiques que du viu* siècle : le procédé employé alors et continué jusqu'au xm^ siècle, donne h la pièce l'aspect d'une sorte de mosaïque : la matière vitreuse, retenue dans les creux par des saillies du métal, est coulée par juxtaposilion dans ces creux : c'est ce procédé qu'on reconnaît dans la couronne de Charlemagnc,

dans la croix de Monza, dans la coupe de Ptolémée, dont le pied d'or, qui date du xi^ siècle, a reçu une inscription en émail, et dans plusieurs pièces d'orfèvrerie et armes épiscopales du siècle. On doit signaler cependant quelques pièces qui doivent remonter à la même époque, et dans lesquelles le métal, très découvert, n'a reçu qu'un décor d'émail d'une extrême réserve; une sorte de pointillé ou de trait de gravure, en trois couleurs seulement.

Enfin, l influence byzantine avait amené en France le goûtde la mosaïque, soit la mosaïque vermiculée des Romains, soit la mosaïque égyptienne composée de triangles, de cercles, de losanges et d'ovales en marbre, unis entre eux suivant un dessin harmonieux, à l'aide d'un mortier composé de chaux et de pouzzolane. Charlemagne en avait fait décorer certaines parties de la basilique d'Aix-la-Cliapelle.

Disons, en terminant cette étude sur le style roman, qui a sa grandeur, grandeur sévère et robuste, qu'on distingue généralement trois phases en son évolution : le roman ])rimordial, qui va du viu^ au siècle; le roman secondaire, qui occupe tout le x" siècle et la moitié du xi^; et le roman tertiaire, qui va de la seconde moitié du xi* siècle à la fin du xif.

Fig. 72. — COURONNE DE CHARLEMAGNE

(Trésor Impérial de Vienne.)

Fig. 75. 130ITE EN MÉTAL DOUÉ ET É M Al L L É I' 0 U K CONSERVER LES HOSTIES.

PLAQUE ÉMAILLÉE SUU UN POM.IIEAU DE CHOSSE. FRAGMENTS (xiir siocle.]

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