PEINTURE SUR VELIN
Style Renaissance {i" Période, i453-i 5i 5).
Première page d'un Manuscrit représentant un payement de rente.
Planche '24.
Légende populaire de Gombaut et Macée. — Tapisserie
Il s'agit ici d'une suite de tapisseries qui ont pour sujet les Amours de Gombavt et Macée. On remarquera tout de suite que ce ne sont pas des tapisseries exécutées sur des cartons spécialement destinés à cette exécution, mais des tapisseries empruntant leur sujet à une légende populaire, à un conte de paysannerie galante, dont le rententissement avait été assez considérable pour que le souvenir en demeurât longtemps dans le peuple et servît de mode d'inspiration à une infinité de traductions d'art décoratif.
Molière, au cours de la nomenclature des nippes qu'Harpagon veut glisser dans son mémoire d'usurier, Molière écrit, après bien d'autres articles : «... Plus, une tenture de tapisserie des Amours de Gombaut et Macée. »
On trouve une tenture semblable dans un inventaire de succession d'un sieur Florimond Robertet, à la date du 4 août 1532. Il existe une tenture célèbre sur ce sujet au musée de Saint-Lô, et il est permis d'en faire remonter la date de fabrication à la fin du xv« siècle, aux environs de 1485 ou 1490.
Les deux estampes que reproduit notre planche, et qui représentent les Fiançailles et la Mort de Gombaut et de Macée, la sixième et la huitième pièce de la suite sur les amours du berger et de la bergère, nous donnent à ce sujet des détails précis. La manière dont les branches d'arbres sont stylisées, les détails dans l'architecture du fond, les costumes des personnages, le mouvement conventionnel des' animaux, les figures qui régnent dans les bordures parmi d'autres décors stylisés, tout cela nous fournit des éléments décisifs pour déterminer l'époque; il y a, comme dernière preuve, la langue du temps, dont les cartouches disséminés dans la composition nous donnent des exemples.
TAPISSERIE
St}^le Renaissance [i"" Période, i453-
Comment discerneu ies Styijis.
fî-AKCHE 25.
RENAISSANCE. - r A 3^ PÉRIODE
Lambrequin de velourj pourpre, brodé soie et argent. Bande d'arabesques d'or et d'argent. Panneau d'application de broderies tissées d'or et d'argent, sur velours pourpre. Autel de velours cramoisi, à décorations de cartenelles d'or bouclé.
Ce n'est pas sans intention que nous avons réuni dans cette planche des travaux de broderie italiens et espagnols, et des travaux du xv'' et du xw" siècle. D'une part il était utile de montrer le rapport certain qui existe au xvi^ siècle entre les broderies d'origine latine; d'autre part, il pouvait paraître intéressant de comparer l'allégement de dessin qui distingue les broderies du xvi" des broderies du xv siècle.
En dehors des sujets qui tendaient à imiter les tableaux, les brodeurs faisaient pour les garnitures d'autel, et pour les bandeaux de lit et autres tentures, des travaux où la fleur et même les figures grimaçantes n'avaient d'autre destination qu'une destination décorative.
En bas de la planche, nous reproduisons un travail génois du xv^ siècle : un autel de velours cramoisi, à décor de cartouches d'or bouclé d'une belle somptuosité encore qu'un peu lourd. Les autres broderies, qui sont du xvi'' siècle, ont plus de légèreté; ce sont, en remontant vers le haut de la planche, un panneau d'application de broderies tissées d'or et d'argent sur velours pourpre, de forme rectangulaire (travail florentin); une bande d'arabesques d'or et d'argent sur velours grenat (travail génois); et un très beau lambrequin de velours pourpre, brodé de soie et d'argent (travail espagnol), que les figures du décor nous font attribuer à la deuxième moitié du xvi"^ siècle.
BRODERIES
Style Renaissance fi''" à 3^ Période, 1 453- 1 6 1 o).
Renaissance 2® Période
Planches. . . 26 à 37
Ameublement. — Armes et Armures. — Céramique Dentelles. — Émaillerie Horlogerie. — Orfèvrerie. ~ Joaillerie Tapisserie
Comment discerjner les Styles.
Planche 26.
RENAISSANCE. - r A 5' PÉRIODE
Dressoir. Petit Coffre. Grand Coffre. Chaises et Coffrets de mariage. Chêne sculpté.
Cellé planche suffirait à elle seule à montrer les différences d'écoles qui travaillèrent le bois aux et xvi'' siècles.
Le petit dressoir en chêne est de l'école d'Auvergne, et ses qualités d'exécution le désignent comme contemporain du règne de Henri II : ce n'est pas la grande habileté de l'école lyonnaise, mais ce n'est plus le travail brutal antérieur à François ^^
Le coffre placé à côté, où l'ornement, d'une rigoureuse symétrie, est copié des documents de l'école lyonnaise, est de l'école de Languedoc et antérieur à Henri II. On sait combien ce meuble était indispensable : il était le compagnon de toute la vie, servant alternativement de banc, d'armoire, de huche, de table, au besoin de dressoir, et aussi de malle, pour changer de domicile. Plus petit, enfin, il était le coffre ou la corbeille de mariage, ainsi que l'indiquent les deux exemples que nous reproduisons, tous deux sculptés, et l'un peint et surdoré.
Le grand coffre qui occupe le bas de la planche est particulièrement beau. 11 est de la fin du xvi<= siècle, et de l'école de Dijon, glorieux avec l'architecteur Hugues Sambin. Ce coffre, qu'on appelle improprement bahut, est surchargé de sculptures, qui semblent de véritables broderies. Quant aux termes, qui marquent en cariatides les divisions et les angles du meuble, ils sont copiés sur l'ouvrage de Sambin, 1572, ce qui nous éclaire sur la date de sa fabrication. (Voir Planche 39.)
