ANNEXE B
Afin de donner une idée îles calomnies auxquelles Calvin fui en bulle tic la prt 'le in adversaires, et qui uni Irnijj-lemps pt'ïê sur sa mémoire, je citerai quelques passages de sa Vie que Boisée publia en 1576. Calvin pouvait rire ien» ; jm justice, .le dureté, d'ur^ueil, d"e.\jgéralion , de cruauté; mois s'il était à l'abri de tout reproche , celait du coté des mœurs, du désintéressement, et de la frugalité. Voici cependant ce que Rnlsec écrivit à cet égard sur lui, eu I accusant d'avoir été Ilétri à Sojon
Soyotl , duquel ayant reçu quelque somme 'd'argent s'en alla vers Ailemaigueet Italie : rberclianl son .iilvenlilK', et pssa par la ville de Feiiare, <>ii 1] rcçeut quelque auiuonc de madame la duchesse (1)...,...
-Singulièrement grand estnit le bruit et murmure de la femme d'un .eigneni l'str.iiiEjec venu pour la religion en ces pis là. Du nom duquel je nie triv puni- brin respect ; mais *rm iiabiteliiHi l'slnji irn" près de [ieni've.
terre de Gei. Geste
train qu'il tcnoit chez soy, car les meilleurs et plus friams morceaui lui cstoient réservés pour sa bnuclic cliei lui, uu bien préscntci : il des rins , il n'y en avilit pni ni. rl^ plus ■■nj'ii^ ''m la villi- : j lu tous 1rs ans iMuy en falloir, quoi qu'il coutast, du sauvagin ferrior de monsieur de la Fleehière tle Concise près Tonon, et quand il faisoit la faveur à quelque aray daller Jisner ou soupper avec luy, Il luy Falluit porter île son vïu en un petit fUseon d'argent, et r.eta étoit ivseriv pour la lioiirlitt (le monsieur. Aussi avnil-il son bonlerigiu 1 li: juin nis-cil ili- p;iin , Lui ! expressément pour lui de fine fleur de fourment paistri avec eaue rose , cauelle et aoys : et
It escui (le gages
la rojne de Navarre defuncte sœur i nom, y emaya quatre mille francs: e
lionne somme, ci planeurs autres seigneori et dames avec des marchands en l'intention de lever à Genève l'art de la drapprie de bine, dequoy ledit! Calvin a voit fa! et courir le bruit pour mieux attraper deniers. Et quartement, mourut à Genève un appelle minniem- David de I la jn suit qui estait
venu en ladicte ville pour la religion , et inaura
pour les pauvres : ordonnant les exécuteurs de s
appelle Maldonnal, et un autre di't -.linct Arulr.' qui estait, ou fut lost
après ministre de Genève; le tiers exécuteur lîr
.][ ili' l'ar^-ciit des pauvres
fut commise ladicte somme de deux mille eseui :
i!i-(i;iifls i-inq eens furent
distribuez à aucuns de ses plus intimes amys et
imme à Virct vingt cinq , à
Farci vingt, et quelque autre somme aux susdi
ts Maldonnal, S. André et
autres : mais on ne peust scavoir que devindrent les quinze cens dont se
leva un grand murmure entre les pauvres; mais
ceux qui en parlèrent trop
avant furent contraincti de sortir de Genève
, et atlieistes : c'estoient
Ut qui consistaient Mon-
seigneur. Mais son avarice fut fort deseouven bon entendement sur la faict d'nn Nicolas de Fer,
quiavantfaitbanqucroute
1 Anvers île la somme de trois mille livres de g
rus, se retira à Genève et
*cil comment il se devoit gouverner advenant qi
pourebasser jusques audit lieu de Genève : Le c
onscil d'iceluj Calvin fut,
qu'il acbetast duclit argent des biens immeuble!
