Voir Livre V, chapitre ir, nos et
maires, bourgmestres, adjoints, et les gestionnaires de deniers publics, receveurs et percepteurs. Mais il faut y joindre les 40 millions que paie mensuellement la Belgique occupée depuis le 10 décembre 1914% — somme portée à 50 millions par le même gouverneur Von Bissing, le 20 novembre 19 16, malgré la protestation des conseils provinciaux ; et l'on arrive au chiffre formidable d'environ dou^e milliards deux cent soixame-treiie millions volés par les Allemands aux peuples français et belge, rien qu'à la date du 10 janvier 19 17!
Parfois/les vols faits aux particuliers ont rivalisé avec ceux infligés aux villes industrielles, — tels les 18 millions volés aux banquiers de Noyon par le général commandant la 1 5^ division boche, au moment de l'évacuation.
Restent les mêmes crimes commis en Serbie, en Pologne, en Roumanie, et dont les quatre associés ont eu leur part respective, naturellement plus copieuse pour l'Allemagne et l' Autriche-Hongrie. C'est la répartition des bénéfices entre bandits. Ce qui n'empêche point les feuilles pangermanistes d'exiger de nous, d'ores et déjà, une indemnité de guerre (( pour dédommager l'Allemagne des nombreux sacrifices qu'elle a faits » ! Avec eux, il faut renoncer à toute surprise, comme chez Nicolet. Il paraît que nous devons leur payer, en espèces sonnantes et trébuchantes, l'honneur d'avoir été fusillés,
I . Date de l'arrêté du général baron Von Bissing, second gouverneur général de la Belgique, successeur de Von der Goltz.
pillés, incendiés, volés et saccagés par eux! Le (( nouveau droit » créé par la Kultur l'exige
Le devoir des Alliés est de faire rendre gorge aux empires centraux, sans préjudice de l'indemnité, légitimement due celle-là, qu'ils auront à exiger comme dédommagement d'une guerre atroce, et à laquelle ils furent contraints pour défendre à la fois leur pays, leurs biens, leur liberté, le droit et la justice. Les Alliés devront employer toute leur énergie militaire, leur solidarité morale et politique, pour obtenir ce résultat. Libre aux bandits associés de se retourner contre les gouverneurs, généraux, officiers, qui volèrent en leur nom, et de leur intenter une action en restitution des sommes détournées. Nous n'aurons pas à entrer dans ces détails.
Un de nos principaux devoirs sera aussi de récupérer les machines industrielles, le matériel d'usine, les matières premières enlevés par les Boches un peu partout, mais surtout dans la région du Nord français et en Belgique. Les chevaux, le bétail devront être rendus en nature, ou payés le prix qu'ils valaient au moment du vol. En beaucoup d'endroits, les Barbares ont anéanti chevaux et bétail pour rien, pour le plaisir d'appauvrir l'habitant, le cultivateur ou l'éleveur. C'est ainsi que, dans le Limbourg, ils brûlèrent vivant un étalon qui valait cinquante mille francs, ô brutes !
I. Certains journaux allemands ont tout de même senti le ridicule des monstrueuses prétentions qu'ont émises à ce sujet les chefs du pangermanisme. Plusieurs publicistes d'outre-Rhin, affolés par l'avenir économique réservé à l'Allemagne, demandent qu'une partie de l'indemnité soit payée en matières premières (mars 19 17).
La restitution, ou le remboursement, devra naturellement s'appliquer aux objets mobiliers, objets d'art, bijoux, tableaux, souvenirs de famille, linge, robes, etc. Des mandataires spéciaux — officiers ministériels, experts, dûment accrédités — auront pour tâche de présider au recensement et à la restitution de tout ce pillage. On sait que l'Allemagne, en délicate personne qu'elle estj a fait vendre aux enchères publiques une partie de son butin. Jamais nation, avant elle, n'avait poussé si loin l'inconscience! Mais, à Berlin et ailleurs, les magasins de V Office des objets saisis en France ^ ^ 6 im^ndeur ! doivent être encore bien garnis. — Quand les objets pillés ne pourront pas être représentés par ceux qui les détiennent, ou qui en ont profité, ou qui les ont achetés à l'encan, leur valeur vénale, fixée par des experts, hommes compétents, sera acquittée en numéraire. N'oublions pas que les Teutons nous ont volé beaucoup d'or. Le fameux Von Fleck, commandant du 17® corps d'armée boche, devra rendre ou payer les meubles filoutés par lui à Ham, dans la maison où il logeait, sans préjudice de la peine qu'il aura à subir comme voleur, assassin et incendiaire. Car, en aucun cas, la restitution du vol, ou sa réparation en argent, ne pourra comporter en faveur du coupable un non-lieu
I. Office créé par Von Stein, ministre de la guerre. Dès la fin de 19 14, les journaux boches réclamaient la réglementation spéciale du « butin de guerre », vu les incessants envois que les voleurs du front faisaient en Allemagne. La guerre pour voler ! Quand se décideront-ils à arborer franchement leur vraie devise?
