DANS H SOCIÉTÉ CIVILISEE DE LEUHOPE OCCIDENTALE
écrits sur les arts libéraux depuis Itoëce et Martianus Capclla, et sur les sciences religieuses depuis le pape Grégoire le Grand. Le premier fut l'instituteur le plus célèbre de l'ile de Bretagne; et le second devint le principal eoopérateur de Cil a rie magne dans la resta lira lion littéraire que ce grand homme opéra en Gaule.
Dès que les Francs austraaiens avaient été en rapport au nord avec les missionnaires anglo-saxons, au sud avec les Italiens, ils avaient compris, comme nous l'avons vu, la nécessité detre moins incultes. Il eu était résulté chez eux une vraie révolution morale qui, commencée sous Pépin, fut achevée par Charlcmagne. Celui-ci devint, quoique un peu tard, le disciple des hommes les plus lettrés de l'époque, et il prit pour conseiller politique le sage et l'habile pape Adrien, qui fut son ami intime tant qu'il vécut. Charlemagne apprit, à l'âge de trente-trois ans , la grammaire de Pierre de Pisc, et à l'âge de trente-huit ans la dialectique , la rhétorique et les sciences mathématiques d'Aleuin Ji). Il avait rencontré eelui-
itsau Testament, sur les Pères, sur les Questions religieuses, el outrâtes Lettres, lia fail un traité sur la pr nmmr.irr , rimipif-é de cleui dialogues, dans lesquels la grammaire, la rliétoriuue.la dialectique, l'a ri tlilllël if juc, la gconclric , l'iulniiirimii-, smit jirMfiilM's cnitimr dus ilegivs puur arriver à la
vit; inezteris dildplinil Albini ;>iic,:iiiii,- Alruininn, item diaeimum de
aSLrollomite edisoemb, rduriintiiu el l.-tu [un i-, et laiiui isiiiiperlmt. — EtMI., Fita Carot.dSag. Apud Pain, t. Il, p. ^56-45 7 .
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ci à Parme au moment où il revenait de Home, après avoir obtenu le pallium pour l'archevêque d'York. Il le décida à se rendre auprès de lui et lui donna successivement les abbayes de Ferrières, de Saint-Loup de Troyes, de Saint-Josse en Ponthieu et de Saint-Martin de Tours (l). Charlemagne ne parvint jamais à bien écrire, parce qu'il s'y était pris trop tard; mais il parla le latin aussi facilement que l'allemand , sa langue maternelle, et il comprit parfaitement h: «rec , ïnns toutefois pouvoir le prononcer (a).
Pour communiquer ces précieuses connaissances aux Francs et pour les remettre en honneur cliez les Gallo-Romains , il attira en Gaule Pierre de Pîsc, qui enseignait à Pavie (3); Paul Warnefrid, diacre d'Aquilce (4); Théodulfe, auquel il donna l'abbaye de Miei et l'évèclié d'Orléans (5); Leidrade, qu'il nomma archevêque de Lyon et son bibliothécaire (6); l'Irlandais Clément (j) et l'Anglo-Saxon Alcuin. Il adjoignît comme auxiliaires à ces doctes étrangers, dans l'œuvre intellectuelle qu'il les chargea d'opérer, une colonie de maîtres de
(1) En 780. — Mamm-, Act. Sanct., «k. IV, par» 1. B. Akoùû E!ogium,p. 161 ïlsuiv.
(3) Lingunm lalinam iti didicit ut wque illî ac palrin Iingua orare tssel
julilui; gnecam vtro niellus inrellieere quain prenunciaro polerat
lentabat el icrilierc sei] pjruni sueeessit iabor prcpposterus ac sero
inchoauu. — Eibh. , fil. Carol. Magn. Apud Peïti, t. II, p. 456.457.
(3) A«BB.^Ù/..S,p.,5...
(4) MA«LL.,-* nn .,lil>. a^.n. 78.
(fi) Histoire lilt. delà France, t. IV , p. 459-46".
(6) Maiim.., Ael. SS.ord. S.Bcn.,sic C .lV,pari i,p. a«S.
(7) MA»ltL.,«., p. 181.
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grammaire, de chant et d'arithmétique qu'il fit venir de Home (i). Des chefs-lieux d'enseignement furent établis à Metz, à Tours et dans le palais impérial même où. Charlemagne fonda une sorte d'académie littéraire (a). Il y déposa son nom germanique de Karl pour y prendre celui de David , et il donna à Alcuin celui de Flaccus (3). Par une lettre adressée à tous les evêques et à tous les abbés de son empire , il leur enjoignit d'établir ou de restaurer les écoles dans leurs cathédrales ou leurs monastères (4). La syntaxe et l'orthographe furent apprises de nouveau, et les textes altérés furent rendus à leur pureté primitive. Sous la direction d'Alcuin il fut fait une édition corrigée mot à mot de la Vulgate, et sotis celle de Paul Warnrfrid il y eut une réforme des livres et des offices d'église (ô). L'esprit n'avança point, mais il se
£1) En 787. — Carolm in Franciam cumgloril reicraus, adducens
fila Caroli Magni per ninnachuni enguliamenjem deicripta, apud dou Mm; Oi; et , I. V, p. [85.
