‹ Comment l'ancienne Germanie est entrée dans la société civilisée de l'Europe occidentale et lui a servi de barrière contre les invasions du Nord mémoire lu à l'Académie des sciences morales et politiques par m. MignetChapitre 11 sur 31 · BANS LA SOCIÉTÉ CEÏILISÉE DE L* EUROPE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

BANS LA SOCIÉTÉ CEÏILISÉE DE L* EUROPE OCCIDENTALE

averti qu'il y perdrait la vie. Mais le hardi Liafwin , inaccessible à la crainte, ne s'y présenta pas moins; et an moment où les Saxons allaient commencer leurs sacrifices , il éleva la voix pour les en détourner.

«Les idoles que vous croyez des dieux, leur dit-il, ne «vivent ni ne sentent, car elles sont l'œuvre des hommes. «Elles ne peuvent s'aider elles-mêmes, ni aider les autres. h C'est pourquoi le ûïeu seul bon, seul juste, ayant pitié de i vos erreurs, m'a envoyé vers vous. Mais ai vous ne voulez «point renoncer à vos iniquités, je vous annonce qu'il Tondra «sur vous une trihulation inattendue. Car le roi du ciel et «des siècles a décrété qu'un roi fort, vaillant et prudent, <l allait venir non de loin , mais dé près, tomber comme un « torrent rapide pour amollir la dureté de vos cœurs féroces, « et réprimer la présomption de vos rudes cervelles. D'un « élan , il envahira votre contrée, qu'il dévastera avec le fer a et le feu , et il dispersera dans l'esclavage vos femmes et vos « enfants (i). a

La prédication de Liafwin était plus propre à faire de lui un martyr qua gagner au christianisme des prosélytes parmi les Saxons. Ceux-ci, d'abord surpris, ensuite furieux, le

(i) PrceordinaTÏt namque rcx cœlorum omniuraque secculurum rpgem fonem, prudent™, et acerrimum, non de longinnuo se.it de proiimo iusur tum-Nii'. r;i[iiilijïïini |>rri;iiT-:irn.!!ii emol tiendra duri cordisvestri

Ltbutni, iliïd., p. 36 1.

saisirent en criant : — « Périsse l'ennemi de nos sacrifices et n de notre patrie. » — Comme ils allaient le massacrer, l'un d'eux , plus calme et plus hospitalier, leur dit : — » Souvent « il nous est venu , de la part des Normands ou des Slaves, o des ambassadeurs que nous avons reçus en paix, et voici o l'ambassadeur d'un Dieu que nous mettrions à mort (i). » Ces paroles le sauvèrent. Les Saxons le laissèrent partir, et le conquérant que Liafwin leur avait annoncé, et qui seul pouvait les convertir, parut bientôt sur leur territoire à la tète de ses guerriers francs.

Ce fut en 772, dix-sept ans après la mort de Bonifaee, que Cliarlemagne commença ses expéditions contre les Saxons. En 768 , au moment même où il avait remplacé son père Pépin , il avait appelé auprès de lui Sturm pour le consulter. Iles 770, dit le biographe de Sturm, le roi avait cherché comment il pourrait acquérir au Christ te peuple des Saxons qui était si cruel, si dangereux et si adonné au paganisme (2). Il ajoute : — «Ayant pris conseil des serviteurs de Dieu, rassemblé une grande armée, invoqué le nom du Christ, il partit pour la Saxe, accompagné de tous les prêtres, abbés, docteurs et cultivateurs de la foi qui pouvaient imposer à ce peuple le doux et léger joug du Christ (3). »

(1) Vit. S. Lduin., ibiJ. : p. 363.

[1) ReicngiliiiiM d j.il ijniliTii li.ii;r (Summum gens Sffva et iiifcsllssima cunrlii fuit « pagmiis iiti]ui> tiimi. ilrilili} Clm.to ;k]<[ ni rerc quiïissel. — Vil. S. Sturm. Apud. P.bti, «oaum. Germ. I. 1] , p. 3;6.

(1) Jnilu 5t'[-nii-um lli i coriailiii... ton^n'jjali) (:mi ;jrji;([i i-xi-mlu, invo- 1

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