Carrelages. Dallages. Revêtements
Renaissance — 3« Période
Planches. . . 38 à 50
Ameublement. — Armes et Armures. — Céramique Broderie. — Émaillerie. — Joaillerie Orfèvrerie d'étain. — Orfèvrerie d'argent Tapisserie. — Verrerie
Planche 3o.
Chaire à haut dossier. Caqueteuses et Chaises à bras. — Noyer sculpté.
Le xvi« siècle est particulièrement glorieux, quant au travail du bois, et les huchiers deviennent souvent d'incomparables artistes. En France, l'émulation est grande entre les provinces, et l'on peut distinguer de brillantes écoles en Normandie et Bretagne, Picardie, Champagne, Lorraine, Touraine, Ile-de-France, Lyon, Auvergne et Bourgogne. Les sièges que nous présentons sont des types caractérisés de ces écoles. La chaire à haut dossier, du commencement du siècle, est de l'école d'Auvergne. La sculpture en est habile, le décor à la fois élégant et sobre. Cette chaire était celle du maître de la maison ; les autres sièges n'avaient ni dossier haut, ni bras, ni coffre.
A côté, voici une caqueteuse, de l'école de Lyon : on y sent légèrement l'influence italienne ; la sculpture en est belle et vigoureuse. Les accoudoirs sont soutenus par des balustres légers de Hgnes. Au-dessous de ces sièges, le fauteuil représenté appartient à l'école de Bourgogne, inspiré également de l'art italien. Le goiit des cariatides et des masques grotesques s'y manifeste au milieu d'un heureux arrangement de guirlande ; l'effet cependant en est lourd mais plus vigoureux, si on le compare à l'art de l'école Lyonnaise.
A remarquer la caqueteuse représentée dans le bas de la planche, qui procède des deux écoles précédemment visées, et doit émaner plus spécialement de l'école de Dijon. Les accoudoirs ne sont plus supportés que par deux balustres d'un travail délicat; les pieds ne forment plus portique avec la traverse de face; ce siège est de la fin du xvi^ siècle.
AMEUBLEMENT
Stj^le Renaissance {3" Période, i54j-i6i
Chaire à haut dossier. Caqueteuses et Chaises à bras.
COMMBAT DISCERM;R I ES SîVI.tS.
Planche 59.
Tables. — Noyer sculpté.
Les menuisiers de l'ouest de la France, à l'époque de la Renaissance, ont créé des (ables de noyer qui ont porté juqu'à notre temps la gloire de cette essence. Le noyer, moins dur que le chêne, est d'un joli ton, et ses veines autour des nœuds s'allongent en zones d'une décoration naturelle. D'autre part le noyer recevait aisément des rehauts d'or» et des incrustations d'os ou d'ivoire, qui, à la fin de la Renaissance, et sous l'influence italienne, eurent une vogue considérable.
Les tables que nous reproduisons sont des pièces admirables de la fin du xvi<= et du commencement duxvn* siècle. Les dessins et gravures de Ducerceau ont inspiré, à la fin de la Renaissance, les menuisiers de l'Re-de-France, et ont enlevé ainsi un peu du caractère original de cette fabrication. L'école de Bourgogne demeure plus personnelle, grâce aux compositions de Hugues Sambin, architecleur et maître menuisier qui vécut au milieu du xv" siècle. Il avait travaillé en Italie dans l'atelier de Michel-Ange, et l'ouvrage qu'il a publié en 1572, alors qu'il était architecteur de Dijon, suffit à établir l'étude qu'il fit des monuments antiques, et l'infiuence qu'il eut sur l'œuvre de la Renaissance. Ses tables sont soutenues par des chimères, des cariatides, qui dissimulent les montants, et vivent d'une expression intense, dans la sculpture brutale que des ciseaux, maniés par des artisans de génie, pouvaient seuls leur donner. Le noyer qui brunit avec le temps ajoute encore à la beauté du meuble une patine sombre, que l'on croirait habiller un bronze florentin.
L'école de Lyon se posait en rivale de l'école de Bourgogne, mais les signes distinctifs existent qui ne permettent pas de se tromper.
L'école de Bourgogne a plus de vigueur et peut-être moins d'originalité. L'école de Lyon a plus de fini, plus de préciosité dans l'entaillement des figures et des dessins qui complètent le décor. Ainsi la figure qui occupe le bas, à droite, de notre planche : elle représente une table à balustre. A chaque extrémité, le montant flanqué de deux chimères est surmonté d'un bas-relief rectangulaire figurant une Gérés nue et couchée. Peutêtre y a-t-il encore dans ce meuble une réminiscence de Ducerceau, ainsi que dans la table, dont le dessin est placé au-dessus : des balustres surmontés de corniches à godrons, et, à chaque extrémité, un portique ajouré de deux colonnes cannelées contre lesquelles sont accolés des sphinx formant console. On ne peut toutefois qu'admirer ces meubles, que le luxe de la sculpture n'empêche pas d'être pratiques et meublants, d'une pondération absolue, et d'une qualité qui laisse goûter encore la saveur du bois de noyer.
Ajoutons qu'ils ont été fréquemment copiés. On sait que le noyer se pique aisément des vers. Or, comme les piqûres de vers s'imitent à volonté, les collectionneurs doivent se méfier des contrefaçons.
AMEUBLEMENT
Style Renaissance [3" Période, 1 54j-i6 1 o).
CoMMEiNÏ DISCERNER LES StYLES.
Plakghe 40.
Cabinets et Dressoirs. — Noyer scnlpté.
Ces cabinets et ces dressoirs se prêtaient bien à recevoir' la décoration riche et vigoureuse, sinon très fine, des artistes bourguignons qui, s'inspirant des dessins de Hugues Sambin, pouvaient y multiplier à plaisir les chimères, les cariatides à gaine enguirlandée, les figures grimaçantes, les têtes de lion qui semblent écrasées sous le poids du meuble. Ils le font d'ailleurs avec assez de discrétion, pour que le meuble n'ait pas de lourdeur et ne pèche pas du côté de l'équilibre.
Le joli dressoir porté par six animaux semble plus inspiré des dessins de Ducerceau (le premier Androuel). Sa ligne est d'une élégance que rien ne peut dépasser, et les figures qui le portent sont d'un esprit qui fait songer à l'expressivité de l'art ogival.
Le dressoir représenté à droite en bas de la planche est de la fabrication d'Annecy : l'influence italienne se manifeste nettement dans les panneaux sculptés et dans les deux chimères au col allongé qui forment les supports de devant.
AMEUBLEMENT. Style Renaissance (3" Période, i54j-i6io].
Cabinets et Dressoirs en noyer sculpté.
Px..VNCH£ 4i.
RENAISSANCE. - o PÉRIODE
Armure de cheval : Plaques latérales. Partie postérieure du caparaçon. Partie antérieure.
Chanfrein en plaque du frontal.
On sait, et nous avons àojh dit, combien les batteurs de métal italiens, au xvi'^ siècle, ont. créé d'œuvres qui méritent d'être admirées. Les pièces reproduites dans cette planche sont du nombre. Il est impossible de traiter le métal avec plus de souplesse et plus de fini; l'ingéniosité dans la distribution du décor est poussée aux dernières limites de l'art. L'artisan a pris pour thème les travaux d'Hercule, afin de décorer cette armure de cheval de l'Électeur Christian 11, de Saxe, mort en 161!. Les pièces représentées ici sont: des plaques latérales, la partie postérieure du caparaçon du cheval, et la partie antérieure et le chanfrein en plaque du frontal.
ARMES ET ARMURES. Sgde Renaissance [3' Période, 1 547-1610).