‹ Comment je suis communisteChapitre 3 sur 27 · S 2. — DÉLOYAUTÉ DU NA TIONÂL DANS SON ARTICLE DU 10 AYBIL · texte numérisé non relu

S 2. — DÉLOYAUTÉ DU NA TIONÂL DANS SON ARTICLE DU 10 AYBIL

« M. Cabet s'étonne que nous ayons répondu a ses brochures. »

Non ; vous dénaturez ma lettre ! Vous me faites dire ce que je n'ai pas dit ! ftelisez cotte lettre du \ \ avril (page 45.) ; je m'y é ton no \ ° que vous ayez répondu si tard, après le vote de la loi ; 2° que vous m'ayez attaqué personnellement , au lieu de répondre à mes brochures.

« Il ne suppose pas que nous ayons pu essayer de le faire autrement que par une vue intérêt personnel. t>

Non , je ne supposais pas, mais j'affirmais et je démontrais que vous ne m'attaquiez que dans votre utilité privée, puisque je rappelais que je vous avais deux fois proposé une discussion orale et contradictoire avant le vote de la loi , quand la discussion pouvait avoir quelqu'utilité publique. N'est-il pas évident, en effet, que, si vous aviez consulté l'intérêt général , vous auriez parlé avant h vole et gardé le silence après, quand votre attaque ne pouvait qu'augmenter la division et l'irritation ? Vous avez fait tout le contraire de ce que devaient faire de bons citoyens !

a Une telle manière d'argumenter nous dispense de pousser plus loin la polémique avec M. Cabet.

Non , la manière d'argumenter dont vous parlez n'est

Sas la mienne! Vous l'imaginez pour esquiver la difculte !

a Le principal objet de la lettre qae nous aurions dû recevoir paratt être , au reste , de nous prier d'annoncer une nouvelle brochure de M. Cabet, qui doit paraître le 25. »

A 9 Non, je ne vous ai pasprt'é; je ne devais ni ne voulais vous prter ; je pouvais vous requérir et vous sommer par huissier; car, votre accusation contre moi se trouvant dans votre journal , c'est dans votre journal que devait se trouver ma première défense ; mais je n'ai

pas voulu vous requérir ; résolu à employer tous les ménagements conciliables avec ma propre dignité, je vous ai demandé.... — 2° Non, je ne vous ai pas prié d'annoncer une nouvelle brochure , qui pouvait ressembler aux trois premières , annonce qui n'aurait pas beaucoup intéressé vos lecteurs ; mais je vous ai demandé deux choses , de les prévenir que je répondrais catégoriquement à toutes vos attaques directes et indirectes , et d'insérer ma lettre pour apprendre que je vous avais proposé deux fois une discussion orale et contradictoire. Si vous aviez inséré ma lettre , elle aurait ouvert les yeux de vos lecteurs ; mais c'est ce que vous ne vouliez pas , et c'est pourquoi vous n'avez pas fait l'insertion demandée. Estce là de la loyauté ?

« Nous n'avons pas reçu la lettre de M. Cabet. »

Non , la chose est incroyable pour moi ; et toutes les ruses , pour ne rien dire de plus, que je viens de signaler la rendent plus incroyable encore. La lettre a été affranchie et enregistrée ; la Poste affirme qu'elle vous Ta remise : si vous l'accusez d'infidélité , criez, tonnez contre elle î D'ailleurs, vous pouviez prendre cette lettre sur l'un des trois journaux qui l'avaient insérée : pourquoi donc ne l'avez-vous pas insérée comme je vous le demandais?

cr En faisant ainsi l'annonce de M. Cabet, nos lecteurs ne croiront pas, et nous ne croyons pas nous-mêmes, qu'il y ait là acte d'impartialité. »

Défigurer ainsi ma lettre c'est en effet l'acte de la plus révoltante partialité en votre faveur : mais ce n'est pas ce que vous vouliez faire entendre par ce mot impartialité; vous entendiez sans doute dire que ma nouvelle brochure serait bien ridicule ; qu'elle vous ferait plus de bien que de mal; et qu'en l'annonçant vous faisiez une chose qui vous était avantageuse, par conséquent un acte de partialité. Si c'était là votre pensée, je pourrais remarquer que ce serait une mauvaise ironie plus digne d'un scapin ou d'un paillasse de rue que d'un écrivain sérieux. Du reste, je craignais que l'annonce de nia

nouvelle brochure ne vous fût désagréable; mais vous me rassurez : si elle vous fait plaisir, tant mieux! nous serons tous contents !

Mais, en vérité, je ne conçois pas que, dans cet article du 46 avril, vous ayez pu mettre autant de mensonges que de lignes et presque de mots. Quel beau jeu vous me donnez contre vous! Quelle maladresse de votre part ! Quelle audace ! Comment avez-vous pu croire que vous en imposeriez toujours au public? Le prenez-vous donc pour un tas d'aveugles et d'imbéciles? Vous ai-je donc donné le droit de compter que je n'oserais ou ne saurais dévoiler vos déloyautés? J'ai vraiment honte d'avoir à relever tant de fautes, tant de niaiseries, tant de misères, tant d'indignités, dans un journal qui s'appelle le National!

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