ANNEXE A
Quant à Farci, il aima mieux suivre comme il avoit cnmineucé à avancer le royaume île Dieu avec plusieurs povretés el afflictions que d.:
gilc à Strasbourg, sortant de la j'en alla a la comté de Monlbelliard , où l'on parle le langage françnis pnur essayerdc prescher l'Évangile, Estant en la ville de Monlbelliard il ne put presclier es temples à cause que les
maisons et csdiffices. Ceci êtoit en l'an 1517. Advint un jour que les prestres fiiysoient leur procession et purtoiem la uliasse qu'ils appclloienl dcSaint-Anthoiue, ayant après coi grande suite de peuple sel un la coustuinc. Farel les rencontra sur le puni; muni 1I1111 |ir. srr« qui sur leurs épaules poTtoient La susdite chasse qui [ïjnrrh<m'rn les premir™, L'enleva et jeita en l'eau du pont en bas, puis par grand zèle et hardiesse addressant la pa-
Le peuple et les prestres voyant cela furent tout estonnei et si animez qu'ils se ruèrent contre loy, et l'eussent toé si, ce jour, Dieu par une spéciale providence ne L'eût préservé.
Finalement Farel fut conlrainct de s'en aller de Montbellian! et s'en vint Inconnu au comté de Neufchaiel, et de premier abord Luy fut donné licence de prescher dans la ville de Neufchaiel. Il fut contraincl de se reveslir d'un surplis de prestre, d'autant que sans cela n'eust este ouy. Ainsi il se rransligtiroit au commencement, sans idolâtrie, de plosieors manières pour avoir entrée de prescher en Ta langue françoise, mais voulant entrer en chaire dans leur temple fut cogneo d'aucuns et fust empesché de prescher pour lors parce qu'ils disoient aux aultrcs qu'il avoit troublé Iïasle par ses disputes et Monlbelliard par ses prédications, cl finalement firent uni qu'il fust conlrainct de l'en aller.
Iftfl ÉTiBUSSEWENT [JE [,A RÉPOBME
Partant de Neufchâtcl il alla à deui journées de là en une bourgade près dcsVplaysansappellée Aigle ou comme on prononce Aille qui est sous la seigneurie de Berne m ljrjm;lli; ni parle saviiysiu» ; estant là arrivé il lui fust besoin d'user de subtils moyens pour avoir eiilrae à.prescher et entre autres il se lisl inaistre d école et apprennit le; petits cnlaus à ses propres despens; en cette suite, île petit à jn jii il piini -ivr-.: nu coguoissance et commença à preaeher i F.vari^de ; mu. i! tn[ Imi':i1i'n[ découvert; parquoy leurs prestres luy résistèrent de toutes leurs Fortes , faisant grands efforts pour l'eu ip cadrer i-t ilis<ni-nt iflu<: s d jiiim lunt 'unt l.-ur cas seroit gasté.
superalitions papier upic.i et eoinUien ijn il Ij.tl^t plusieurs fascheries et ooinmencomciH à sou l'-i an^ile à Berne i [ni et quelques aullres de Berne
fil a Berne des dispute; ^t-in i .1 l. s ; csipu'lles furent Bucer, Capito el Zvtingle, èaquelles la doctrine papale lui condamnée i:t l'Évangile cnnfirmé, parquoy la supurslili.m papislitjue l"n.,t o<tèV de Berne et de tout son païs qui est forl grand et l'Évangile v lut plante, et pour ce que Aigle est de la comte et seigneurie de Berne elle aussi recrut l'Évangile par le commandement des seigneurs de Berne el y conslilua-t-ou des ministres cvangéliques.
Or Farel désirant d advancer de plus en plus le royaume de Dieu partit de ceste bourgade là et vint à Morat oui est une petite ville sous La seigneurie du Berne el Frihourg, et parée que la seigneurie de Berne avoit l'Ëvaugile et celle de Fribuurg suivoii et suit encore la doctrine du pape , par accord ils avaient arresté que quand quelques-uns des terres a eui communes demanderaient l'Évangile qu'où leur bailleroit des ministres, mais queles prestres et les cérémonies papales y Jemeurcroieiit jusqu'ace qu'ils* trouvas! plus grand nombre de ceui qui demanderoyonl rÉungile que de
lual le plus grand, la papislcrie sertit en .:e lieu là abolie. Cela est cause qui y a encore quelques villages de ces terres là qui retiennent les superstitions papisliqucs ti.ml.ivu que petit a petit Dieu les abolisl par la. Or Mo-
» GENÈVE. IHJ
rat estoil m cette condition là et Farel j fust reçcu pour ministre, le ministère duquel fust tellement bény de Rien nue la plus grande partie demanda la réïormation de l'Évangile. Donc en vertu de cet accord là quelque
autres de Moral la rclbmiation évangclique que les seigneurs de Berne
de Berne s'employèrent bien à ceb comme à la vérité ils méritent cette
Faref poursuivant son dessein cl affection départit de Mont, pour «lier à Mienne. Or Bienneest une ville alliée de Berne, el avc.it receu l'Évangile et chassé la papauté avant que Hcrne I lu M fait, li'llcment que ceui de Iternc estant encore supers! itirux vmilriïciil contraindre ccui de Sienne a remettre en leur ville la papisleric et diasser lTvanjjile, les menaçant de leur faire b guerre sib ne le faisojenl, et de faict ils les fasclièrent tant qu'ils furent contraincls d'acquiescer à ceui de Berne , mais ce ne fust que pour un petit temps, d'autant que peu après ceui de Berne de persécuteurs de l'Évangile en furent faicls les protecteurs.
