‹ Comment j'ai parcouru l'Indo-ChineChapitre 8 sur 47 · ETAGES D ANGKOR WAT · texte numérisé non relu

ETAGES D ANGKOR WAT

chissons les degrés et les différents étages du grand temple khmer : nos curiosités veulent toutes arriver première au sommet. Un dernier large escalier s'élève raide comme s'il devait être gravi des pieds et des mains, afin que les fidèles s'approchent plus respectueusement de la divinité. Celle-ci semble cachée dans la partie sombre de la tour centrale, flanquée de quatre autels, faisant face aux quatre cloîtres supérieurs entourés de galeries.

Tout mouillés et crottés, nous foulons bravement l'épais amas des fientes de chauves-souris amassées depuis des siècles et qui exhale, après la pluie, une odeur odieuse. On enfonce parfois jusqu'aux chevilles. Plus tard, soit accoutumance, soit par un peu plus de sécheresse de l'atmosphère et du sol, nous ne sommes plus offusqués de cette affreuse impression olfactive, bien pire que l'odeur sèche des chauves-souris d'Egypte, la senteur aimée des égyptologues. Des battements d'ailes bruissent sous les voûtes, où s'entre-choquent des vols effrayés.

Ce ne sont que tours, immenses pyramides profondément sculptées de la base au sommet. La pyramide centrale mesure 56 mètres de hauteur. Des bas-reliefs hauts de trois ou quatre mètres déroulent, au premier étage, sur un kilomètre de tour, la guerre chantée par le Ramayana entre les hommes et les singes, dans une étrange mêlée d'hommes et d'animaux. On remarque de magnifiques hauts reliefs, des détails délicieux d'ornementation et de sculpture, des défilés de danseuses; quelques figures de disciples de Brahma ont des expressions d'une douceur, d'une sérénité qui sont assurément du plus grand art.

Si le célèbre temple de Bourouboudour à Java retrace l'histoire de la doctrine de Bouddha, celui d'Angkor est une œuvre hindoue et brahmanique que le bouddhisme a utilisée, mais qui n'est point marquée de son empreinte. La grande pureté des lignes, sous la surcharge des décorations, me rappelle certaines dispositions des grands temples du sud des Indes, tels que celui de Madura et d'autres, si vivants encore aujourd'hui, encombrés de leurs multitudes de pèlerins. On retrouve

les longues perspectives de galeries perdues dans les pénombres, les hauts escaliers et les tank sacrées, les piscines d'ablutions. M. Marcel Monnier relève très heureusement des "détails de sculpture empruntés au temple de Kaïlas, près des merveilleuses grottes d'Ellora.

Le colonel Lyautey a parfaitement rendu dans un croquis crayonné près de moi, à la lueur d'une torche, un aspect tout autre et bien particulier que revêt cette architecture sous la clarté de la lune. Les profils dépourvus de leurs sculptures nous sont apparus avec des allures de monuments grecs,

les colonnettes et les portiques évoquent des souvenirs de la Renaissance. Du sommet du grand et rapide escalier qui donne accès à la galerie supérieure, et à l'éclatante lumière des nuits d'Orient, la vue sur l'ensemble du monument est admirable. L'attention n'est plus absorbée par la profusion des détails et on y comprend mieux la parfaite harmonie de cette sym-

i Dessin du colonel Lyautey)

phonie architecturale. Les aspects des phnoms (ainsi nomme-t-on les tours khmers), des galeries et des cours intérieures nous saisissent comme l'évocation d'un autre monde. Derrière les colonnes des galeries, de nombreux bonzes s'abritent, se disséminent et se dissimulent, surveillants silencieux de nos solitaires et nocturnes visites, dans lesquelles nul indigène ne se soucie de nous accompagner. Elles semblent être pour eux presque une profanation. Dans cette paix la robe jaune et la draperie d'un moine bouddhiste jettent parfois comme un éclair fulgurant sous' la clarté lunaire.

Un fonctionnaire du Cambodge nous affirme avoir assisté, à minuit, dans la pagode d'Angkor, à une bizarre cérémonie, une sorte d'incantation à la lune. Une lame brillante étincelait dans la main du chef des bonzes, tandis que sa robe jaune semblait dans une phosphorescence. On pourrait trouver dans la légende du pays l'explication de cette scène. Le soleil est le protecteur d'Angkor et la lune est son génie malfaisant. Au temps de la pleine lune les bonzes se livrent en effet à une cérémonie toute de menace à la lune. Il leur faut conjurer ses maléfices qui détruiraient Angkor si la puissance du chef bouddhiste ne les dominait. L'épée flamboyante sous la lune existe d'ailleurs, elle a près de deux mètres de longueur, et il faut se mettre à deux pour la brandir.

