LIVRE CINQUIÈME
Le Châtiment
Quand un chien enragé parcourt le monde, le devoir de tout bon citoyen est de prendre un bâton et de courir droit à lui.
(Théodore Roosevelt.)
Peine de mort
Sont passibles de la peine de mort pour crimes prévus et punis: i"" par l'article 3 des conventions de la Haye, 1907; 2° par les articles du Code pénal 302, 303, 434, 435, 381 à 388, 147 et 148; 3'' par les lois répressives de toutes les nations civilisées, les cent trente individus dont les noms ou la qualité suivent :
A. — Allemands.
I. Guillaume II Hohenzollern, empereur allemand, roi de Trusse. Le bandit en chef, le bourreau de l'Europe, l'ennemi du genre hu-
main. i° Crimes contre la personne humaine: Assassinat de non-combattants sûr terre et sur mer. Incendie et destruction de leurs propriétés. Viols de femmes, de jeunes filles et enfants. Pillages et vols qualifiés. Vol de dix milliards de titres au porteur, livrets de caisses d'épargne, etc. Extorsions de fonds. Détention arbitraire de noncombattants. Assassinats judiciaires. Destruction et vol d'objets représentant des souvenirs privés ou de famille. Vol ou destruction d'actes de l'état-civil. Attentats contre la dignité humaine: mort, maladie et aliénation mentale de noncombattants provoquées par excès de souffrances morales et physiques ; sévices et brutalités contre des populations inoffensives ; outrages aux mœurs; rapt de jeunes filles et de femmes; mères, épouses et enfants forcés d'assister à l'assassinat de leurs proches, ou à la destruction de leurs habitations. Crimes contre le droit des peuples: Violation de contrats et traités internationaux, — Belgique, Luxembourg, conventions de Genève et de la Haye, statut organique de Grèce'. Tentatives de vols de territoires non allemands (Belgique, France, Serbie, Monténégro, Pologne, Roumanie). Assassinat systématique de neutres et destruction de leur propriété. Incendie et destruction d'édifices communaux ou nationaux. Réquisitions non j ustifiables d'argent, de métaux, de machines et de denrées alimentaires. Actes et tentatives ayant un caractère cri-
I. Par son intrusion dans la politique de ce royaume, dont l'Allemagne n'est point « puissance protectrice » en droit international.
minel commis en territoires neutres (Etats-Unis, Cuba, Mexique, Brésil, Philippines, Espagne, Grèce). Chantage politique et militaire àTégard de nations neutres (Hollande, Suisse, Norvège, Danemark, Chine). Faux et faux témoignages (falsification de documents et publications diplomatiques en vue de tromper les neutres et d'altérer l'histoire). Diffamation des belligérants par la voie de la presse. Diffamation d'un peuple par correspondance (télégramme au président Wilson sur les balles explosibles, 19 14). Excitation à la haine d'un peuple contre d'autres peuples, j"" Crimes contre la civilisation : Massacre de femmes, de vieillards et d'enfants. Assassinat de prêtres et de médecins. Assassinat de blessés et de prisonniers. Destruction d'hôpitaux et d'ambulances. Bombardement de villes ouvertes. Destruction systématique de nations et de races (Belgique, France, Pologne, Serbie, Arménie, Syrie). Affamement de prisonniers de guerre et de déportés civils. Déportation de populations civiles non allemandes, condamnées àl'esclavage. Destruction d'oeuvres d'art et de monuments historiques faisant partie du patrimoine de la civilisation. Destruction et profanation d'édifices consacrés au culte. Excitation au massacre dépeuples par la parole et par la presse soudoyée. Appel aux armes non j ustifié, 1914. Perfidie et déloyauté complètes dans la conduite de la guerre. Complicité dans les massacres, viols, incendies et pillages commis en Asie. Brutalités envers des agents diplomatiques et consulaires. Abus de confiance à l'égard des peuples civilisés. Usur-
pation d'une mission prétendue divine. Avilissement de la science. Domestication du clergé allemand de toutes les confessions. Asservissement et abêtissement des sujets allemands au nom d'un prétendu ce droit de maître ». Brigandage à main armée sur terre et sur mer. Honneurs et récompenses accordés à des criminels. Abandon complet de la mentalité humaine.
2. Frédéric-Guillaume, fils aine du précédent, kronprini allemand. Chef avoué du parti de la guerre, approbateur du pangermanisme, a poussé aux crimes de toutes ses forces, surtout depuis 191 1. Auteur du livre Veutschland in Wafen^ monument de haine. Excitateur au vol de territoires et complice de tous les crimes commis par son père, il mérite la mort malgré sa pauvreté d'esprit bien connue. Battu devant Verdun, il a fait reprendre, en mars et avril 1 9 1 7, le bombardement de la cathédrale et de la ville de Reims. Dans la journée du dimanche i^'' avril, 2.834 obus, et plusieurs personnes tuées. Le vendredi 6 avril, 8.000 obus lancés sur Reims; 17 personnes tuées, dont 10 femmes. La cathédrale particulièrement visée. Les 14 et 15 avril, 15.000 obus; 19 personnes tuées.
3. Bethmann-Hollweg, chancelier de Vempire allemand^ l'homme au chiffon de papier, A encouru la peine capitale par la longue série de crimes qu'il a conseillés et fait exécuter. Un des auteurs responsables de la guerre et de la violation de la neutralité belge, le crime initial.
Calomniateur et diffamateur de la Belgique et des Alliés après les forfaits commis, il a tenté de déshonorer ses victimes. Faussaire et falsificateur de documents diplomatiques et l'un des hommes du siècle qui auront le plus menti. Valet à tout faire de Guillaume, il a lui-même un valet, le secrétaire d'Etat Zimmermann, par lequel il a fait signer la monstrueuse note du 3 1 janvier 19 17 signifiant aux neutres la guerre sousmarine à outrance et l'assassinat sur mer.
4. Von Hindenburg, maréchal, généralissime depuis 191 6. Commandant en chef en Prusse orientale, il ordonna que le pain trouvé dans le pays, arrosé de pétrole, servirait à nourrir les prisonniers russes (19 14). On doit le considérer comme l'ordonnateur des affreuses méthodes de guerre employées en Roumanie par Mackensen et Falkenhayn: pillage, vols et viols, détention arbitraire de centaines de notables roumains, affamement, extorsions d'argent à Bucarest et à Craïova, massacres d'habitants et de prisonniers ^ Le i o mars 1917, étant à Roisel (Somme), il donna Tordre de tout détruire, incendier et saccager dans les régions que les Barbares allaient évacuer, — crimes inexpiables, perpétrés sans que rien ne les justifiât au point de vue militaire^. Complice de la violation de
1 . Le gouvernement roumain, après avoir protesté contre la dévastation de la Roumanie par les Barbares, a officiellement déclaré (Jassy, février 19 17) qu'il réclamera au moment voulu « toutes les compensations qui lui sont dues pour les actes illégaux du gouvernement allemand ».