judiciaire. Du palais impérial de Berlin — qu'il serait d'un bon avertissement pour le brigandage futur de faire sauter à la dynamite — au schloss du général, à la villa de l'officier titré, jusqu'à la mansarde du simple landwehrien, doit sortir tout objet volé ou sa valeur en argent. Tant pis pour la pendule de Fritz, l'imperméable et l'appareil photographique de Félix, les robes et fourrures de la kaiserin et de ses bellesfilles, les couverts et les chronomètres du duc de Gronau, le piano d'Eisa! Bien mal acquis ne profite jamais, et, d'ailleurs, avec les Teutons, contrairement à l'adage, possession ne vaut pas titre.
Les femmes et jeunes filles victimes de violences, les veuves, les orphelins, les infirmes et blessés de l'invasion et de la guerre allemandes ont droit, en principe, à une indemnité, à des dommages-intérêts, justifiés par leurs souffrances, physiques et morales, les pertes humaines, familiales j qu'ils ont éprouvées. Là encore les Alliés auront à demander des comptes à l'agresseur. Mais rien ne réparera, ne dédommagera, hélas! de la perte d'une vie humaine. Combien de foyers demeurés sans chefs, de maris privés de leur femme, d'épouses sans époux, d'enfants sans père ni mère! A qui remonte la responsabilité directe de ce cruel état de choses, si ce n'est au monstre qui l'ordonna froidement, à ce Guillaume, que l'on prenait avant la guerre pour un (( bon diable », que nos béotiennes de salon et de five o'clock tenaient pour un être original, spirituel, prime-sautier, intuitif autant qu'impulsif et — énormité impar-
donnable! — pour ce un souverain intelligent y>\ En aucun cas non plus, la restitution volontaire de l'argent, des valeurs et objets volés ne pourra entraîner le pardon, c'est-à-dire l'acquittement du voleur, même avant la fin des hostilités I Il demeurera passible des travaux forcés ou de la détention, selon l'importance du vol. Quant aux vols officiels, aux vastes rafles d'argent ordonnées par les gouverneurs, commandants de place et d'étapes, chefs de détachement, — et l'on sait avec quels outrages et menaces ils ont exigé ces prétendues contributions de guerre et ces amendes^ — ce sont les quatre gouvernements coalisés qui auront à les rembourser. Leurs budgets en pâtiront longtemps. Tant pis pour les peuples qui, éclairés par une expérience de trente-cinq mois, persistent à confier leurs destinées à des bandits ^ ! Nous n'avons pas à faire du sentiment avec qui voulait nous rayer de la carte du monde. Ceux qui ont déchaîné la guerre comprendront alors qu'on n'attaque pas impunément des nations, des états, des races, sous le criminel prétexte de les dépouiller et exproprier. — « Ce que les Sarrasins et Barbares appelaient jadis prouesses, maintenant nous appelons briganderies et méchancetés, » dit Rabelais. Encore un de ces grands Latins qui voyaient clair dans l'avenir et n'étaient pas dupes!
La retraite du kronprinz Rupprecht de Ba-
I . Tant pis pour les nations assez aveugles pour ne pas voir le grand enseignement que leur donnent la révolution russe et la réunion de l'Amérique aux Alliés !
vière, les journaux britanniques l'ont appelée (( une retraite sans dignité ». Elle a confirmé le monde civilisé dans son dégoût pour l'Allemand. Ses journaux s'en glorifient comme d'un acte géniale Des villes entières, des villages inofFensifs, des routes, des œuvres d'utilité locale et nationale, ont été minés, détruits, sans aucune raison militaire. Les châteaux de Coucy, de Péronne, de Ham, — monuments sacrés par leur caractère et le rôle qu'ils ont joué dans notre histoire et, on peut le dire, dans celle de l'Europe, — sont à l'heure qu'il est d'informes ruines. Ainsi l'a voulu le peuple allemand, associé à ces crimes par son empereur et son armée. Impitoyablement furent empoisonnés nos puits, rasés nos arbres, défigurés nos sites, démolies nos maisons pour y prendre le bois, le cuivre, le fer, l'acier. Partout où ils sont, les Barbares détruisent nos forêts, exploitent le sol et le sous-sol à leur profit. Toutes les ressources alimentaires ou mobilières sont extorquées au détriment des populations, littéralement affamées et chassées de leurs humbles
I. L'aveu est précieux à retenir : il sera évoqué devant la. justice. Voici, notamment, celui du Lokal An^eiger : « Une grande bande de territoire français a été transformée par nous, pour des raisons militaires, en un terrain mort qui s'étend sur une largeur de lo ou 15 kilomètres le long de toute notre position. Aucun village, aucune ferme ne sont restés debout dans ce glacis ; aucun talus de chemin de fer n'a été laissé. Devant nos positions se déroule, comme un immense ruban, un terrain où règne la mort. » Le pillage, les déportations, le vol des banques, le bombardement des habitants sont sans doute aussi pour ces Barbares des raisons militaires.