(a) Mabill., Jet, SS., me. IV, P ™f., 5 VIII, Je stbolis pbtùi>, mortojIirialibiH,
(3) Alu-uin lui écrivait très-souvent : Domino diltdiisimo David régi Flaccus filcli, oralor. - Epiil. XVI, apud Don Bouquet, 1. V, p. 6i3, et aussi p.6oi, 6oS et 609.
(4) Baluu.I. [, p. 101.— Voir aussi l'art. LXX du Capit. d'Ai.-la-Cbapelle, lie 789, apud Baluii, t. 1, p.
i/Jo SUR l'intiioductios de l'ancienke gejimanie débarrassa de sa récente barbarie et reprit possession de ses anciennes connaissances. C'était beaucoup.
Ce que ia Gaule regagna, la Germanie l'acquit pour la première fois. Charlemagne étendit aux pays d'outre-Rhin sa sollicitude littéraire. Il écrivit à Baugulf , successeur de Sturni dans l'abbaye de Fuide , la lettre suivante sur l'établissement des écoles : g II a paru utileà nous età nos fidèles que dans ci les évëchés et les monastères rnnliés à notre direction on ne n s'adonnât pas seulement à In vie régulière et religieuse, mais œ qu'on s'y appliquât à la science des lettres en instruisant n chacon selon sa capacité, alln que ceux qui désirent plaire n à Dieu en vivant bien ni: négligent pas de lui plaire en o parlant bien. Car, quoirjii if vaille iiiiirus. bien agir que sa- « voir, cependant il faut savoir avant d'agir. Chacun doit
n prenne mieux ce qu'elle doit faire. Dans plusieurs des écrits « qui nous ont été adressés ries divers monastères, durant o ces dernières années, nous avons trouvé des sentiments c justes, mais un langage inculte; et ce qu'un coeur droit dic- * tait intérieurement n'était rendu qu'imparfaitement par une ■i expression négligée. Cela nous a fait craindre que moins « d'habileté dans la manière d écrire ne conduisit à moins de «sagesse dans l'intelligence des saintes Écritures. Or nous n savons tous que si les erreurs île mots sont dangereuses, « les erreurs de sens le sont bien davantage encore. Nous déa sirons donc que vous soyez, comme doivent l'être des sol-
»arià duformsuim et ab iiitrgritale sua lungc abducium ail vetertim «eni- [jlatium (idem tune rtvciraium tst, aligne il.i Cjiuli jussu Ritiliorum édition^ Vulgatie pas,iin ad ungueni l'a, la castigalio, — jlnlit/uil. Fuldcm. r. l l, p. 43 cl suq.
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« data de l'Église, dévots intérieurement , savants extérieun rement; chastes clans la vie, classiques dans le langage (i). »
Cette discipline prospéra à Fulde et s'établit dans tous les monastères bénédictins de la Germanie. Ces monastères , auxquels l'Europe du Nord dut eu grande partie le défrichement de ses forêts et la culture de son sol, étaient de grandes républiques agricoles, industrielles et littéraires. D'après la règle de Saint-Benoit, ils devaient être construits de telle sorte que l'eau , les moulins, le jardinage, la panneterie se trouvassent, et tous les autres métiers pussent être exercés dans l'intérieur (a). Le moine bénédictin était tour à tour un contemplateur religieux, un laboureur, un artisan, un lettré. Il passait de l'église à l'atelier, de la culture des champs a l'étude des lettres (3).
I-es écoles qui existèrent dans les monastères étaient de deux espèces : les unes, intérieures ou claustrales; les autres, entéricures ou canonicales. Celles-ci s'appelaient encore les écoles mineures , celles-là , les écoles majeures (4). Dans les écoles mineures, qui étaient publiques, on recevait
(i) Bai.i'ï., Capit., t. I, p. aoi d 104.
(s) Begut. S. Benccl-, c. 66.
(3) Brid., c. sa, a8, 47, 48, 57, et en général ma» h règle.
(4) Mabii.i,., Ad. 55., ord.S. Ren.,œc. IV, prref. descholis,S VIII.-Ernnt Uisriptinœlociuiscmpcr et lune severa , non mndo in chmstro , se J ei in scliolii eiterni). IJmleclbni pra-lcr cleiicoj... Ema.duj, 0.6, flt™™iteriB S. Galli. — Tradunllir j>usl hivve l.inipus MiLr.'ellu idiotie elaustii cura liento Nulkero ltill>nlo et <.-i!tr:is niiirmcljj lmliitils pneris : eiteriores
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