Les trois chaises sont d'un très vif intérêt; c'est bien là le siège qui doit occuper dans la pièce la place d'honneur, près du lit, près du foyer, près de la table.
Elles sont toutes trois du commencement du xvi^ siècle. L'une porte l'écu de France, que soutiennent deux anges, ce qui semblerait indiquer qu'elle eut une destination royale; une couronne ouverte surmonte l'écu, ce qui ne permettrait pas de reculer la fabrication du meuble au delà de Louis XII. Les anges qui forment les tenants sont caractéristiques à partir de François II : pourtant on en a trouvé plusieurs à l'époque de Charles YI.
La chaise reproduite en bas de la planche est inspirée, pour son décor, compliqué, d'un ivoire du xv^ siècle. Les bas-reliefs doivent être lus en commençant par celui du bas. Dans le premier, saint Joachin et sainte Anne présentent au temple la Vierge âgée de trois ans (Évangiles apocryphes) : au-dessus, se trouve la Crèche, puis, dans le même ordre,
rAdoration dtîs Bergers et des Mages et la Fuite en Kgyplo. Sur le devant du siège se trouvent trois figures en bas-reliefs : saint Jacques de Galice, sainte Anne et saint Jean Porte-Latine.
La troisième chaise, enfin, est la chaise de Rabelais, ou tout au moins la chaise dont on faisait honneur à Rabelais, quand il assistait aux offices de la Collégiale du chapitre de Sainte-Manoude de Palluau.
M. Arthur Heulhard a d'ailleurs traité avec beaucoup de sagesse les doutes d'authenticité qui pouvaient s'élever sur ce siège. « C'est surtout, écrivit-il, sur la représentation de l'arbre de Jessé qu'on s'appuie pour prouver que Rabelais s'est assis dans cette stalle, en rappelant que Rabelais employait familièrement la locution : nGenninavit radixjcsse «, détournée plaisamment de son sens biblique ; comme les représentations de l'arb-re de Jessé sont fort rares et que, parmi elles, on cite tout spécialement une sculpture en bois du xv" siècle, décrite dans la Revue arcltéologique de 1844, ils infèrent que Rabelais devait avoir en mémoire le motif sculpté sur son fauteuil. Cette hypothèse n'a rien d'invraisemblable. Toutefois, il ne me paraît pas que Rabelais use si souvent du jeu de mots en question et que les arbres de Jessé soient si rares. Au contraire, le symbole de la gynécologie du Christ se rencontre très fréquemment à partir du xu« siècle et pendant la Renaissance dans les ouvrages de sculpture sur bois et sur pierre, dans la peinture, les miniatures et les verrières. Les cathédrales de Chartres et de Reauvais, la Sainte-Chapelle de Paris en portent bon témoignage, et, sans nous éloigner beaucoup de Palluau, l'Hôtel-Dicu d'Issoudun possède deux arbres de Jessé sur pierre qui sont absolument remarquables. 11 y en a dans beaucoup d'autres endroits du Berri, et l'allusion du Gargantua Germinavit radix Jesse ne prouve rien, sinon que l'humeur de Rabelais ne reculait devant aucune bouffonnerie, « hors l'offense de Dieu et du Roy », comme il le dit lui-même quand on lui reproche ses licences ».
AMEUBLEMENT
Style Renaissance (2° Période, 1 5i 5-i 54y).
Comment DiscERiSEa les Styles.
Puwcm; 27.
Lit avec draperies. Coffre. Meuble à deux corps et Armoire. — Chêne sculpté. Boiserie avec bustes en bas-relief.
Nous avons reproduit dans cette planche quelques beaux spécimens du travail du bois au XVI* siècle : c'est un meuble à deux corps en chêne sculpté, du temps de François 1*''; avec cette singularité que la partie inférieure est aussi simple que la décoration de la partie supérieure est riche; — une armoire en chêne, datée de 1525, et qui provient de Normandie : le battant en est partagé en compartiments au décor typique ; — un coffre dont le panneau antérieur est sculpté d'armoiries; — une boiserie décorée de bustes en bas-relief, etc.
Le lit qui occupe le haut de la planche montre avec quelle harmonie les draperies se mêlaient au bois, sans lui laisser toute l'importance qu'il avait eue dans le meuble, au siècle précédent, mais permettant néanmoins d'apprécier le travail des colonnes et de la frise.
AMEUBLEMENT. Style Renaissance (2" Période, i5i5-i54-j).
Lit avec draperies. Coffre. Meuble à deux corps, chêne sculpté. Armoire en chêne sculpté. Boiseries avec bustes en bas-relief.
Plakciie 28.
Casque, Bouclier et Épée. — Armure dite de François I".
Au XVI'' siècle, l'infanterie, les armes à feu, et d'autrës causes tenant aux nouvelles dispositions de la guerre devaient amener un ralentissement dans la production et par conséquent une décadence dans l'art des batteurs d'armure. Le goût des panoplies va donc se perdre.
L'armure dite de François l", dont nous avons représenté le casque, le bouclier, l'épée et quelques broderies de la braconnière, des solerets et du plastron, n'a jamais été portée par François P'. Il ne l'a même jamais vue, bien qu'elle soit le harnais complet d'un homme d'armes, en 1525. Le décor est tout entier emprunté aux allégories faniihères à la Renaissance, chimères et sirènes, faunes grimaçants, arabesques fleuries, mascarons et grotesques, et spécialement sur le bord du casque, quelques compartiments où des attributs symbolisent la guerre, ou mieux l'armée. Mais il y a dans cette œuvre une richesse ornementale peu ordinaire, et une magnificence que rien ne saurait égaler. L'armurier qui l'a signée était un grand et patient artiste