La seconde journée de notre visite aux ruines khmers est consacrée à Angkor Tom (Angkor-ville), la vieille cité khmer, perdue dans la brousse à six kilomètres de la merveilleuse pagode. Malgré les incidents, les secousses et les eaux qui menacent de nous envahir, la route est délicieuse dans la fraîcheur ma-

tinale, à travers l'épaisse brousse à peine défrichée, sous les grands arbres,. dans le désordre lumineux des lianes folles et des fleurs. Bientôt, dans un sentier montant, la porte du Baïon dresse devant nous son ogive géante surmontée d'une colossale tête de Brahma à quatre faces, au diadème très orné, et dont les pointes forment une sorte de tour du guet sur la porte royale. Au delà le sentier monte toujours et la forêt continue. De grandes têtes de Brahma surgissent tout à coup dans les fourrés ; des éléphants géants, monstrueux monolithes, se devinent dans la broussaille et les monuments eux-mêmes semblent des monticules couverts de verdure. Le palais du Baïon à lui seul possédait quarante-deux de ces énormes tours surmontées du colossal Bouddha à quatre faces. Sa figure apparaît de-ci, de-là, placide et imposante, son regard hautain suit les pygmées qui ont succédé à ses adorateurs; il semble se hausser et lutter pour échapper à la verdure envahissante, et, de ses faces dressées, vouloir dominer encore et toujours. Les banians eux-mêmes trouvent vie et s'élèvent sur les têtes du dieu, leurs racines grises et lisses contournent les sculptures comme de gigantesques serpents et les radicelles flottantes, blanches et ténues, semblent être la chevelure de géants à peine entrevus.

Plus loin nous arrivons au palais royal, nous montons et nous tournons longuement sur les galeries, par les escaliers et les couloirs sombres dans le dédale des ruines. Nous admirons les sculptures, les bas-reliefs toujours intéressants mais d'un abord presque périlleux. Sauf quelques beaux détails, ils nous paraissent généralement moins puissants que ceux d'Angkor Wat, que l'on dit postérieurs à la grande cité khmer. Les arbres

font une telle ombre et le recul est souvent si difficile que l'on ne peut guère prendre de photographies; et cependant, depuis quinze jours, on débroussaille pour livrer passage au gouverneur général. Dans deux mois la brousse aura repris possession de son domaine et envahi à nouveau les colosses pétrifiés qui luttent en vain contre la nature souverainement maîtresse de leurs destinées.

Entre deux monuments la forêt de plus en plus compacte dissimule les ruines; nous passons auprès de masses énormes près desquelles se perdent de hauts péristyles ornés d'éléphants, de dragons, que sais-je? Et sur le sommet d'une petite colline s'élève un immense palais. Des escaliers d'une étonnante largeur flanqués sur toute leur hauteur de tigres encore intacts conduisent jusqu'au sommet, de terrasses en terrasses.

Sans me permettre les réflexions philosophiques et les considérations qui ne seraient pas de ma compétence, je ne saurais passer sous silence le sentiment d'écrasement et de confusion qui saisit tout voyageur devant la splendeur de cet art khmer, dont le type le plus merveilleux, le mieux conservé, est Angkor Wat. On est profondément étonné et attristé de reconnaître que l'on ne sait plus rien de cette civilisation et de ce peuple dont les œuvres parlent, et que les Cambodgiens eux-mêmes ont tout oublié de leur passé. Ils disent que ces prodigieux monuments sont l'œuvre des anges ou des géants, ou bien qu'ils «naquirent d'euxmêmes». Quelques-uns pensent que le secret de cette histoire se trouvera dans la partie obscure et retirée dont j'ai parlé au centre de la tour centrale d' Angkor Wat. Les entrées en ont été murées pour la protéger,

avec quelques objets précieux qu'elle renferme, contre les rapines des t Siamois. Un fonctionnaire de Kratié qui se donne à 1 étude du sanscrit, du pâli et des religions hindoues ne doute pas que l'on ne doive trouver dans le sanctuaire des inscriptions qui nous feront connaître nettement le culte et, avec lui, le temps et l'origine du peuple auteur de ces monuments.

Ce qui est certain, c'est que devant ces grandeurs d'Ellora.deMadura, deBaalbeck, des temples d'Egypte et de ce colossal Angkor, nos architectures, nos œuvres d'art semblent de proportions bien réduites et notre vie moderne paraît singulièrement étriquée. La brousse envahissant de nouveau nos territoires d'Europe cacherait aisément nos monuments et nos belles cathédrales si le souffle d'hiver en désagrégeant nos mortiers et nos ciments ne devait aussi dépouiller nos feuillages et dévoiler nos ruines.

