DANS LA SOCIÉTÉ CIVILISÉE »E 1.' EUROPE OCCIDENTALE. H
, ' L'entreprise de Qiarlemagne fut à la fois militaire et ecelé" siastique, elle eut le double but de vaincre et de civiliser. Elle ne sembla d'abord rencontrer aucun obstacle sérieux. Charlemagne prit le castrum d'Eresburg , pénétra au milieu du pays saxon , renversa le temple d'Irmlnsul , dont l'idole fut enterrée sur le bord du Weser; et, par ses armes, ses présents, ses persuasions, avec l'aide de Sturm et des moines de Fulde, il amena les Saxons à une obéissance et à une conversion apparentes (i). Il quitta leur pays, après avoir reçu d'eux douze otages. Mais, les deux années suivantes, pendant qu'il était occupé en Italie de la guerre contre les I.ongobards, dont il renversa la domination déjà ébranlée par son père, les Saxons s'insurgèrent en Germanie et poursuivirent les missionnaires jusqu'au monastère de Fritïlar (a).
A son retour, Cliarlemagne tint une assemblée générale des guerriers francs à Duren , passa ie Rliin, prit le castrum de Siglmrg, situé un peu au delà du Rhin , mit une garnison à Eresburg; et, après avoir battu dans deux combats les Saxons qui cherchaient a défendre les passages du Weser, il replaça sous son autorité et les Saxons de l'Est qui s'appelaient Otsphaliens , et ceux de l'Ouest qui s'appelaient Vest-
libiu, abbulibus, presbyLeril, et omnibus orthodoiis ïtque fidei culturïbus ut gemem quj; ab initio mundi demonum vincuHs fuerat obligaut i}uctriim sacris mite et suave Christi jugum credendo jfubire fecisaent. ■ — VU. R Sturm., ibid.,p. 376'.
(1) l.iMiAïu'i jfiM. ad >D.;7l,apud Pian, Momm., hl, p. ,5t. — Vil. S. Sturm., ib.,t.II, p. 3j6.
(a) Ei.iuibdi Ann. idin. — Apud I'bitt, ib, , p. i53.
la/i suk l'imtboulctiom de l'ancienne c.rrhanie pbaliens (i). Mais celte seconde soumission ne fut ni plus sincère ni plus durable que la première. A peine les Saxons surent-ils que C li arle magne était redescendu en Itaiie, où l'appelaient !a défense et l'organisation du nouveau royaume franc, qu'ils reprirent les armes, s'emparèrent d'Eresburg et assiégèrent Sigcburg.
Charlemagne envahît une troisième fois leur pays , rétablit
sur les bords de la Lippe, où ils vinrent en foule se faire baptiser, lui donner des otages, et où il construisit une forteresse (Lippstadt), dans laquelle il laissa garnison (a). Afin de les maintenir dans la fidélité qu'ils lui avaient promise, il partit l'année suivante (777) de Nimègue, pour aller tenir un ebamp de mai au milieu d'eux. Il convoqua à Paderborn l'ordre des Edeling et la masse du peuple saxon. Tous y vinrent, à l'exception de Wilikind, l'un des chefs westphales qui s'était réfugié chez, le roi des Danois, Sigil'rid (3). Charlcmugne fit baptiser une grande multitude de Saxons, qui
Donnaient désormais au christianisme et à la fidélité qu'ils promirent à lui et à ses iils. Il partit ensuite pour le nord de
(1) Ehuubd., J»n. ad ati. 77D. — Apud I>ïr«, p. i53-i55.
{2) Ih. adan. 77G, p. 157. — Aercsburgo castro nund dimium erai rc siaurntu , alioque caslello super Lippiam conitruclo, ïl in utroquî non modico prvsidici rclicto.
(3) II., adan. 777, p. 1S7.Q. Nam dunctl ad eu m venerunt, pneler Widicliindum U[| uni es princi|iil.in WV.lLiiaurnni , qui... ad Sigifriiluni Danorum reçero, profngtrat.
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