‹ Comment je suis communisteChapitre 4 sur 27 · S 3- — DÉLOYAUTÉ DU NATIONAL DANS SON ARTICLE DU 13 AVRIL · texte numérisé non relu

S 3- — DÉLOYAUTÉ DU NATIONAL DANS SON ARTICLE DU 13 AVRIL

Relisez cet article {pageiS).

Non , le Journal du Peuple n'était pas désireux de s'associer à vos vœux de conciliation par lesquels vous terminiez votre long article du 40, puisqu'il vous attaquait vivement, puisqu'il vous reprochait précisément de n'avoir pas imité le journal de Toulouse, et d'avoir publié, le matin même, un long article propre à entretenir, après coup, les divisions et les animositès.

Non, les rédacteurs du Journal du Veuple n'ont pas reconnu le peu de fondement des insinuations risquées par moi, puisqu'ils ne sont en dissentiment avec moi que sur Vimportance ou l'influence que je vous reconnais et qu'ils dénient : il n'y a pas de quoi vous targuer de leur opinion sur votre compte!

Non, il n'est pas vrai que vous soyez loin de me faire un reproche de ce que vous appelez mes variations, puisque vous me les reprochiez formellement dans votre long article du 40. Si vous ne m'accusez plus à cet égard , c'est que vous reconnaissez , trop tard , combien votre accusation était absurde, combien elle vous ridiculisait; vous reculez devant moi comme devant le Journal du Peuple! Et en même temps, chose étrange! vous avancez

mx nous avec l'insultante ironie d'un vainqueur , en ajoutant :

a Nous avons , au reste , l'espoir que tous ils ne tarderont pas à reconnaître que notre victoire est la victoire du parti national ; nous espérons que, revenus de certaines craintes, bien excusables d'ailleurs, ils se réjouiront unanimement de ce qu'une arme puissante contre l'intervention étrangère a été conquise *par la France. »

N'est-ce pas dire : Vous êtes des imbéciles, vous tous qui avez tant crié et qui criez encore tant contre les bastilles; vous êtes des poltrons, des fous et des ingrats; mais nous vous excusons et vous pardonnons !

§ 4. — DÉ LOYAUTÉ DU N.i TION.îL DANS SON ARTICLE DU 22 FÉVRIER.

Relisez cet article (pag. 5).

\° Non , il n'est pas vrai que ma brochure ne contenait aucun argument nouveau. Ce serait un prétexte trop facile pour se dispenser de répondre aux objections les plus nouvelles et les plus victorieuses, en imitant le renard de la fable, qui saute vingt fois pour saisir un raisin parfaitement mur, et qui, ne pouvant l'atteindre, s'écrie fièrement : Il est trop vert ; je ne veux pas le cueillir! Et moi, dont l'affirmation vaut bien, sous tous les rapports, celle de M. Marrast ou même de M. Bastide, je soutiens que les arguments étaient nouveaux, au moins quant à la forme, quant à l'enchaînement, quant aux opinions politiques de celui qui les présentait; je soutiens qu'il fallait y répondre ; je soutiens qu'on n'y a pas répondu parce qu'on ne le pouvait pas ; je soutiens que les arguments, anciens ou nouveaux, auraient converti beaucoup de lecteurs du National , s'il ne les leur avait pas cachés.

2° Le National prétend qu'il n'a passoutenu M. Thiers: tout-à-Pheure , je lui prouverai le contraire.

2° Le National fait grand bruit de la bonne foi qu'il a montrée en insérant des lettres qui pouvaient renverser le projet des bastilles ; il va nie son soin scrupuleux à ne passer sous silence aucun des arguments qu'on pouvait présenter contre son opinion : il reconnaît par là que cette bounefoi, ce soin scrupuleux, étaient rigoureuse-

ment son devoir : eh bien! nous l'accusons précisément de mauvaise foi, de déloyauté, pour avoir constamment caché les éléments de la discussion, les pièces et les opinions contraires , pour avoir souvent altéré et dénaturé les faits , pour avoir trompé ses lecteurs et trompé la presse des départements. Quant à l'insertion des lettres, pourquoi tant de jactance? Est-ce que îe Commerce ne les a pas insérées, et plus au long? Est-ce qu'il pouvait se dispenser de les insérer aussi? C'aurait été très avantageux pour lui , vraiment, s'il ne les avait pas insérées, quand le Commerce et quatre autres journaux les rnsé<raient! Et s'il était vrai qu'il eût d'abord décidé la noninsertion, et qu'il ne se fut déterminé à la publication <jue parce que quelqu'un lui affirma que If Commerce allaft les publier et lui dit qu'il se perdrait en ne les insérant pas lui-même,...! Oserait-il bien nier cette circonstance?

