‹ Comment discerner les styles du VIIIe au XIXe siècleChapitre 61 sur 84 · ARMES ET ARMURES · texte numérisé non relu

ARMES ET ARMURES

Style Renaissance (2^ Période, 1 5 1 5-i 547)-

Casque, Bouclier et Épée de l'Armure dite de François I'-'''.

Plakche 29.

UENAISSANCE. - 2" PÉRIODE

Patrons et Coiffure. — Dentelles à l'aiguille,

E est très difficile de déterminer, parmi les dentelles à l'aiguille du xvi« siècle, le point qui revient, dans la conception, à chaque pays, parce que ceux qui éditaient des recueils de modèles, en Italie par exemple, ne se faisaient aucun scrupule d'y introduire des modèles de France, d'Angleterre et d'Allemagne.

Il est à remarquer, entre autres, que les dentelles brodées sur toile claire, et à points comptés^ sont presque toutes d'inspiration allemande ; tandis que les points coupés, et les puncti in aere, avec rinceaux, feuillages stylisés, figurations mythologiques, etc., sont bien d'invention italienne. Les dentelles que nous avons l'eproduites sont donc attribuables à l'Italie.

DENTELLE

Siyle Renaissance [2" Période, 1 5i 5-i 54j).

Patrons et coiffure. Dentelles à l'aiguille.

Comment DiscEiiNEn les Styles.

Plainche 30.

Triptyque de Nardon Pénicaud. Nativité, Ânaonciation, Circoncision. Ëmail peint de Limoges

Nous reproduisons un émail peint de Limoges, en forme de triptyque, qui est certainement l'une des pièces les plus remarquables de Nardon Pénicaud. Il a 32 centimètres de hauteur, et, déployé, il atteint 50 centimètres de largeur.

11 se compose de doux volets et d'une partie centrale, ayant chacun une grande plaque à sujet, et un soubassement à écu armorié, séparés par une bande de cuivre faisant partie de la monture.

Dans le volet de gauche, le mysière de la Nativité. Jésus, nu, est étendu à terre ; devant lui, les mains jointes, la Vierge est agenouillée; au second plan Joseph est assis, tenant de la main droite un cierge allumé, une lanterne de la main gauche.

Le panneau du milieu figure V Annonciation. La Vierge est à gauche, agenouillée sur un prie-Dieu, les mains jointes ; à droite, devant elle, et suivi de deux anges, Gabriel la bénit d'un geste de la main droite levée, tandis que sa main gauche tient un sceptre terminé par une fleur de lis. Au fond, sous une arcade, parmi des séraphins ailés. Dieu le Père, et le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe.

Dans le volet de droite, la Circoncision. La Vierge présente l'enfant au grand prêtre Les émaux sont de différentes couleurs.

ÉMAILLE RIE. Sfyle Renaissance (2" Période, 1 5i 5-i 54y).

3o. Émaux peints, de Limoges. — Tryptique de Nardon Pénicaud.

Nativité, Annonciation, Circoncision.

C0MME?(T DISCERNER LES StYLES.

Planche 31.

Montres en forme de croix latine, en cristal de roche. Montre en argent repoussé avec cadran émaillé. Pendule de table en argent repoussé. Montre en forme de tabatière. Montre en cristal de roche taillé à côtes.

A l'époque de François l", les horlogers sont d'extraordinaires virtuoses : ils jouent avec les complicatipns, mais la science ne leur a pas encore mis entre les mains les méthodes qui permettent de donner à leurs mécanismes une régularité et une solidité désirables pour des machines destinées à mesurer le temps. On n'a pas encore adapté aux montres et aux petites horloges portatives la fusée et les cordes de boyaux; le barillet est encore fixé par des vis sur la platine, au lieu d'être mobile sur des pivots, et le ressort spiral en acier qu'il renferme agit seul sur la première roue du rouage, qui est la roue motrice. Le balancier est fait d'un petit barreau de cuivre ou d'acier, muni d'un disque à chacune de ses extrémités. Ce n'est qu'à partir de Henri 11 que ce balancier fut remplacé par une roue plate et non dentée, placée sous le coq, découpé à jour, et devenant ainsi ornement. Notre planche reproduit plusieurs montres curieuses de la première formule.

D'autre part, à l'époque de François l"', la forme ronde n'était pas absolue pour les montres, et la vogue appartint longtemps aux montres en forme de croix pectorale, dont un horloger de Paris, Myrmécide, était l'inventeur. Voici quelques détails sur les principaux objets reproduits dans notre planche.

En haut, la seconde montre, en forme de croix latine, est en cristal de roche ; le cadran est en métal, et il est gravé assez grossièrement : mais le mécanisme est bien construit, il présente toutes les garanties d'exactitude. Cette montre est signée de Johann Engel, Schaleck, Prague.

