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genre Philippe II toujours, dans la manière d'Henri VIII congédiant Wolsey quand il « débarqua )) Bismarck, l'empereur des fourbes, le faux sentimental aux appétits d'oiseau de proie, le vautour qui n'a pu passer aigle que sur son casque. Celui-là même que ce pauvre Jules Simon, retour de Berlin, comparait à un (( svelte sous-lieutenant et que le crayon italien a nommé l'empereur délia tesca^ des fripouilles. Sujet qui a manqué à Juvénal et à Suétone, mais qu'ont harponné au passage la griffe prime-sautière de Caran d'Ache, de Hansi, et la forte poigne de l'admirable Louis Raemaekers \
Latins et Anglo-Saxons, Slaves et Serbes, Monténégrins et Nippons, nous tous qui défendons contre la barbarie les droits de la personne humaine et des peuples, le legs de la civilisation, nous ne pouvons expliquer, ni qualifier, tous les actes de la bête fauve allemande. Nous savons ce dont sont capables les savants, les publicistes, les parlementaires, les hommes d'Etat de la vertueuse Germanie. Mais nous reculons devant certains crimes : l'assassinat de miss Cawell, de l'enfant au fusil de bois, les viols de fillettes et de religieuses, la torture des prêtres... En songeant à ces exécrables forfaits, notre conscience se replie sur elle-même et notre vision se trouble. De ce qui nous épouvante, eux se font une gloire! Sophistes jusqu'à l'impudence, ils disent
I . On sait que Guillaume II a fait mettre à prix la tête du dessinateur du Teîegraaf, d'Amsterdam. Depuis, Louis Raemaekers, ce grand artiste, est venu à Paris, où nous l'avons dignement fêté (19 16).
mieux comprendre et servir que nous la morale chrétienne : « La morale de l'amour du prochain, qui peut s'admettre entre individus, né doit pas se tolérer entre nations, » déclare cyniquement le nommé Hasse, professeur à Leipzig. — (( Je ne comprends pas, disait Flaubert lisant un écrivain de tout temps vanté, et quand je ne comprends pas, je m'arrête. »
Oh! cet enfant de cinq ans dont on assassine la mère, qui le tenait par la main, et qu'on fusille, la mère tombée, (( pour qu'il ne soit pas seul au monde », ricane le bandit major Kastendick, — cet enfant qui pouvait être un jour Vincent de Paul, Dupuytren, Berlioz ou Malte- Brun ! Et cette mère de famille au viol de laquelle on force d'assister son mari et ses deux enfants ! Un traîneur de sabre en gants blancs fait tuer en bloc des centaines d'habitants, à qui des ambulanciers à croix rouge donnent le coup de grâce ! La nonagénaire du camp de Landau arrosée de pétrole et brûlée vive ^ ! L'héroïne d'Emberménil, M""® Masson, à la veille d'accoucher, fusillée de-
I. M. Pierre Nothomb raconte que, le 20 août 19 14, à Averbode, les Allemands tuèrent à coups de lance une femme qui, prise de peur, se cachait dans un fossé. A une heure de là, à Schaffen, des uhlans éventrèrent une jeune fille de vingt ans. A Anvers, le 12 septembre, des paysans déposent qu'à Wilzele, les Allemands brûlèrent vifs la femme Van Kriegelingcn et huit de ses enfants : « Nous avons vu les cadavres de la mère et des enfants et nous avons assisté à l'exécution. »
A Audun-le-Roman, M^e Trefel fut blessée au moment même où elle donnait à boire à un soldat allemand. A Sempst, une femme fut lardée de coups de baïonnette, enduite de pétrole et jetée dans une maison en flammes (Deuxième rapport de la commission belge).
vant tout un village * ! Les sous-marins assassinant les neutres, les zeppelins bombardant les villes ouvertes, les déportations de Belgique, de France, de Serbie, de Pologne, l'esclavage rétabli au vingtième siècle, les incendies partout, les églises souillées, remplies d'immondices, les blessés mis à mort, les jambes amputées à des Français et des Belges sans que leur blessure justifie l'amputation, les ordres de lever le bras proférés en allemand par des officiers titrés et amenant aussitôt la mort de ceux qui, n'ayant pas compris, n'ont pu obéir... tout ce que n'ont point rêvé les Huns d'Attila, ceux de Guillaume II l'ont exécuté froidement, cyniquement, au nom de la Kultur !
Il y a aussi les mutilations, les seins coupés, les liquides scélérats, les gaz assassins, le meurtre des médecins et des prisonniers de guerre : (( A partir d'aujourd'hui, dit le bandit Stenger, commandant la 58® brigade, ordre de fusiller les prisonniers, » — Von heute ab werden keine Gefangene mehr gemachz, — Guillaume II disait déjà la même chose en 1900^. Il y a encore les réquisitions effarantes,
1. Une des plus touchantes victimes de l'invasion. Interrogée par un officier bavarois, elle répondit qu'elle ignorait si Emberménil contenait des Français, et cela de très bonne foi. Or, les Français arrivaient dans le village, ce qui força les Boches à détaler. Revenus plus tard en force, leur colonel exigea l'exécution de Mme Masson, ou du village tout entier. La courageuse femme se dévoua. Vu son état de grossesse très avancée, les monstres la fusillèrent assise sur un banc.