parlojent le langage françois ou pluslnst savojsien, lequel ils appellent
b-gage là et l'autre alletnanîTet ont des ministres de l'une et deH'autre langue. Il Fust fort bien receu .l'en» cl loi accordèrent facilement sa delà profession de l'Évangile, se de'porta de là; il alla en une bourgade en laquelle l'Evangile ne toit pas encore cognu, laquelle est appel I ce Tavan nés qui est voisine de lliennc. Il entra dans le temple il'icclle etainsj que le prcslre disojt encore sa messe il fit un prisclu- d une telle véhémence et efficace quincontinant quil l'eut achevé tout le peuple assistant, d'un accord mit bas les images et autres dont le povre pres.tre qui cliantoit sa messe ne b> put parachever, niais tout estonné s'enfuit en sa maison, estant encore revesttt de ses habits avec lesquels on chante messe. Ceui des lieu* circon-
jm8 établissement de la réforme
dcsiroier.1 fort de l'oujr et le Tinrent quérir à Tavannes pour prescher en
ouverture que l'être fois. En tons ces lieux-là il constitua des rniniïtrej.
I! arriva en un village nommé Scirières prés de la ville île Nculchatel où le curé lia lieu avant quelque goust (le l'Evangile lfi relira en sa maison eliui permit de presdier ilrliora son temple non (distant les delfenses que fist Ion le gouverneur iln i-iuiii>' iiLMiini/ tleoigi: qltr IVive seigneur de frangins , qu'on ne permit point pici-hcr Kirel en lieu quelconque du comté de Neufchatcl cl que nul n'eu» à 1 «conter. Non obstant les empêchement! que dormoyent les susdits gouverneurs et les chanoines et presircs, l'arel y prescha, et ayant este ouj d'aucuns de Neufchatcl auxquels
où bon gré mal gw le gouverneur et 1rs prestres il prescha par fentes et
peuple l'ayant entendit le mena malgré les prestres preseber en l'hôpital (le
il dit qu'ainsy que Christ estoit nay en un cstaljlc pauvrement aussy à Neufchatcl l'Évangile naistroit à l'hôpital; ce qui de Tait advint car n'y
messe d'est re presihé au temple, ce qui fut fait t, et le bruit en fut espars parlons les village :t l'cnvium ausijiii'ls iiui-y il nlloit preseber.