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logis. N'oublions pas! Souvenons-nous! — « Le droit de réquisition, a dit leur hideux Clausewitz, n'a pas d'autres limites que l'épuisement, l'appauvrissement et la destruction du pays. » — On s'explique la ferme volonté de nos poilus et de nos alliés d'aller au delà du Rhin leur rendre la pareille !
Renversez maintenant la situation; supposez que nos armées aient fait seulement la millième partie du mal que nous font les Boches, — quelles clameurs n'entendrions-nous pas contre nous à Berlin ! Pardonner à ces gens-là ? Jamais ! Aucune prescription n'est possible.
Les Alliés doivent exiger la reconstruction, aux frais de l'Allemagne, de tous les immeubles, privés et publics : maisons, hôtels de ville, villas, écoles, etc., incendiés et détruits en France et en Belgique. La Russie, la Roumanie, le Monténégro, la Serbie, l'Italie réclameront de leur côté la même réparation matérielle.- Le gouverneur Von Bissing puisait chaque jour dans son sac de ruses scélérates. Il obligeait, le 12 septembre 19 16, les populations belges à faire disparaître les ruines et à rebâtir leurs habitations aux frais du budget de la Belgique ^ L'audace est par trop forte. Les Belges n'ont pas à obéir à leurs bourreaux. Encore moins doivent-ils accepter les architectes et maçons teutons qu'on
I. Les Allemands ayant nié les incendies et destructions de villes et de villages, ces ruines les gênent énormément. Trop tard I les neutres les ont vues.
En avril 19 17, les Barbares ont renouvelé Tordre de rebâtir Louvain, dont l'aspect tragique et impressionnant formule contre eux le plus éloquent des actes d'accusation.
pourrait leur imposer. Le gouvernement du roi Albert doit mettre en garde ses ressortissants contre toute tentative de ce genre. Voyez-vous d'ici, reconstruits à Vallemande, ces admirables cités, ces joyaux d'harmonie pittoresque et d'art : Louvain, Ypres, Malines, — adorables visions, ensembles merveilleux où le passé s'unit au présent! Imaginez-vous la collégiale Saint- Rombaut, les halles d'Ypres ressuscitées, reparues à la lumière sous une forme germanique et dans le goût qu'exalte Berlin! Chassons loin de nous ce cauchemar... Partout, donc, habitations, châteaux, édifices publics, seront rebâtis par des architectes du pays, n'employant que des entrepreneurs, des ouvriers, des matériaux du pays... aux frais des Barbares.
Nos amis anglais ont émis, par l'intermédiaire du Vaily Graphie, une idée dont le principe est juste : l'institution d'une commission de neutres, qui suivrait les armées alliées afin de réunir les preuves de toutes les atrocités que commettent les Allemands. — « Comme les auteurs responsables doivent être punis, ajoute ce journal, il ne faut pas que l'absence de preuves leur permette d'éluder le châtiment. » D'autre part, un député de Paris, M. Edouard Ignace, a demandé, dans un projet de résolution déposé à la Chambre le 23 mars dernier, la création d'une haute cour de justice : (( La Chambre invite le gouvernement à se concerter avec les gouvernements de l'Entente pour préparer la constitution d'une Haute Cour de justice des alliés, qui aurait pour mission de juger
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les auteurs responsables des crimes et attentats de toute nature commis par les ennemis au cours de la guerre. » Enfin, à la suite de l'abominable retraite de Somme et Oise, si fertile en dévastations non justifiées par des considérations de stratégie et de tactique, le ministre de la guerre a chargé un certain nombre d'ofiîciers appartenant aux parquets des conseils de guerre de constater les crimes commis et d'établir les responsabilités.
Par là s'est enfin établi le principe de rinstruction judiciaire^ déjà mis à exécution chez nos alliés belges et anglais.
Il est un autre principe que la France et ses alliés devraient se hâter de proclamer : celui des futures représailles. Comme on doit s'attendre à tout de la part des Barbares, il faut qu'ils sachent bien que, s'ils osent encore toucher à Lille, Maubeuge, Bruxelles, Liège, Anvers, nos poilus, impatients de passer le Rhin, s'en prendront à Coblentz, Aix-la-Chapelle, Munich, Cologne et Hambourg! OEil pour œil, dent pour dent.
