‹ Comment l'ancienne Germanie est entrée dans la société civilisée de l'Europe occidentale et lui a servi de barrière contre les invasions du Nord mémoire lu à l'Académie des sciences morales et politiques par m. MignetChapitre 13 sur 31 · DANS LA SOCIETE CIVILISÉE DE LEUWB OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

DANS LA SOCIETE CIVILISÉE DE LEUWB OCCIDENTALE

l'Espagne, où l'appelaient les Arabes de Saragosse, dont les députés étaient venus lui offrir à Paderborn le pays situé entre les Pyrénées et l'Èbre (1).

Les Saxons profitèrent de son éloignement pour s'insurger encore. Ils se portèrent jusqu'au Rhin qu'ils ne purent franchir, niais dont ils ravagèrent les bords entre DuiU et Coblenti. Cliarlemagne marcha une quatrième ibis contre eu*. Il les battit à plusieurs reprises , envahit et occupa leur territoire pendant trois années de suite. Il soumit tout le pays jusqu'à l'Elbe (a). Il avait confié la partie orientale de la Saxe aux missions de Sturm et des moines de Fulde (3); il chargea l'Anglo-Saxon Wiliehad, qui lui avait été désigné par Lui], de convertir les païens entre l'Ems et l'Elbe(4), et il préposa le Frison Liudger, arrière-disciple de Boniface, à la prédication du christianisme entre l'Ems et l'Issel (5). Le siège de celui-ci fut établi dans le Suthcrgotvc , ou canlon du Sud, à Mimigeneford (Munster), sur l'Ems. Liudger avait déjà été l'apôtre ou le docteur des Frisons orientaux dans les cinq cantons qu'ils habitaient dans le voisinage de Groningue (6).

(i) Ibid., idan. y-y, p. i5g. — Venit in eociem Inroar leinpore ad legii praaenliam doHiipania Sarracemii quidam nomiiie Ibiti al Arabï,eum alîii Sarracenis Jociis «lis, dedens se ac civitalcs, quibus euro rci SarraCïno- Vurn prœfecerat.

(a) E.„im,Di Ann., ib., ad an. jjS^g^c.

(3) fit. S. StumU, apud Pian, i. 11, p. 386,

(4) Kit. S. ifillchad. Apud l'uvvi.Monum., t.U, p.370-381.

(5) fit. S. Uutlg. Mimigardeferdcnsii (Munsler) cpii. Apud PtïTi, ilonum., t. II. n. dr 1.

lo6 SUH I.' INTRODUCTION DE l'aNCLENNE GERHANIE

Pour arracher le pays à sa barbarie et à ses habitudes d'insurrection , Charlemagnc le divisa en diocèses ; il y fonda des églises et des monastères; il y construisit des châteaux. Il y établit huit évëchés qui turent : Brème, Ilalberstadt , Hildesheim , Verden , Paderborn, Minden , Asetihurg et Munsler , dont il fixa lui-même la circonscription, et à la tète desquels il plaça des hommes habiles (1). II leur assura des terres et des revenus. ]| agit d'une manière systématique. On en jugera par ce qu'il en dit lui-même dans l'édit d'institution des épiscopats donné un peu plus tard : — a Si avec l'aide du Dieu des armées, nous avons remporté la o victoire, nous nous en glorifions en lui, non en nous, et « nous avons voulu acquérir en ce siècle la paix et dans o l'autre la récompense éternelle. Que tous les fidèles s chrétiens sachent que les Saxons qui n'avaient pu êtredompo tés par nos pères, qui s'étaient montrés longtemps rebelles a à notre pouvoir, et que nous avons enfin vaincus et baptisés a par la puissance de Dieu plus que parla notre, ont été par a nous rendus à leur liberté et affranchis de tout tribut à a notre personne, pour devenir tributaires et sujets de celui a qui nous a donné la victoire. Tous ceux que nous avons «vaincus, devront, riches et pauvres, payer à J. C. et à ses a prêtres, la dime de leurs troupeaux et de leurs fruits , de o leurs chiimps et de leurs vivres.

a C'est pourquoi , réduisant leur pays en province selon l*

(i) Eodem a un u rei in Saioniam venisse tradilur, eamquc ditïusw in odo npiscoplus Drcniciucm, etc.. quibua terminoj el ipae oonsuiuil, ilcin cpûcoptu. — Uahiu.., Ann. ordin. S. Ilened. , l. Il, p. a5g.

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