Une autre est en argent repoussé, avec cadran émaillé. La petite pendule de table en argent repoussé, décorée à jour, est de la meilleure époque du xvi" siècle ; le mouvement en est d'une extraordinaire habileté.

Mais la plus curieuse des pièces reproduites est la montre ronde, enferme de tabatière, dont les deux faces s'ouvrent; le couvercle supérieur est à jour, pour permettre de lire les heures sur le cadran ciselé d'arabesques ; ce couvercle est décoré de deux couronnes concentriques, enlacées dans des ornements gravés; au centre se trouve une petite rosace gravée en champlevé. Sur l'anneau de la boîte, on a sculpté des fleurs et des rinceaux qu'animent des chiens de chasse et autres animaux. La face inférieure porte gravé un guerrier en armure dont le cheval est effrayé par des flammes sorties de terre. Derrière lui, on aperçoit un château.

A côté, enfin, la planche reproduit une montre en cristal de roche, taillé à côtes, et le mouvement de celle-ci porte la signature de Denis Bordier; le cliquet, très gracieux, est gravé et découpé à jour comme le coq et la platine du mouvement porte, plus haut •que le coq, une roue dentée à rochet.

HORLOGERIE. Style Renaissance [2'' Période, 1 5i 5- 1 547).

3i. Montres en forme de croix latine, cristal de roche.

Montre en argent repoussé avec cadran émaillé. Pendule de table en argent repoussé. Montre en forme de tabatière. Montre en cristal de roche taillé à côtes.

Comment disceriner les Styles.

Planche 32.

Salière en or. Coquille montée en argent doré. Salière en argent. Miroir à main.

Benvenuto Gellini fut certainement le plus illustre des orfèvres italiens du xvi'= siècle : le bijou, le joyau, la médaille, n'eurent pas plus de secret pour lui que l'orfèvrerie ; c'était un artiste incomparablement doué ; malheureusement l'artiste était admirable autant que l'homme l'était peu : c'est même à cause de son caractère fourbe et mauvais qu"il ne demeura que cinq ans à la cour de François P"" qui l'avait comblé de bienfaits. -,

Il était né en 1500, et vécut en France de 1540 à 1545. Nous avons réuni, dans notre planche, quelques pièces ou projets de pièces, de cette dernière période.

C'est d'abord la célèbre salière en or, qu'il fit pour François P'', et qui aujourd'hui est au cabinet des Antiques de Vienne. Un soubassement de 32 centimètres, décoré de figures en relief, porte une petite nef destinée à recevoir le sel ; de chaque côté de la nef se trouvent les figures de Bérécynthe et de Neptune, représentant la terre et la mer. Bérécynthe est assise sur un tertre; Neptune, le trident à la main, émerge des flots. Cette pièce, un peu compliquée, est une merveille d'esprit, de modelé, de ciselure fine.

La planche reproduit encore le projet d'une autre salière, une coquille montée en argent doré, avec deux figures d'un fin travail, et un bijou dont la forme agrandie a été reprise maintes fois pour un miroir à main.

ORFÈVRERIE. Style Renaissance (2° Période, i5i5-i54y).

Salière d'or. Coquille montée en argent doré. Salière d'argent et bijou, modelés et ciselés par Benvenuto Cellini.

ComiEiNT PKCEnNER LES SlYLES.

Planche 33.

Arrivée de l'Image miraculeuse (Notre-Dame de Sablon) à Bruxelles — Tapisserie flamande.

La grande tapisserie que donne cette planche a peut-être subi, quant au concept du carton, l'influence italienne, mais il est à peu près certain que ce carton n'émanait pas d'un artiste italien. Elle est la huitième d'une suite célèbre exécutée à Bruxelles, datée de 1518, et connue sous le titre de Histoire de limage miraculeuse de Notre-Dame de Sablon. Elle avait été commandée et composée spécialement pour François de Taxis, maître des postes de l'Empire, ainsi qu'en fait foi, entre autres inscriptions portées sur le travail, cette mention qu'on lit sur la pièce que nous reproduisons : Egregius Franciscus de Taxis pie memorie postarum magisler fieri fecit anno 1518.

On remarquera en passant que l'ouvrier tisseur a plusieurs fois copié inexactement les mots latins portés sur son modèle.

Voici d'ailleurs la description de cette grande pièce, qui mesure 3 mètres de haut sur 5 mètres de large : des pilastres en limitent les trois compartiments ; à gauche, une vieille femme, à qui la Vierge est apparue, quitte le navire qui a transporté l'image miraculeuse et l'offre à un personnage richement vêtu, dont les traits rappellent ceux de l'empereur Maximilien. Au fond, des prêtres disent l'office, tandis qu'au premier plan, François de Taxis, agenouillé, porte une lettre et un bâton.