L'Etat se substituera aux particuliers, communes et départements pour ce qui touche leurs droits aux indemnités, restitutions, reconstructions d'immeubles. D'autre part, vu l'atroce traitement infligé aux déportés civils et aux prisonniers de guerre, les Alliés devront se faire représenter l'acte de décès de tout déporté ou militaire mort en Allemagne, avec indication de la cause médicale du décès. De ce chef, nous aurons à exercer des revendications, qui, tout en apaisant l'émotion des familles, nous permet-
tront aussi de faire justice. Des médecins, militaires et civils, seront naturellement chargés d'examiner les actes de décès et saisiront les magistrats de leurs conclusions.
L'Allemagne, Etat et particuliers, pourra-t-elle payer tout ce qu'elle nous doit? Commençons d'abord par lui imposer nos comptes. Vainqueurs et justiciers, nous saurons bien nous faire payer en saisissant toutes les sources de revenus, — douanes, chemins de fer, usines, octrois, impôts directs ou indirects, etc. L'Allemagne a des ressources naturelles, financières, commerciales et surtout industrielles. L'occupation militaire de son territoire nous répondra du paiement. Là encore ce n'est pas nous qui aurons commencé. Souvenons-nous des cinq milliards de 187 1.
A la date du 24 mars 1917, le gouvernement français a protesté auprès des neutres contre les vols de valeurs et titres de rente, de façon à empêcher les Allemands, ou leurs affidés, de négocier ces valeurs. La mesure s'imposait. Il en est une autre que nous devrions réaliser dès à présent: la vente des propriétés et industries boches, séquestrées depuis le début de la guerre. Rien que pour le département de la Seine, le séquestre représente un milliard. Les Anglais ont procédé chez eux à cette liquidation. Enfin, d'accord avec les Etats-Unis d'Amérique, les Alliés devront opérer la saisie des sommes importantes que Guillaume II a déposées dans les banques, ou chez des particuliers de ce pays, et qui représentent une partie de sa fortune personnelle. Voilà des acomptes !
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Dossiers d'accusation
Les travaux des commissions d'enquête française', belge^, russe, britannique 3, les témoignages des rescapés, des évacués, des réfugiés, ceux des prisonniers de guerre, qui parleront haut à leur retour, les enquêtes particulières des neutres^ les publications diplomatiques officielles^, les dépositions des soldats et officiers des armées alliées, forment, dès maintenant, la matière des dossiers individuels d'accusation.
Je donne plus loin les noms de 43 4 coupables, militaires et civils, dont 372 Allemands. En ce qui concerne les 328 criminels ou délinquants anonymes, on possède des indications, — leur grade ou emploi, le numéro des corps auxquels ils appartiennent, la date, le lieu, la nature de leurs crimes, — qui permettront de les identifier et de les atteindre, si on le veut, A la cessation
1. Composée de MM. G. Payelle, premier présidem de la Cour des comptes ; Armand Mollard, ministre plénipotentiaire; G. Maringer, conseiller d'Etat, et Paillot, conseiller à la Cour de cassation.
2. Composée de MM. Cooreman, ministre d'Etat; Goblet d'Alviella, sénateur; Ryckmann, sénateur; Strauss, échevin d'Anvers, et Van Cutsem, président honoraire du tribunal d'Anvers.
3. Présidée par lord Bryce, assisté de sir Edward Clarke, M. Harold Cox, etc.
4. Sauf, bien entendu, le Livre Wa«c allemand, qui a été falsifié par la chancellerie de l'empire, — ce dont les Alliés ont averti les Neutres. Il en est de même du Livre rouge autrichien.
des hostilités, les magistrats instructeurs auront de nouveaux et nombreux éléments d'information. Ils devront exiger des vaincus communication des livres d'ordres du jour, des ordres de marche, des journaux régimentaires, des contrôles d'officiers, des documents d'état-major, des carnets individuels d'officiers, de soldats, etc., et se faire ouvrir à deux battants les archives du ministère de la guerre, à Berlin, Vienne, Sofia et Constantinople, pour les années 1914 à 191 7. L'Amirauté allemande, autrichienne et turque sera tenue à la même obligation. On pourra ainsi remplacer l'anonymat par l'identité complète des accusés. Nous connaîtrons enfin le nom du criminel qui coula le Lushania.
