Les noms d'officiers austro-hongrois passibles de la
Ferdinand P"^ '
Les ingrats meurent misérables,,. Celui-ci ne fera point mentir le fabuliste.
— (( Avez- vous regardé Bourrienne? disait Napoléon, à Sainte-Hélène. Eh bien! il a un œil de pie! » Le bec d'oiseau de proie du Saxe- Cobourg-Gotha est plus que célèbre. Aussi, quoiqu'il n'ait à commander qu'une escouade dans la bande, il la commande bien. Mais, seule, la fin de la guerre nous donnera la vraie mesure de Ferdinand. Quand pourront parler les survivants des massacres de Macédoine et de Serbie, nous saurons ce qu'a ordonné et toléré d'atrocités le roi bulgare. Dès à présent, toutefois, il a bonne part au mépris dont les civilisés soufflètent les meneurs de la criminelle entreprise. Le droit de Ferdinand sur les territoires du voisin est tout au plus un droit aux galères. Ce sont là les seuls cadeaux que peut faire Guillaume II à ses tâcherons.
peine capitale, des travaux forcés ou de la détention sont peu nombreux, en comparaison de leurs complices allemands, ce qui s'explique par l'occupation complète des territoires serbe, monténégrin, polonais. Il faudra la fin des hostilités pour connaître les autres coupables. En attendant, les Alliés doivent châtier ceux dont nous avons l'identité.
I. Ferdinand de Saxe-Cobourg. Né en 1861. Prince royal de Bulgarie en 1887, puis roi. Petit-fils de Louis-Philippe par sa mère, Clémentine d'Orléans.
Mohammed V"^
Les Alliés ont, en la personne de ce sultan, un bel exemple de justice à donner au monde. Il est temps d'en finir avec l'Ottoman et de rendre ce fils d'esclave à sa destinée naturelle. Cette fois, hélas! l'éblouissant décor des cMille et une V^hs a craqué sous la serre du Sultan Rouge. Il en a trop fait pour avoir même place au soleil de l'Orient!
Les sultans du vingtième siècle ne sont point, comme les khalifes de jadis, rivés à la majesté souveraine : c'est une chaîne qu'ils peuvent rejeter loin d'eux par l'abdication, ainsi que tous les monarques européens. Il faut croire que Mohammed n'en a point senti le poids puisqu'il est entré dans la bande Guillaume et fils en laissant jusqu'au bout carte blanche à Enver pacha, son zaptié et son chaouch. Au nom de l'Arménie, veuve d'un million d'âmes, les Alliés doivent faire à Mohammed les honneurs d'une potence neuve. Ce pantin, dont les Teutons réglaient les mouvements, saura ce qu'il en coûte à se mettre aux gages de Berlin.
I. Mahomet V Osmanli. Né en 1844. Sultan de Turquie en 1909, à la suite de la déposition de son frère Abdul-Hamid.
Les Turcs, devant Constantinople, Virent un géant chevalier, A l'écu d'or et de sinople.
Suivi d'un lion familier.
Mahomet deux, sous les murailles, Lui cria : « Qu'es-tu ? » Le géant Dit: «Je m'appelle Funérailles.
Et toi, tu t'appelles Néant.
« Mon nom sous le soleil est France.
Je reviendrai dans la clarté.
J'apporterai la délivrance, J'amènerai la liberté.
(( Mon armure est dorée et verte Comme la mer sous le ciel bleu ; Derrière moi l'ombre est ouverte ; Le lion qui me suit, c'est Dieu ^ »
On ne s'arrête pas assez aux prophéties des poètes, — visionnaires dont les yeux percent les murs de l'avenir! La poésie est pourtant une Madame de Thèbes autrement impressionnante que ne le fut l'autre. La Légende des Siècles a dit vrai : 19 17 délivrera enfin l'Europe du barbare intrus qui campait chez elle depuis 1453.
Constantin XII ^
Reste l'homme d'Athènes, l'inimitable beaufrère du kaiser, l'enrôlé lointain, — ce qui ne
1 . Victor Hugo : La Légende des Siècles^ XVI (Les trônes d'Orient).
2. Constantin XII Holstein-Gluckbourg. Né en 1868. Marié en 1889 à Sophie de Prusse. Roi des Hellènes en 191 3, à la suite de l'assassinat de son père Georges I^r, qui, lui, fut un sincère et fidèle ami de la France.
le rend pas moins coupable et dangereux, au contraire. Pendant trente mois consécutifs, ce Scapin a berné les Alliés, ses tuteurs et protecteurs légaux. Il s'est assis par trois fois sur la constitution grecque ; il a chassé du pouvoir Venizelos, le seul homme d'Etat de l'Hellénisme ; il a tourné ses canons contre les Alliés, les amis de toujours, et rendu ses forteresses au Bulgare, l'ennemi héréditaire. Sa mauvaise foi envers la Serbie, à laquelle le liait un traité formel, l'a mis au niveau des Boches, — ce qu'il voulait et appelait de tous ses vœux. Les goûts personnels sont libres, sauf quand on est roi constitutionnel.
Il fallait, pourtant, — car nous nous aveuglions toujours sur les perfides espiègleries de l'ineffable 7ino, — les journées des i^^ et 2 décembre 191 6, les Vêpres athéniennes^ pour nous camper Constantin dans tout l'éclat de sa malfaisance : nos marins canonnés et massacrés au Zappéion, au Pirée même, nous disent quelle politique prévaut à la cour actuelle d'Athènes et sa fragile reconnaissance des bienfaits qu'elle reçut de nous depuis Navarin. Au reste, Tino n'est point tourmenté par les scrupules de l'amour-propre et de la dignité personnelle : il accepte sans rougir que la moitié de ses sujets le quittent et chassent même son nom des prières liturgiques.
Chose bizarre, le zèle de Tino semble avoir lassé Guillaume II, bon connaisseur en pitreries pourtant, (c Ce que tu as de mieux à faire pour m'aider, c'est de conserver ton royaume. )) Que
répondre à cet ordre du beau-frère? Filer doux avec les Alliés, d'autant plus que la retraite boche de la Somme et de l'Oise, la prise de Bagdad, la révolution de Russie modifient fortement l'échiquier politique et militaire. Comme Panurge et Maximilien Harden, Constantin craint naturellement les coups.
Mais, en ce qui le concerne, je n'ai pas de conclusions judiciaires à poser, les puissances de l'Entente lui ayant signifié un ultimatum définitif, dernier degré de leur patience. Je crains, toutefois, que l'Entente n'ait montré trop d'indulgence à l'égard du roi des Hellènes et de ses valets, les Gounaris, les Dousmanis, les Metaxas. Leurs gestes criminels, leur sournoiserie, leurs perpétuels coups de poignard dans le dos méritaient mieux que des réparations diplomatiques, des destitutions et des mises en disponibilité. Ah! si l'aigle teuton avait moins de plomb dans l'aile, comme Tino recommencerait ses pasquinades ! Il est vrai, d'autre part, que l'Angleterre n'a point pris d'engagement positif en ce qui concerne la dynastie grecque. Or, l'Angleterre sait vouloir : elle ira jusqu'au bout, go limit! La plus eflScace des mises en disponibilité reste à accomplir, en Grèce. Les morts du Pirée et du Zappéion — sans parler de ceux de Navarin — nous l'imposent au moins à titre de légitimes représailles ^ .
I. Constantin a abdiqué le 12 juin 1917, devant l'attitude énergique de M. Jonnart, haut commissaire des Alliés. Il a pour successeur son second fils, Alexandre. M. Venizelos,