La partie centrale est occupée par les membres de la famille impériale, qui portent sous un dais l'image miraculeuse. A gauche, on reconnaît François de Taxis. Dans la partie droite se trouvent les princes et les princesses de la famille impériale en prière devant l'image miraculeuse, et dans cette partie encore se trouve un portrait de François de Taxis.

Dans la bordure dont le décor est compliqué d'éléments architectoniques et de phylactères, se trouvent les armes de la famille de Taxis.

TAPISSERIE

Style Renaissance (2" Période, i5i 5-i 54-/).

CoMMEiNT DlSCEIliSER LES StyLES.

Plakchk 54.

Psyché reçoit la visite de ses sœurs. — Tapisserie flamande.

Cette tapisserie se compose d'un sujet : Psyché recevant ses sœurs, et d'une importante bordure.

C'est un fort bel exemple de ces tapisseries que les personnages princiers faisaient tisser à Bruxelles d'après des cartons demandés à des artistes italiens. Plus spécialement, en ce qui concerne notre reproduction, cette tapisserie est de haute lisse; elle provient de Gênes, du palais Ferretti, et mesure 3 mètres de largeur sur 4 mètres de hauteur; les figures sont de grandeur naturelle. Q^i en attribue le carton à Panino del Vaga, et l'on prétend qu'elle aurait été commandée par François V"' pour être offerte à un doge de Gênes.

La bordure est faite de bandes de velours rouge de Gènes frappé de rinceaux, d'entrelacs, de sujets et de feuillages.

TAPISSERIE

Style Renaissance (2* Période, 1 5i 5-i 54j)

Comment discerneii les Styles.

Planche 55.

Coupes. Salière et Buire. — Faïence d'Oiron, dite de Saint-Porchaire.

Pendant longtemps, les historiens ont été en complet désaccord sur l'origine de la faïencerie reconnue aujourd'hui pour être la faïencerie d'Oiron. C'est à M. Fillon qu'on doit d'avoir éclairé ce point obscur, quelque séduisantes que paraissent les hypothèses présentées depuis par un autre critique.

On était déroulé devant ces pièces d'un dessin si délicat, d'une pâte dont la banalité disparait sous le ton d'ivoire ancien qui la revêt, d'un décor si sobre, si harmonieux, d'une inspiration fournie plus encore par l'orfèvrerie que par l'architecture, et on s'était laissé aller à toutes les hypothèses, dont la moindre était de priver l'art français d'une fabrication qui, pour n'avoir pas vécu un demi-siècle, n'en est que plus rare, sinon plus glorieuse.

M. Fillon a démontré, pièces en main, que les faïences de Saint-Porchaire, ou d'Oiron, furent produites de 1529 à 15G8, par François Carpenlier, potyer, sous la direction d'art 'de Hélène de Hangest et de son mari Artus Gouffier, seigneur de Boissy, qui, presque toute l'année, habitaient le château d'Oiron, près Thouars. Leur bibliothécaire, Jean Bernard, collaborait également à cette fabrique.

Les plus belles pièces sont celles qui furent fabriquées de 1528 à 1537, du vivant d'Hélène de Hangest ; les formes en sont pures et les ornements d'une extr'aordinaire harmonie de ton. La seconde période va jusqu'en 1563, époque où le fils d'Hélène, Claude Gouffier, cessa de s'occuper de la fabrication. Sous sa direction, la forme se compHque, les elforts d'expression architectoniques se multiplient, sans que la qualité des objets en soit améliorée : c'est alors que souvent, dans un cartouche, on découvre le chiffre de Henri II et les trois \j enlacés de Diane de Poitiers.

De 1563 à 1568, la fabrication est aux mains d'ouvriers, qui n'exécutent que des pièces affadies et inégales, dans des moules fatigués. En 1568, les fours s'éteignent, et c'en est fait de cette fabrication que l'on commence à connaître par des chefs-d'œuvre, et qui passe comme un éclair dans l'histoire de notre céramique.

On a beaucoup imité les pièces célèbres — elles le sont toutes — de la fabrique d'Oiron. Il existe, de celles que nous reproduisons, des imitations qui ne se comptent plus — et qui n'ont jamais compté. Certains contrefacteurs se sont appliqués à mettre invariablement sur leurs produits soit le chiffre de Diane de Poitiers (les trois croissants enlacés), soit le chiffre de Catherine de Médicis et de Henri II. Qu'ils sachent donc que ces chiffres ne suffiraient pas à établir l'authenticité.

La pâte est très fine et blanche : le plomb qui entre pour un<3 partie importante dans le vernis dont on recouvre l'argile lui donne un ton éburnéen. Le décor, dans le style de la Renaissance (mascarons, entrelacs, bords godronnés, colonnettes, fenêtres, arcades, cariatides), est appliqué par zones avec de rares finesses. Les modelés sont également poussés à un point qui surprend les céramistes d'aujourd'hui.