Ce travail semble compliqué au premier aspect. Il est parfaitement réalisable, à condition de vouloir le réaliser. La France, la Belgique, l'Angleterre, — probablement aussi la Russie et l'Italie, — ont déjà en mains des carnets boches qui fourniront une précieuse contribution aux juges. Ce sont des aveux capitaux et décisifs, des pièces à conviction, en même temps que des documents caractéristiques de la mentalité teutonne La Kultur s'y drape d'elle-même dans ses sanguinaires oripeaux. Versés au grand pro-
I. Il faut retenir, comme autant à' aveux, les félicitations adressées par le kaiser au maréchal Von Hindenburg, au prince Rupprecht de Bavière et au général Ludendorf, à la suite de la retraite allemande de la Somme et de l'Oise, retraite où les crimes boches semblent avoir atteint leur maximum de rage et de fureur dévastatrices. Beaucoup de soldats et d'officiers ont aussi avoué, à Noyon et à Péronne, « qu'ils pillaient et saccageaient tout par ordre de Vempereur »,
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cès, ils seront pour nos arrière-neveux un inépuisable sujet d'horreur et d'étonnement. Les historiens se demanderont comment une telle pourriture morale pouvait exister en Europe^ au vingtième siècle^ vivre, respirer, aller et venir à côté des nations les plus aimables, hospitalières et policées ! Non ! ce ne sont pas les Alliés qui iront frapper, les mains tachées de sang, aux portes de l'Histoire ; ce ne sont pas eux qui imposeront à la postérité, aux générations à naître, un souvenir infamant ! Les traités n'ont pas été pour eux des chiffons de papier. Ils n'ont ni déshonoré la science ni avili la gloire militaire et le métier des armes. Ils n'en sont que plus autorisés à restaurer, dans tout son éclat, la Civilisation après l'avoir retirée de l'abîme où elle allait sombrer. Aux dangers que nous avons courus, sachons égaler les coups réparateurs de notre glaive.
L'Amérique a judiciairement frappé les membres les plus en vue de la bande organisée làbas par le comte Bernstorff, Il en reste d'autres à châtier, notamment ceux qui ont mis sur pied une armée de réservistes allemands aux ordres du Mexique. La police des Etats-Unis, si active et habile, saura bien débusquer tous ces malfaiteurs des tanières où ils montent leurs coups et se partagent l'or teuton.
La mort d'un certain nombre de criminels les a soustraits à l'inévitable châtiment : François- Joseph, le maréchal Von der Goltz, le général Von Moltke, l'ambassadeur Tschirsky-Bogendorf, le prince Henri de Bavière, le comte
Zeppelin, l'intellectuel Lamprecht, l'un des 93, le général Von Fabeck, le colonel, depuis général Schwarzkoppen, le cardinal Boettinger, Tatroce Von Bissing, d'autres encore parmi lesquels il ne faut oublier ni le prélat Von Waal, chef de l'espionnage boche au Vatican et dans Rome, ni le banquier Hans de Bleichroeder, ni même le mari de la courtisane Païva, mort archimillionnaire, longtemps espion à Paris, puis préfet teuton à Metz en 1871.
Tous ces complices de Guillaume II à des degrés divers échappent à l'exécuteur et au garde-chiourme. A part le vieux VonderGoltz, premier bourreau de la Belgique, — dont quelque obscur officier de rédifs ou de nizams fit justice à coups de revolver, ou de tasses de café, — ils sont morts dans leur lit, gonflés de leur Kultur, sujet d'éternelle affliction pour le philosophe et l'historien. Le comte Zeppelin, qui fit de l'art mécanique un dévoué serviteur du crime, s'est éteint dans un hôpital, « avec le regret que ses aéronefs n'aient point détruit Londres », — joli passeport pour comparaître devant Dieu.
Une question se pose : celle de savoir si les familles, les héritiers de ces forbans n'ont pas à réparer matériellement, pécuniairement, les dommages qu'ils ont causés. Von Bissing, par exemple, a volé, ordonné de voler, des centaines de millions en Belgique, sans parler des filouteries partielles de ses subalternes. Bien entendu, ces énormes sommes ne sont pas entrées en totalité dans la poche du percepteur. Le livre de
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comptes de Guillaume II doit les porter en recettes, — le vol du numéraire étant, après le vol des territoires et le massacre des non-combattants, le principal article du programme de l'impérial bandit. Toutefois, Von Bissing préleva sans doute sa (( bedide commission ». Il a fait aussi fusiller, piller, emprisonner arbitrairement. Le premier de ces crimes est à jamais irréparable; mais la justice des hommes a toujours estimé que les deux autres se réparent par la restitution et des dommages-intérêts.
Il faut encore prévoir la mort d'autres criminels d'ici à la paix. Quand on pourra prouver que les familles de ces coquins tiennent d'eux de l'or, des meubles, des tableaux, des objets quelconques volés en France, en Belgique et ailleurs, il y aura lieu à restitution ou indemnité en faveur des victimes. Cela, malgré la noncondamnation des criminels, soustraits par leur décès à toute action judiciaire. Les jurisconsultes des nations alliées sauront résoudre ce problème en s'inspirant plutôt du droit des gens que du droit pénal. Il est donc nécessaire, à mon avis, d'établir un dossier d'accusation aussi bien pour les coupables morts que pour les vivants.