Un jour qu'on appelle No! [.■■Dame (Lionel, accompagné d'un jcuue homme natif (le Daiiphilié, il prescha en une bourgade nommée Valangin auprès de Neufebatel rpii toutefois n estnit pas dtl comté , niais une scipiettrie appartenant an coiiuc d Kïtbiilknrj, ainsv ™mme il preschoit le prestre aussy cliantuit ia incitic, et le jeune homme qui lui aio.it fait compagnie vnyant que le peuple s'arrestoit après le prestre Cl qu'il empeschoit d'ouyr prescher Farci, ainsy que le prestre levoit son Dieu, estant csnieu de lile ne se peut contenir iju'il ne l'arracha d'entre les
mains d'iceluy et se tournant vers le peuple dit : Ce n'est pas ioy le dieu qu'il vous faill adorer; Il PSt l:i sus au ciel ni la majesté (lu père cl non entre les mains des prestres comme vous euiden et comme ils yom donion compagnon; mais le jour même, comme ils s'en rctournojent à Neufcliatcl passant par la ville de Vallangin par un lieu estroit OÙ est le chasteau, ils furent assaillis d'une vici^iiiiu'j ij r .- pci-sonncs tant prestres que autres hommes et ft-uuur» di.quds ils. furent rudement liallus et blessés par coups de pierres et basions. Les prestre* n'avoient pas alors les gnulles alll pieds et bras; ils les battirent tellement que peu s'en fallut qu'ils n'en perdissent la vie, et les nn iu-mii corn nu- prisonniers au «Listeau de la dame du lieu, laquelle esloit ..insrmraute. au fa ici; or, en les menant, ils firent entrer Farel dans unp péril.' rhapelle el là le voulnvent contraindre de se prosterner devant une image de fi Vierge 51 a rie, il quoi il résista constamment, les admonestant d'adorer ou seul Dieu en Esprit et Vérité, non les
effusion de son sang, les marges duquel sh uns après fum/t^uv^s en la muraille .le la chapelle. Ils les ««nduimwt, frappa,,, sur eu, Risques a
furent délivres par ceui de Seufchatel qui, advertis de l'outrage qu'on leur avoit fait, les allèrent prou, pie ment quérir et tirer hors de prison, et jasait que les prestres et ccui qui les avoient asjaiilis fussent depuis jugea et reputei comme Iirig -i urir., Timlcfoi- nulle j, million n'eu fut faite, niesme depuis le prestrt qui av.ii mieux lianii i'jn-l rpie les autres mangeoit tous les jours à la taUle de la rlame pour 1Ï1 i>m [i.ni <<: , doutant que la dame estoit papiste el leur partait faveur. Neantmoius malgré elle l'Évangile fut planté en toute sa terre et la pnpi<uiie eliaïsce sinon qu'elle avec aucuns sieurs presires reliure,,! leur vieille religion jusqu'à la fin de sa vie et est
Quelque temps après Farci ayam cunstilué des ministres au comté da
l3o ÉTABLISSEMENT DE LA TtRFORME
Neufctialel alla presclier en deui petites villes qui sont sujettes partie à Berne, partie à F'ribourg, assavoir Graoson qui est située sur le lie dlverdun «Orbe, «quelles il eut de gniudes contradictions, voire plusqu'en lieu 011 il eut jamais [il tsi:ln L ; lin.l. fcA linah'itiunt Dieu y piaula sou Évangile, combien que la religion papistique y soit demeurée jusqu'en i554 auquel la superstitions ppalcs furent du tout chassées de ces deui villes, la cause qu'il y heuit plus grand nombre de œm qui vuullojeut l'Évangile que de ceux qui désiraient la messe et papisterie estre en vertu de l'accord faict entre les deux, seigneuries de Berna et de Friboursr duquel nous avons ci-
L'orcasion qu'il eut -le jh u^h ii-'i- Ui I..- b.i l ui linilli^ par les seigneurs de Berne , Lesquels ayant entendu qu'un t.iiii <..oh:jv.J avuii presché contre la doctrine de l'Évangile ordonnèrent que Fare! iroit pour défendre la querelle de l'Évangile et la leur et que tous ceui d'Orbe y assïsteroyent, car ils se trouvoyent intéresse/ fu'in .ivoii- lu riez du susdit moine.
Combien qu'ils cherchassent plus occasion d'avancer l'Evangile qu'autre chose, ils envoyèrent avec Farel dis ambassadeurs pour mettre en exécution leur ordonnance à laquelle ceui d'Orbe furent contraincts d'obéir^ mais ils espéroient que Farel ne ferait qu'un presclie pour faire ce que l'ordonnance des seigneurs de Rerne p«rtoit;des ambassadeurs furent contraincts de s'en retourner et de le laisser là , car ils virent bien qu'il ne laisserait d'y presclier sous l'occasion, laquelle ils luy avoient baillée, que t'Fvaogile n'y fustreçcn ou qu'il ne fustinort. Eux estant partis, un graud trouble advint ainsy que Farel preschoit, car plusieurs ilesguesnerent leurs espées sur luy ou pour luy faire outrage ou plustot pour l'catonner plîti qu'il ne prescliAt plus. Mais il ne se troubla oneques, ains poursuivit son presclie aussi bien que si tous l'eussent escouté paisiblement et sans (aire semblant de rien qu'il vit, de quoy tous estoient estonnez.
estudea de Paris. Farel voyant que c'estoït un homme d'un fort grand espuir tascha à l'in traduire au ministèle à Orbe et usa de toutes les persuasions qu'il put pour le faire presclier, à quoi Viret resistoit de tout son pouvoir, d autant qu il considérait la grandeur et difficultés du ministère
ministère et a depuis si liii'n lïiil sim devoir à adtaneer l'Évangile uni par bnnne rie que par ses presclie* et escripts qu'a bon droict il doit estre mis du premier rang de ceui qui eu le temps ont esté le) itistrimii-ntï par lesquels Dieu g restauré sa vérité au monde (i).
i3î Établissement de La ni FORME