4° Le National déplore plus que personne lestfttrmofis! Non, ce n'est là qu'un langage à la Tartuffe; c'est le National qui les a volontairement excitées, lorsqu'il savait que le Comité central réformiste et tout le parti réformiste ou démocrate voulaient absolument signêr, dès le commencement , une protestation contre toute fortification. Et puis, s"il déplorait les divisions, pourquoi refusait-il le seul moyen de les faire cesser, la discussion orale et contradictoire que je lui proposais, discussion qui pouvait rallier tous les démocrates contre ou pour les fortifications? Reculer devant cette discussion, n'étaitce pas s'avouer vaincu et coupable en persévérant? Et pourquoi a-t-il caché cette proposition à ses lecteurs? Etait-ce encore là un argument ancien auquel il était inutile de répondre?

§ 5. — LA CONDUITE d'aRAGO EST LA PLUS ÉCLATANTE CONDAM- NATION DU NATIONAL» »

Le 5 août, Arago demande une enceinte continue, mais en terre seulement et sans, aucun fort. — Et fe National approuve dès qu'il parait, le 12 septembre, fe plan de M. Thiers, une enceinte en pierre» avec dixhu%( ou vingt forts f

Pendant sa tournée presque triomphale dans le Midi, Arago crie vive Venccintel mais il ajoute toujours anathème aux forts. — Et le National demande toujours les forts !

A la tribune, le 29 janvier, Arago démontre que les forts domineraient et maîtriseraient l'enceinte; qu'ils seraient aisément pris par l'ennejMi ; que l'ennemi serait alors maître de l'enceinte; que les forts seuls ou joints à l'enceinte seraient funestes ; et que l'étranger désirait qu'on fit des forts : il conjure la Chambre de repousser les forts excepté trois. — Et le National supplié les Députés de les accorder tous !

Arago vote contre la loi. — Et le National le salue avec des cris de joie, en la présentant comme le plus grand des bienfaits, en flétrissant comme des imbéciles ou des légitimistes ou des traîtres tous ceux qui Font repoussée!

Arago est tellement prononcé contre la loi qu'il imprime, avant le 54 mars, une brochure, pour, la distribuer aux Pairs, afin de les empêcher d'adopter la loi.

— Il dit, page* 8 :

« Suivant moi, la loi, telle que le Ministère et la Chambre des Députés l'ont faite, aura tôt ou tard de déplorables conséquences

Je publie mon discours parce que je me persuade que la Chambre des Pairs aura le bon esprit de modifier le projet.»

Arago ajoute, page 9 :

« Il m'eût suffi, à mon sens, que les faits nombreux qu'il m f a été donné de recueillir puissent faire perdre un seul partisan au système des forts détachés pour justifier ma publication. A plus forte raison ne dois-je pas hésiter lorsque des suffrages illustres, lorsque les adhésions d'autorités militaires de l'ordre \epltts élevé, m'ont fait entrevoir et espérer de nombreuses conversions. »

Ainsi Arago, confirmé dans son opinion par des suffrages illustres et par l'adhésion de militaires de l'autorité h plus élevée, croit la loi si funeste et met tant d'importance à lui enlever même un seul partisan, qu'il fait imprimer une brochure de -1 58 pages! — Et le Na tional s opiniâtre à demander la loi à la Pairie, en sou-

tenant qu'il n'y a que des Pairs légitimistes ou vendus à V Etranger qui peuvent la repousser ! I !

Et cependant le National appelle Arago notre illustre savant y jouissant de cette grande influence que donnent le génie et le renom du plus constant patriotisme. — Je ratifie sans restriction tous ces éloges : mais comment le National ne sent-il pas que le public ne pourra comprendre qu' Arago ait eu si peu d'influence sur lui ? Il met donc son génie bien au-dessus du génie d 1 Arago ? Ah oui! je le dis sans hésiter, la conduite d' Arago est la plus éclatante condamnation du Nationall

Et si , le lendemain du vote de la fatale loi, les Français s'étaient divisés en deux camps pour commencer la guerre civile au sujet des bastilles, Arago aurait été dans Tun avec l'extrême gauche et le Peuple , et le National dans l'autre avec tous les hommes de Louis-Philippe , avec M. Thiers, Guizot, etc.! Arago aurait fusillé leNational et le National aurait mitraillé Arago !!!

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