Je disais plus haut qu'on peut arriver à l'identification des accusés anonymes si l'on applique à cette recherche la volonté, la ténacité, la patience, qui doivent s'augmenter — vu la noblesse de ce labeur et son utilité — d'un certain enthousiasme. L'évacuation des territoires occupés, la rentrée des prisonniers de guerre et des infortunés déportés civils permettront aux
juges instructeurs, non seulement de mettre en accusation de nouveaux coupables, mais aussi de mieux connaître les accusés déjà signalés par les commissions d'enquête et l'ensemble des témoignages probants. Les bases d'accusation et de prévention seront par là aussi complètes et inattaquables que possible.
Détention préventive
La procédure se précise.
Nous avons déjà comme points de départ : i"^ l'institution, par chaque gouvernement allié, d'une commission d'instruction judiciaire, présidée et dirigée par un magistrat du parquet, qui pourrait être, à la rigueur, assisté d'un magistrat de siège; 2"" l'établissement par les soins des magistrats instructeurs de dossiers individuels d'accusation, visant les bandits du front aussi bien que ceux de l'arrière.
Comme corollaire à ces points de départ, la détention préventive s'impose dans tous les cas où elle est possible. Je veux dire par là que nous devons, dès aujourd'hui, faire passer de Vétat de prisonniers de guerre à Vétat de prévenus les criminels tombés entre nos mains, ou qui peuvent y tomber d'un moment à l'autre. Mesure applicable tant aux Barbares militarisés et mobilisés qu'aux Barbares appelés jusqu'à pré-
sent des civils et ayant fait acte de criminels. Tous sont des prévenus de droit commun, quelle que soit l'étiquette sociale dont ils s'affublent. Si, à la suite d'un hasard quelconque, le chimiste Von Baeyer, fabricant d'obus incendiaires, le pangermaniste Reventlow, le cardinal Hartmann, qui s'est permis d'officier en terre française % étaient capturés par nos poilus ou leurs frères les tommies, il ne faudrait pas hésiter à les jeter en prison, le premier comme assassin et faux témoin, le second comme excitateur au vol de territoires, le troisième comme faussaire et approbateur très complaisant des crimes du kaiser.
Je crois même qu'on peut aller plus loin. Une cour d'assises de la région du Nord, désignée par le garde des sceaux, pourrait maintenant prononcer sur le sort des accusés prisonniers en France. Pas n'est besoin de leur donner des avocats. Leur monstrueuse retraite de mars 19 17 a rendu leur mise hors toute loi complète! Sur leur simple identité, un interrogatoire sommaire, le vu du dossier accusateur, l'arrêt serait rendu et immédiatement déclaré exécutoire. Songeons à la façon dont ils traitent les prisonniers de guerre, qui n'ont fait qu'obéir à leur devoir de soldats, ont combattu loyalement, à armes découvertes; songeons aux milliers de vieillards, de femmes, d'enfants, de non-combattants, que ces misérables ont mis à mort,
I. A Charleville (Ardennes), en .décembre 1016. Jusqu'à présent, le pape ne Va ni blâmé ni désavoué.
très consciemment, sachant parfaitement qu'ils assassinaient des innocents; songeons à nos femmes, à nos jeunes filles enlevées pour un travail forcé, dirigé contre la patrie, et peut-être pis encore! Consolons par une implacable justice le long et lamentable cortège d'orphelins, de veuves, de pauvres, d'infirmes, de mutilés, d'abandonnés, d'isolés du foyer, du village et de la ville qu'a faits, et augmente chaque jour, la brutale agression de ces bandits, cette guerre de sauvages, qu'ils appellent, dans leur langue de goujats, (( une guerre fraîche et joyeuse' ».
Ah! s'ils nous tenaient comme ils rêvaient de nous tenir! S'ils avaient pu prendre Paris, Calais, Nancy, pour de là se répandre en hordes débordantes, en flots dévastateurs, vers Rouen, Angers, Nantes, Bordeaux, Lyon, combien peu les eussent retenus les scrupules, car depuis longtemps leur ancienne peau de soi-disant civilisés ne les gêne plus! Ils auraient fusillé, déporté notre élite, détruit nos industries, pillé, massacré partout! Nous nous serions retrouvés, le lendemain, annexés ou domestiqués. Nous leur accordons un jugement. Eux ne nous eussent pas permis d'embrasser nos femmes, nos enfants, avant de tomber sous les balles ou d'être transportés comme un bétail dans leurs atroces camps de déportation !
I. La Galette de Voss, en réponse aux protestations du monde civilisé contre les brigandages accomplis en Picardie (mars 19 17), écrit : « De notre côté, il passe parmi nos troupes de l'Ouest comme une vague de joie devant le mal qui a été fait à autrui. »
Extradition et Prise de corps
Je suppose maintenant la guerre terminée. Nous leur imposons notre paix. Nous les tenons. J'entends leurs supplications, leurs dénégations hypocrites, leurs basses protestations de repentir, car rien n'est lâche comme l'Allemand qui sent le poids de la force. Contraints par le corps, près d'expier, ils nieront tout, — le mensonge étant leur instrument de défense favori.
