ARAGO CALOMNIÉ 1»AK LA PRESSE MINISTÉRIELLE EN
Quiconque se dévoue pour faire le bien public en attaquant le Pouvoir peut être sur d'être injurié et calomnié. Arago le fut en 1855, par la Cour et ses journaux, comme je le suis en -1841 par le National.
Le 24 juillet \ 855, dans une lettre à ce journal, Arago disait (page 455 de sa brochure) :
« Je ne m'aveugle pas sur Y irritation que cette lettre va soulever contre moi : je n'hésite pa6 cependant à la publier. Lorsque j'aurai accompli mon devoir, ce sera au public parisien à faire le sien. »
Résolu comme lui, attaqué comme lui, je suis comme lui forcé de me défendre.
11 disait (page \ 49) :
«En toute autre circonstance j'aurais pu mépriser les insinuations, les attaques directes et personnelles... Aujourd'hui, je n'ai pas le droit de me montrer aussi indifférent. Puisqu'on l'a rendu nécessaire, il faut, malgré toute ma répugnance, que je parle de ma position. »
On l'accusait d'être un homme de parti, un tribun, un
ambitieux : c'est moins que ce que le National me l*e«* proche! — Il répondait (page 454) :
« Lorsque le jésuite Brisacier appela Pascal porte d'enfer, l'illustre auteur des Provinciales se contenta de répliquer : Mentiris inipudentissimè. Comment prouver, en effet , qu'où n'est pas une porte d'enfer? J'aurais bien pu moi-môme me trouver réduit, pour toute réponse , au mentiris impudentissimè de Pascal. Les circonstances m'ont heureusement servi de manière à pouvoir aborder nettement le reproche d'ambition. •
Je ne sais si, parmi ceux qui m'attaquent, se trouve quelquejésuite: mais je pourrai donc, moi aussi, comme Pascal et comme Arago, me servir du vous mentez impudemment.