Deux jours après, hélas ! il fallait déjà quitter ce prodigieux Angkor à peine entrevu dans sa parure verdoyante. Dans le même ordre, mais à la belle clarté du soleil, notre caravane a rejoint les sampans qui balancent à l'arrière les éclatants drapeaux rouges du Siam sur lesquels figure l'éléphant blanc. Nous stoppons à l'entrée du Grand Lac, parmi les cimes d'arbres, buissons pour nous dans la forêt inondée. Notre bateau à vapeur est signalé et à deux heures de l'après-midi nous avons réintégré, avec tout notre fourniment, la grande maison flottante et nous reprenons la route de Pnom-Penh.

Le village de Kompong Chnang est l'une des plus fortes agglomérations de pêcheurs nomades du Tonlé

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Sap et du Mékong. Je crois que l'on m'a parlé de 15 à 20,000 habitants massés en plusieurs groupes sur une étendue de pays portant le même nom collectif. Ce village est situé entièrement sur l'eau, et il offre cette particularité de se déplacer chaque année de 1,500 mètres en aval pour remonter ensuite en amont. Toutes les maisons sont construites sur sampans, amarrés au fond du fleuve à de forts poteaux qu'ils retrouvent à chaque saison pour reprendre leurs places. Elles se serrent plus nombreuses autour d'une jolie et pittoresque pagode qui a trouvé asile sur un îlot très élevé, mais qui n'offre guère que l'espace nécessaire à son temple. La bonzerie flotte tout autour avec son cloître formé de petites cases carrées qui ont l'air de cabines de bain. C'est Kompong Chnang.

Il faisait une nuit merveilleuse lorsque notre bateau s'y est arrêté. Tout le monde reposait à bord. La pagode n'était qu'à quatre ou cinq cents mètres et le commandant du bord veut bien nous autoriser, le colonel Lyautey et moi, à nous servir de l'embarcation de la poste pour parcourir le village flottant. Jamais je n'oublierai notre jonque silencieuse, se glissant doucement dans la grand'rue de ce fantastique village : c'est comme le souvenir d'une hallucination entre deux sommeils. Les caï-nhas sont rapprochées les unes des autres, quelques canaux de distance en distance les séparent et forment de nouvelles rues. Partout l'air et la lumière sur cette eau lumineuse, tachée seulement de l'ombre des cases. L'avant des sampans-maisons porte souvent un véritable jardin verdoyant poussé dans de grands vases de fleurs. Autour de l'îlot et de la pittoresque pagode aux toits de chaume superposés l'es-

pace se fait plus large et comme plus respectueux. Seules les cases des bonzes se serrent tout autour. L'air est tiède et transparent, au loin les nuages d'orage laissent sur nos têtes le ciel profond et bleu émaillé de lointaines étoiles. Quelques rares lumières dans les maisons rappellent la présence d'êtres humains, et une ou deux barques glissent silencieuses d'un côté et de

AGE DE KOMPO.VG C H X A X G Dessin du colonel Ltadtet)

l'autre. Chaque case a ses sampans de circulation comme nous aurions sur terre notre bidet ou notre voiture. L'heure qui nous a été accordée est écoulée, un signal nous ramène au navire. D'un tacite accord, mon compagnon et moi sommes demeurés muets. Nous nous serrons la main au retour, tout émus de cette poétique apparition, et déjà le sampan de la poste se détache. Notre grosse machine reprend son grondement, la petite pagode avec ses nombreuses cases s'estompent dans le lointain. Sur le pont il fait doux et chaud, tout

le monde repose, et je réintègre ma moustiquaire. J'entends vaguement plus tard l'orage qui se déchaîne; la pluie recommence à tomber et inonde les passagers de tribord; puis, je n'entends plus rien jusqu'au premier rayon de soleil qui vient me brûler les yeux et m'oblige à quitter mon lit de camp. Ai-je rêvé cet étrange paysage sous cette lumière indéfinissable et toujours variée des pays d'Orient? Sur quelle planète inconnue ai-je vu ce village? Dans un mois, il n'y aura plus personne autour de la petite pagode, rien que les noirs poteaux d'attache au milieu des eaux abaissées sur l'herbe naissante.

Le génie du Mékong qui commande à ses eaux de ne plus remonter vers le Grand Lac et de redescendre fertiliser le delta a bien voulu nous attendre à Pnom- Penh pour cette cérémonie. Les flots sont retenus, paraît-il, par une simple corde, un fil invisible que le roi du Cambodge doit couper d'un geste pour permettre aux eaux de redescendre vers la mer. La « Fête des Eaux» est ordinairement fixée au 21 novembre, et elle dure trois jours; mais cette année, à cause du voyage du gouverneur général, elle est avancée d'un mois. Il n'importe que les eaux aient déjà commencé de redescendre, elles ne descendront pour les Cambodgiens que lorsque le roi aura coupé le fil.

