‹ Comment discerner les styles du VIIIe au XIXe siècleChapitre 34 sur 84 · A. COLONNES ET PILASTRES · texte numérisé non relu

A. COLONNES ET PILASTRES

Ainsi, pour les colonnes et les pilastres, il leur répugnait de trop sacrifier à la sobriété antique, et ils multipliaient les détails décoratifs. Le fût de la colonne reçut des enjolivements : rarement il fut uni, plus sou-

vent cannelé dans le sens perpendiculaire {fig. 155), puis cannelé en spirale {fig. 156) ou entouré de feuillages (fig. 157) dont les tiges rampaient à sa surface; il fut également partagé par des anneaux et des sculptures circulaires {fig. 158). Il y eut encore, et cela particulièrement de Charles IX à Louis XIÏÏ, les colonnes à tambour {fig. 159), divisées régulièrement en assises de diamètres différents. Mais une sorte de pilastre caractérise bien le

Fig. 155. Fig. 156. Fig. 157. Fig. 158. Fig. 159. Fig. 160.

Style de celte époque, c'est la cariatide, qui répondait au goût du luxe, et rompait avec tant de grâce l'austérité des lignes {fig. 160). On n'en peut pas citer un exemple plus beau et plus typique que les cariatides de Jean Goujon, dans une des galeries du Louvre. Afin de bien montrer qu'il ne s'agissait pas là de statues, mais d'un élément de décoration purement architectonique, il les a élevées sur une base, les a couronnées d'un chapiteau, et, poussant plus loin que les anciens, coupa les bras. Ainsi la cariatide demeurait dans son rôle exclusif de support, en dehors de toute apparence de réalité.

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