‹ Comment finiront Guillaume II et ses complicesChapitre 18 sur 57 · Louis III Wittelsbach. Né en 1845. ï^oi Bavière en · texte numérisé non relu

Louis III Wittelsbach. Né en 1845. ï^oi Bavière en

4. Frédéric-Auguste de Saxe. Né en 1865. Roi de Saxe en 1904.

temberg% les grands-ducs de Hesse^ et de Bade 3, les préfets couronnés, les larbins marchant au doigt et à l'œil, les applaudisseurs du poulailler, — têtes carrées, figures insignifiantes, grimaçant dans ce sanglant décor. Ceux-là sont à la fois des coquins et des pitres. Invités à la table du chef, de l'imprésario, ils y raflent, quand le maître d'hôtel a tourné les talons, les derniers cigares de la boîte et boivent le fond des bouteilles. Le Wittelsbach se détache pourtant quelque peu sur le quintetto. Chien fidèle en dépit de certains coups de pied, il a donné de la voix de façon à fatiguer ses vieux poumons. Zèle inutile, car il n'aura pas un os de plus.

Charles V% successeur de François-Joseph pouvait, dès son avènement, se retirer d'une association qui tourne tout à fait mal. Benjamin de la bande, il n'était tenu à rien, qu'à sa propre dignité, envers le doyen disparu et le chef trop agissant. Depuis quand les engagements pris par un criminel tel que François-Joseph imposent-ils à son successeur, s'il est honnête homme, la livrée d'un allié assassin et Tobliga-

1. Guillaume II Wurtemberg. Né en 1848. Roi de Wurtemberg en 1891.

2. Ernest-Louis de Brabant. Né en 1868. Grand-duc de Hesse en 1892. Frère de la princesse Alix de Hesse, qui, devenue impératrice de Russie, eut une si malheureuse influence sur Nicolas IL

3. Frédéric II Zaehringen-Hochberg. Né en 1857. Grandduc de Bade en 1907.

4. Charles 1er Habsbourg. Né en 1888. Empereur d'Autriche, roi de Hongrie et de Bohême en novembre 19 16.

tien du crime? Mais le Habsbourg a trinqué avec le HohenzoUern et lui a dit : c4 la tienne ^ ! L'âme d'Everard de Nordgau s'est ravalée à celle de Tassillon. Né médiocre, Charles V n'a ni compris ni même examiné la situation. D'où cette atroce anomalie : l'Autriche et la Hongrie, jadis barrières de l'Europe civilisée et chrétienne contre le Turc, acceptant sans nausée son alliance déshonorante ! La pastille du sérail et la pastille incendiaire flambent d'accord.

Pourtant, l'Autriche et la Hongrie agonisent ; les émeutes de la faim y sont plus nombreuses, plus aiguës encore que dans l'empire du chef de bande. Leurs soldats, que Napoléon appelait (( les enfants chéris de la déroute », les ayant vus de près à Marengo, Austerlitz et Wagram, leurs soldats ont conquis une renommée hideuse, une auréole rouge, qui s'adapte fort bien à leur vieille réputation de cruauté. Il faut lire, à ce sujet, le rapport d'un neutre, M. Reiss, de Lausanne. — « La mutilation, dit-il, est une des pratiques courantes des massacreurs austrohongrois. » Ce que cette soldatesque a commis d'horreurs, en Istrie et dans le Trentin, en Serbie, en Roumanie, en Pologne russe, est inimaginable! Et nos chroniqueurs boulevardiers nous clamaient jadis l'élégance d'esprit de Vienne, nous donnant presque l'oflîcier autrichien pour

I. Banquet de gala, à Vienne, le ii février 19 17. Dans son toast à Guillaume, le nouvel empereur d'Autriche s'est littéralement aplati devant le kaiser... Il faut noter cette particularité que les deux frères de l'impératrice Zita, femme de Charles I^'', combattent comme officiers sous les drapeaux des Alliés.

un modèle de tenue morale et de courtoisie! Il redevient d'actualité, le jugement que portait l'Anglais James Anson Farrer sur les « guerriers )) de 1870, — l'armée austro-hongroise s'y reconnaîtra comme dans un miroir : « Le monde doit au moins aux Allemands de lui avoir montré la guerre sous un jour où le militaire, le voleur et l'assassin peuvent à peine être distingués \ »

Charles a tout accepté : depuis les exécutions de patriotes tchèques, italiens et bosniaques jusqu'aux balles dum-dum. En se solidarisant avec François-Joseph, en donnant la main à Guillaume II, il a vidé sa coupe de scélératesse. Les deux numéros que porte sa pourpre — I en Autriche, IV en Hongrie — seront remplacés par un seul sur son bonnet de forçat. Son grand-oncle avait pour valet l'odieux Berchtold; lui a les Clam-Martinic, Czernin et Tisza, — une jolie meute. Il possède ses bouchers patentés, — troupeau immonde d'où émergent les favoris bien peignés des archiducs, pendant que Conrad von Hoentzendorf et Arz von Strassburger changent à chaque instant de tabliers... Le monde sait maintenant ce que valent les valses viennoises, les sourires échangés au Prater, les bals de la Hofburg, et quelle est la vraie couleur du beau Danube bleu. Friperie de romance et de coups d'archet derrière laquelle une nouvelle barbarie aiguisait ses griffes^!

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