La fête consiste en véritables régates : un pavillon pour le roi, pour le gouverneur général et pour les personnages officiels est élevé sur l'eau en bonne place. Je me mêle longuement au populaire avant de me rendre à la tribune d'honneur. A l'arrivée du roi et de son protecteur on tire le canon et les régates commencent.

Sa Majesté Norodom est le plus drôle de petit vieillard que j'aie jamais vu, tout frétillant et faisant l'aimable, ses jambes menues donnent idée d'un joujou monté sur fil de fer. Il a des yeux pleins de malice, et l'on comprend qu'il devait être remarquablement intelligent avant que les années et les excès de la vie royale eussent usé ce petit corps tout de nerfs. Il porte le sur on g bien pantalonné, des bas de soie noirs qui effilent ses tibias, des souliers vernis, un habit de couleur tout couvert de broderies et un képi orné d'une dentelle blanche. Le second roi, frère du roi selon la mode orientale du Cambodge, comme du Siam et du Laos, est près de lui.

Les pirogues très étroites ont un équipage de quarante rameurs, et au milieu de chacune d'elles un bouffon debout gesticule avec des tournements de mains et de bras excentriques. Il récite une sorte de monologue chanté, coupé en mesure par des ha yà yà yà. Lorsque j'en ai demandé l'explication, le résident général m'a répondu que c'étaient des paroles obscènes qu'il ne se permettrait pas de me traduire. Aux courses des rameurs assis ont succédé les courses des rameurs debout. Les pirogues faisaient un long détour et revenaient devant nous par une grande volte à un point qui représentait le «poteau». La course avait commencé presque à la nuit tombante, et, comme il n'y a pas de crépuscule, le merveilleux paysage s'est trouvé rapidement baigné dans une lumière plombée, reflet des nuages où se préparent les orages. Quelques grands navires dans la vaste rade d'eau douce illuminaient leurs vergues, des barques promenaient des animaux en baudruche éclairés, et les pirogues se préci-

pitaient et se succédaient sur le miroir de cette eau lumineuse dans une clarté intense, une clarté que ne connaît pas notre Occident. Dans une chaloupe à vapeur on tirait à distance un petit feu d'artifice, et au fond du tableau, dans le ciel tourmenté et romantique d'un Gustave Doré, les éclairs sillonnaient les nuages noirs, les embrasant par derrière comme un immense et fantastique incendie.

Le ministre de la guerre, le colonel de Monteino, métis de Polonais et de Siamoise, préside, le troisième jour, au départ des jonques. Elles doivent se rangerune cinquantaine, bien en ligne, et s'arrêter net « sur le fil » qui retient les eaux. A un signal du roi le ministre s'avance dans son canot pour couper «d'un geste» le fil traditionnel. Autrefois on se servait d'un grand sabre.% Tout se perd, mais les eaux du Mékong n'en sont pas moins lâchées, et avec elles les cinquante pirogues. Elles s'élancent toujours en ligne jusqu'à ce que tout à coup elles se précipitent vertigineusement pour gagner le grand prix.

Le soir Norodom offre au gouverneur général une grande représentation de ses danseuses;' malheureusement des torchères, aveuglantes et fumeuses, placées entre la scène et la grande tribune, ôtent quelque charme au spectacle. Les indigènes ne passent devant le trône du roi, même inoccupé, qu'en se traînant à terre, et c'est chose tout à fait comique de voir les hommes chargés d'entretenir l'huile sur les mèches des lampes se traîner de côté très rapidement, une vulgaire bouteille à la main, avec l'allure d'un chien qui marcherait sur trois pattes.

Ce sont les mêmes danses qu'au Siam; les cos-

tûmes des danseuses, de la plus grande richesse, étincellent de pierres précieuses. Scènes du Ramayana, filles du ciel et génies, scènes d'amour et d'enlèvement. Ces femmes, d'une souplesse, d'une grâce féline extrêmes, sont presque toutes jolies, très fines, très menues. Celles qui remplissent les rôles d'hommes sont assez grandes. Toutes doivent se maintenir longtemps en des poses qui doivent être fatigantes à l'extrême. Tantôt lents, tantôt précipités, les mouvements ont un moelleux charmant et jusqu'à des souplesses qui évoqueraient, s'il s'agissait d'Européennes, la pensée des désarticulations enfantines. Les torsions des mains et des doigts sont étrangement originales, et particulièrement les /aïs, les salutations, s'exécutent avec une harmonie exquise.

La visite du gouverneur général au roi Norodom était terminée, et le lendemain de la «Fête des Eaux» nous remontions à bord du Mékong. A travers cette étrange «Plaine des Joncs», revue avec plaisir et sans incidents, nous descendions le grand fleuve jusqu'à Mytho. De là, en trois heures, nous arrivions à Saigon, où je devais séjourner quelques jours avant de reprendre la mer pour aller à Bangkok.

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