de deux filles siennes : ainsi que lesdiels cre
de luy rien osier, n'ayant rien à luy ; et qu'il mi
iriastscs deux filles à deux
las s'arresïa à ce conseil, et pour 'avoir plus de crédit en 3a ville de Genève, feit présent d'une notable somme d'eseux à ce bon seigneur Calvin, si contempteur de biens mondains que nonobslant les scent l'on bien prendre et mnycnna que son frère Anthoine Calvin eust eu mariage lune de ces deux filicj. Voila comme «vénérable seigneur Calvin, selon le tesmoignage de Tlieudore de Beze, mesprisoit les biens caduques et
vençal, serviteur d'iccluy Calvin, qui lui desroba pour un coup la valeur
d'environ quatre mille francs ; part en flascon , tasses et cuillers d'argent, et part en argent monnoyé rjni estoit en une bourse, (îir cela fut divulgué
c'estoil argent qui luy avoit esté baillé on gaitlc pir quelqu'un! qui s'esioient
fut plus estrange que Calvin neroulut perniellre qu'on allas! après , enrabien que plusieurs de ses amys se présentassent pour j aller: craignant, par advenmre, <jue si ledit garçon eust été prins et ramené, il 11'eust revête des chnses qui n'eitoient gueres a l'avantage de ion honneur; cela engendra suspicion que le dit Calvin n'abusas! de ce jeune garçon singulicrenienl puur le cas qui lui estoit advenu à Noyou comme a este <)ict par avanl. Mais je laisse cela au jugement de Dieu, qui révélera les choses
cachées et secrètes (t)
-Mais sur le point de son ambition, je ne puis, ne doy laisser passer en silence la ruse et piperie de laquelle il usa voulan! ressusciter l'homme d'Qstun appelé le Bruilé pour se faire estimer sainct liomme et glurieui prophète de Dieu operateur de miracles. Le faict fut tel : ces! homme duquel est mention estait venu d'Ostun à Genève pour la religion , et avnit
mandai à monsieur Calvin pour estre prticipans de la bourse des pauvres et de leurs ausmones : ausquels le dit Calvin promit secours de biens temporels , et autres faveurs s'ili vouloyent luy servir fidèlement et secreltement en ce qu'il leur dlroit : ee qu'ih promirent, et selon que iceluy Calvin les avoit instruits , le pauvre Bruilé conlrefeit le malade et se mit
fut secouru d'ausmimes ; tnst après il eontrefeit le mon, cle qunj Calvin secrètement adverty et comme eeluy qui en estoit ignorant, s'en alla promener accompagné e'est à sçatoir selon sa coustume d'une grande trouppe de ses dévots etainys plus intimes, sans lesqueli il ne s'aeheminoit gnierei
liors de son logis. Enlendam doncqoes les cris cl lamentations que faisoit
la femme contrefaisant h Jjien desollée, il demanda i|ue c'esloit et euln
haule voii prianl Dieu de monstrer sa puissance el faire ressusciter ce mort pour donner entendre à tout son peuple sa gloire et que ledil Calvin estoit son vrai serviteur a luy agréable el vraymcnt de luy mesme
Eglise. Avant finy son oraison il vinl prendre ledit pauvre homme par la main lui commandant de la pan de Dieu ci de son Sis N'ostre-Seigncur Jesus-Chrisl, qu'il se levast et qu'il feit manifestai ion de la grâce de Dieu :
ne peust approuver 1rs uu'iisimgrs leilil < (mu l 'l'.iij.iul le mon mournl pour vray ; ne pour [iijn.s.iniiinl que riii femme lui siens! faire il se remua ne respondit, ains tstoit looi froid cl roide ; de quoy estant certaine, sadille femme co rumen ru a bruire cl mlirj bon escient, ciianl contre Calvin, cl l'appellaut pipeur el meurtrier de son mary, déclarant à liante voii le faict comme il cstoii passe , ccsiï IVmnie pour exhortations ne menaces qu'on lui feime su vuuhiii taire, Calvin b laissa avec son mary Irespassé, disant qu'elle esloit transportée de son entendement poor le trespas de son mary et qu'il la falloir excuser : si esl ce qu'il luy convint sortir de la ville et vuidei le pis et s'en retourna à Oslun , et puis fui femme d'un minisire appelle la CuuUirc ; el rjiuij que les dévots de Calvin nyent eecy, il a esté toutefois bien sçeu , et vérifie , ains confirme par la femme mesme qui n'estoil rieu Iriiiiipiirléc .l'u.pril. mais parlant bien à propos avec
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avoir esté veïés par jiuri- ju^cuii-ni rte Ilicu aucuns ennemis de Dieu, .usurpateurs de sa gloire et bonneur : c'est d'une mangesou de poux et
* GESËVE. l3j et virulente au fondement, et parties vcrgongneuscs où il cstoit misérablement rongé de vers. Ainsi llimnriiis, sivimd ni; drs Vandales, après avoir hoict ans persécute l'Eglise orthodoxe, périt liuablemcnt mangé des vers et des poux. Arnoulph empereur, successeur de Charles le Gros, ■pi fut un grand pilleur et saccageur des temples des Chrétiens, aussi
temple de Dieu, et contempteur de 11 gloire d'iceluv, qui par mespris du seul vray Dieu colloqua au temple de Hiérusalem une idole de Jupiter : Hérode meurtrier des innocens, et usurpateur de l'honneur et liltre de divinité: et d'.iultres hypocrites, et ennemis do Dieu qui, soubs prétexte et couleur de saincleté ou lèle, persécutèrent la vérité , furent extermine» par juste jugement et vengeance de Dieu, de tel genre de vexation , rongra
à la mort seconde en éternelle misère et condcmnalion infernale, sur lesquels le dit du psalmîsle est vérifié : - Dieu l'a consumé do double consumalion.- Ce que on peut dire de Calvin : car nonobstant ce qu'en escril .if Ri'/.e contre i-itls qui disinil que sa [non n vitupéré ou démenty sa vie,
il mourut néanmoins invoquant les diables, jurant, dcspilont, et maugréant pour les très griefvcs douleurs et très aspres afflictions lesquelles il sentait de la sévère et très pesante main de Dieu sur sa personne, El de cela ont tesmoigné ceux qui le servirent jusque à son dernier
tS
l38 ÉTABLISSEMENT DE LA IllifOnilE