Ils contesteront s'être trouvés là, tel jour, à telle heure, avoir exigé telle somme, pillé telle habitation ou telle ville, fait fusiller... Le prêtre et son église, la mère et l'enfant, l'habitant, la jeune fille, ils n'ont rien massacré, rien souillé,.. Ils diront que leur corps d'armée, leur régiment, leur bataillon, leur compagnie se trouvait ailleurs; qu'ils n'exercèrent jamais ce commandement; qu'ils n'ont pas signé ces menaces, cette affiche, pas écrit ce livre, cet ordre du jour, cet article, prononcé ce sermon, fabriqué ce gaz... Leur sous-marin naviguait loin de là; le torpillage fut exécuté par un autre... Rien ne pourra arrêter les Alliés dans leur œuvre de justice, si édifiante et exceptionnelle! Jusqu'au bout, ils devront, surtout en frappant, se montrer les dignes défenseurs du droit.
Durant ce labeur grandiose, il faut nous at-
tendre à des fuites, des substitutions de personnes, des tromperies multiples. Même quand on leur montrera leur nom écrit par eux sur une porte, ils diront qu'ils n'ont pas logé dans ce château. Des contumaces demeureront longtemps sans être purgées; il n'en faudra pas moins rechercher ardemment les contumax.
Beaucoup de criminels iront se cacher hors de leur pays. Il faudra les traquer partout, comme des bêtes fauves, et, selon le mot de Gambetta, aller les chercher « jusque dans leurs repaires »• Que sont cet empire, cette armée, où l'empereur donne l'Aigle rouge de première classe à des assassins, où les ducs crochètent les serrures, où les généraux se soûlent, forcent les coffres-forts, emportent les meubles de l'habitant ^ ? Que penser de ces princes royaux et impériaux qui laissent violer des sépultures et empoisonner les puits, ce que ne firent jamais les Touareg et les Peaux-Rouges? Jolis titres pour imposer au monde « leur culture » ! Le devoir des neutres sera de nous livrer les misé-
I. On a souvent parlé, depuis 1870, du goût des Allemands pour nos pendules françaises. Ce n'est pas une légende, et la présente guerre ne l'a que trop prouvé. Lors de son passage à Noyon, en février ou au commencement de mars 191 7, Guillaume II lui-même a volé une pendule de prix appartenant à M^e Charbonnoy, habitante de cette ville. Le kaiser fut moins scrupuleux que Bismarck. On sait qu'en 1870 et 1871 le chancelier allemand logeait à Versailles, rue de Provence, dans une maison appartenant à M^^e Jessé. Bismarck demanda la très curieuse pendule du salon. Naturellement son hôtesse refusa. Le chancelier insista sans plus de succès, mais, à son départ, n'osa pas emporter h. pendule.
rables qui iront échouer chez eux, même sans que nous les réclamions. Aucune hospitalité n'est possible pour de tels bandits.
Quel foyer, fût-ce chez les Tongouses et les Kalmouks, voudrait recevoir des bourreaux de peuples? Car, la preuve en a été faite mille fois, la Kultur et ses bandes veulent détruire la race possédante pour mieux s'emparer du sol et des biens. Ces êtres-là sont partout sous le coup d'une perpétuelle extradition. II y aura honneur et non déni d'accueil et d'hospitalité à nous les livrer, tout pantelants de leurs forfaits, et sans que personne songe un instant à leur ménager un asile. Ce sont des réprouvés, des maudits, des lépreux! Le bagne et la prison seront leurs maladreries. Au besoin, nous irons les prendre au collet, manu miliîari, partout où ils se cacheront. Nous sommes assez puissants, assez riches d'énergie et de résolution pour accomplir cette salutaire besogne. La double question d'extradition et de prise de corps n'offre donc aucune difficulté pour les Alliés.
La seule Juridiction possible
Les tribunaux criminels ordinaires, — cours d'assises, cours de justice, banc du roi, etc., — voilà la seule juridiction possible. Il n'y en a pas d'autre. La noblesse inhérente au métier des
armes, quand un peuple combat pour sa liberté et son honneur, cette noblesse, les Germains Font perdue le 3 août 19 14. La dégradation militaire, eux-mêmes se la sont infligée. Ils sont et doivent être jugés comme des bandits à main armée, des malfaiteurs de droit commun, des Bonnots majorés, agrandis par l'atrocité de leurs forfaits ^
Dans leurs territoires enfin libérés des horreurs qui les souillaient, les gouvernements alliés feront fonctionner un nombre de tribunaux en rapport avec le nombre des accusés. En principe, chaque accusé sera livré au pays, jugé par le pays qui a souffert de ses crimes, les magistrats chargés de l'instruction ayant naturellement à cœur de transmettre à leurs collègues alliés le dossier complet d'accusation.