CÉRAMIQUE

Style Renaissance {2" et 3" Périodes, i5i5'i6io).

35. Coupes, Salière et Buire en Faïence d'Oiron, dite de Saint-Porchaire.

Comment discerner les Styi,es.

Tlainche 36.

Coupes, Grand Plat et Plats creux. • Faïence d'Urbino.

C'est à la fin de la première moitié du xvi" siècle, que les faïences d'Urbino, grâce à la protection du duc Guid' Ubaldo 11, atteignirent une splendeur qui les place au premier rang des manufactures italiennes.

On sait, par les signatures et les monogrammes que portent les pièces, que trois artistes surtout ont contribué à la gloire de cette fabrication : Guido Durantino, qui signait en toutes lettres, Francesco Xanto Avelli da Piovaga, qui ne signait souvent que des initiales F. X. A. R.; et Orazio Fonlana, fils de Guido Durantino, qui signait d'un monogramme.

Guido était connu au loin : ses faïences étaient recherchées à l'étranger; son dessin est incorrect; le tracé bleu est sec mais hardi; sa coloration jaune orange a des vigueurs qui tirent au rouge. 11 couvrait de sujets toute la superficie de ses majoliques, sans se soucier de déformations de dessin, que la forme des pièces devaient fatalement amener; mais ses faïences n'en sont pas moins d'une belle exécution céramique.

Xanto, qui vivait à la même époque, représente souvent des compositions de Raphaël, dans ses plats, au revers desquels il joint un commentaire explicatif : M. Darcel s'exprime ainsi à son sujet :

(' Xanto ne manque ni de style, ni d'ampleur dans le dessin; et, s'il est certaines de ses peintures qui indiquent la hâte d'une fabrication peu soignée, il en est d'autres qui peuvent rivaliser avec ce que la peinture sur faïence a produit de plus parfait. La couleur est appliquée par grandes teintes unies modelant simplement les objets, et d'un bistre brun un peu froid dans les carnations. Le ton général de sa peinture est clair, avec quelques oppositions d'un noir brillant et des verts lumineux d'un grand éclat dans les feuillages et les draperies. »

Enfin le troisième, Orazio Fontana, ébauche son dessin et modèle les chairs avec du bleu; quelquefois il exécute entièrement sa décoration en camaïeu bleu. Ses sujets se bornent soit à des médaillons qu'il entoure de décors, soit à des décors de grotesque sur fond blanc, inspiré des compositions de Jean d'Udine et de Pasino del Vaga ; il a créé des pièces d'un art absolument remarquable.

On cite encore à la fin du xvi<= siècle la famille des Patanazzi, dont l'aîné, Antoine, mérite d'être classé parmi les grands faïenciers d'Urbino, à cette époque.

La pièce du milieu de la planche représente le martyre de saint Laurent, d'après une composition de Baccio Bandinelli.

Les deux pièces du bas sont de Xanto, et figurent, l'une une réunion de cinq philosophes; l'autre, Cacus sortant de son antre.

CÉRAMIQUE

Stf^le Renaissance (2" et 3" Périodes, i5i5-i6io).

avec banderole sur fond bleu. Plat en majolique. Plats creux, décor à reflet métallique.

CoMMEiNT DISCERIN'ER LES SxYLES.

Planche 37.

RENAISSANCE. — 2« ET 5^ PÉRIODES Carrelages, Dallages et Revêtements. — Céramique.

Il est assez curieux de constater que le souvenir de ces dallages et de ses bordures à carreaux est évoqué chez nous surtout par la reproduction qui en avait été faite, pour l'ornement des livres.

Dans le principe, lorsque l'usage de ces carrelages se répandit au xvi« siècle, les céramistes leur donnèrent une décoration de lignes et de courbes où la géométrie s'alliait à la flore, pour suppléer aux irradiements symétriques de couleur que les hautes verrières, proscrites des édifices nouveaux, ne pouvaient plus verser dans la construction.

On jugea le décor agréable : des hommes comme Viriot-Wœriot s'appliquèrent à en varier les éléments, et bientôt les imprimeurs typographes, dont l'art se développait rapidement, s'inspirèrent des mêmes modèles, pour graver des culs-de-larape, rinceaux, frontispices, etc.

On remarquera que tous ces ornements, qui reçurent des applications multiples, non seulement en céramique et en typographie, mais encore en broderie et en tapisserie, portent toujours le respect le plus strict des lois de symétrie. Ce sont des expansions foliacées, des caprices d'animaux, des lignes coupées en angles prévus, dont le développement marche de parité.

CÉRAMIQUE. Style Renaissance [2" et 3^ Périodes, i5i5-i6io).

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