‹ Comment l'ancienne Germanie est entrée dans la société civilisée de l'Europe occidentale et lui a servi de barrière contre les invasions du Nord mémoire lu à l'Académie des sciences morales et politiques par m. MignetChapitre 16 sur 31 · DANS LA SOCIÉTÉ CIVILISÉE OE LEUIIOI'E OCCIDENTALE. I · texte numérisé non relu

DANS LA SOCIÉTÉ CIVILISÉE OE LEUIIOI'E OCCIDENTALE. I

peuples : elles les empêchent de se déplacer. Situées dans des lieux favorables , sur des hauteurs ou sur des cours d'eau, défendues par des fosses et des murailles, protégées par la réputation d'un saint, le respect d'une abbaye, l'autorité d'une église, elles reçurent et formèrent une population particulière, qui fut plus tard le principal élément de la société moderne.

I* dernier et le plus grand bienfait que l'Allemagne dut à la conquête chrétienne, fut la culture de l'esprit. Elle acquit par là mieux que ce qui lui était communiqué , car elle apprit à se servir de l'instrument supérieur à l'aide duquel l'homme s'épure, la famille se perfectionne, la société

s'améliore, le territoire se défend et se leionde. T.rs études occidentales s'y introduisirent par les abbayes. Quel était leur état et en quni consist-iient-ellcs. 1 I/'S* écoles publiques, fondées par les Koniains dans la C.aule't;, avaient péri an nord de cette contrée après les invasions, et elles avaient beaucoup décliné au midi. Celles d'Autun et de Lyon s'étaient maintenues jusqu'au VIT siècle. Heureusement, les églises, et les monastères avaient conservé en héritage une partie , faible il est vrai, du savoir antique. L'on y enseignait ee qu'on appelait les sept arts libéraux , ou le trivium, composé de la grammaire, de la rhétorique , de la philosophie, et le qiiadr'wiuin, comprenant l';irith métique, la musique, la géométrie, l'astronomie. On les y enseignait d'après le livre que Mar-

(l) HUloire littéraire de la France, par la religieux bénédictin, de I* congrégation de S. Mrnir, \n-f ; Parti. T. I, p. 343-3«;(. III, p. 3; iiS

1 34 SUH '.'[NTBODUCTION DE L'ANCIENNE GERMABIE

tianus Félix Capella avait écrit à ce sujet dans le V< siècle, et qui se divisait en sept traités(i). Outre le livre de Martianua Capella, on se servait des écrits de Cassiodorc sur les sept arts libéraux (a), et surtout des traductions et des commentaires de Boëce. On avait Virgile, Cicéron, Horace, etc., la grammaire de Vairon, des principes de dialectique attribués à saint Augustin (3), des versions latines d'une grande partie de YOrganum d'Aristote, de l'arithmétique de Nicomaque, des éléments d'Euclide, de la mécanique d'Àrehimède, et du système astronomique de Ptolomée(4). Ces précieux fragments

(i)V. Minium M.™ i n.i !.«,,:: • .et Deieptein arùbm Uberalibus liltri singularea en.enllaii et DOtU, sive Ftliruii Huo. Ghotii Illustrai! ; ei officina plantiniana, 1S99, in-8».

(a) V. Anna, (lissronon. SfciiT. Opéra, De jeplem disciplina.

(3) Principia ttialectica: , lieecm categoria, 1. 1 , de ledit, des Bénédictins. — TsMHtninï, Muni,.:! jihilnsophie , t. I., ch. 3, S aa3, p. 357.

(4) Tranjlationibusenimtnis Pjthagonismusicus, Ptolomeus utronomtu leguntur Itab's : Nicliomachui arithmeticui, geoinetricus Euelidej audiuntur Ausonïis : PJato tbeologus, Ariatoteles logicug quirinale vocediaceptam. Meclianicum eiiam Airhimedeui Laiïalem Siculis reddidisti, elquasdumque disciplinas vel artes ftecunda Grcscia per singuloa viros edidit, le uno enclore, ptrio semione Roma luicepil. — Cission., Lettre écrite à Boëce, au nom de Théodoiic.

Ego omnfi Aristotelis npui quodeumque in manu yenerit , in romanutn stvlum vertens, corum omnium commenta latina oratione prtcacribain. — BoaTH,, in Comm, de Uh, interprétât.

guriai tranitulit de griEcu in latinum et ejposuerit, qund ante pnpdicamçnia,quodlibrosd^ ililf^i n.iw j ill tu^ii^iii.^LL L dijk L clicaf et rhetoric?

et diatiltetione rhelnricorum locuruni, de communi p rîcdka lion e putes lalis

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