Exécution des Jugements et Arrêts
Les condamnations prononcées le seront ^^^2^ appel et déclarées immédiatement exécutoires. Les chefs d'Etats et souverains alliés, en possession du droit de grâce, comprendront qu'en l'occurrence ils ne sauraient user de cette pré-
I. Voir ayix Annexes la note par laquelle le gouvernement de la République signale aiix puissances neutres les exécrables actes accomplis par les Allemands dans leur retraite de mars 19 17.
rogative. La Belgique, l'Italie, la Russie (depuis la révolution) ont rayé la mort de leurs Codes : d'avance, en ce qui concerne les Barbares, cette disposition est frappée de caducité parce que les arrêts de mort résulteront du droit de légitime défense. En l'espèce, chacune des nations alliées incarne en elle les droits de tous ses ressortissants. Chargée de leur défense et de leurs intérêts, elle est en quelque sorte revêtue à^une personnalité générale civile. En condamnant à mort qui l'a mérité, la nation se substitue à tout citoyen attaqué isolément. La mort, au cours d'une légitime défense, se justifie parfaitement, sans qu'aucune atteinte soit portée au statut judiciaire d'un Etat.
Il va sans dire que les arrêts comporteront aussi, s'il y a lieu, la restitution des valeurs et objets pillés et volés. Les biens et fortune possédés par les condamnés antérieurement au 3 août 19 14 — sauf en ce qui concerne la Serbie, qui fut attaquée en juillet par les Autrichiens — feront retour au domaine commun des Alliés, la peine capitale entraînant la complète déchéance civile. Ces biens et fortune seront l'objet d'un séquestre jusqu'au jour de leur remise à qui de droit.
L'échafaud de Guillaume II et du kronprinz allemand sera dressé sur la Grand' Place de Bruxelles. A ce malheureux peuple belge, si foulé et martyrisé, est bien due la satisfaction de voir châtier les principaux criminels. Heure VIENDRA Q^ui TOUT PAIERA ! A Bruxellcs reviennent encore ces scélérats de haute envolée, les
Dreicht, les deux Biilow, les Manteuffel et les Von Vieber. L'Italie et la Pologne se partageront respectivement les Austro- Hongrois, la Serbie et la Roumanie les Bulgares. En parcourant la liste des criminels, on verra que la France a son lot tout indiqué avec les Rupprecht de Bavière, les Stenger, Hindenburg, Von Luttwitz et Von Gravenitz.
Quant à Mourad, Enver pacha, Djmal pacha et leurs hideux acolytes, ils seront pendus, devant la mosquée redevenue église Sainte-Sophie, par les soins des autorités russes. A la suite d'un accord international, chacune des onze nations de l'Entente, alliées et solidaires, déléguera un ou plusieurs magistrats pour la représenter à ces exécutions capitales. La solidarité des Alliés aura part à la réparation après avoir eu part aux souffrances et aux dangers.
Les condamnés aux travaux forcés et à la détention perpétuelle ou temporaire seront, de ce fait, frappés de mort civile. Aucune indemnité ne sera accordée aux acquittés.
Où les condamnés subiront-ils leur peine? Il n'y a pas l'ombre d'un doute à ce sujet: ils la subiront dans le pays où ils ont commis, contre lequel ils ont commis crime ou délit. Tous ceux qui prendront la route du bagne et de la maison de détention y vivront le régime ordinaire des condamnés de droit commun, sans faveur ni atténuation quelconque. Ici, plus de grades, plus d'Excellences, d'Aigles rouges et de croix de fer, — tous bandits ! Les condamnés à la détention temporaire seront déclarés inaptes à n'im-
porte quel emploi, ou office public, dans leur pays. Et, de même que les bandits du front sont déjà dégradés militairement, les bandits de l'arrière n'auront pas à subir la dégradation réglementaire de leurs croix, plaques, décorations, marques d'honneur. D'honneur, ils n'en ont plus depuis longtemps. Un garde-chiourme, ou un portier de ministère, leur en arrachera simplement, sans prononcer un mot, la marque distinctive.
La nourriture et l'entretien des forçats et détenus seront à la charge de leur pays natal. En aucun cas, les Allemands condamnés aux travaux forcés ou à la détention ne pourront exciper, même légalement naturalisés, d'une prétendue nationalité française. Ainsi l'aura voulu leur tartufe loi Delbriick. L'Angleterre j ugera les accusés qui sont en ce moment ses prisonniers de guerre. Les condamnations seront portées à la connaissance du public par le journal officiel de chaque nation alliée. Un extrait des arrêts pourra être diplomatiquement transmis aux puissances neutres, en ce qui touche les condamnés livrés aux juges par la voie de l'extradition. Les arrêts frappant les ministres d'un culte, quel qu'il soit, seront communiqués à la plus haute autorité de ce culte dans le pays auquel appartiendront les condamnés.