LA INFORME
sang, afin que , scmblahlc à ses frire , il fut miséricordieuit el fidèle pontife: clans nns rapports avec Dieu. Ensuite, quant à cette proposition : que lis prit saint nous est communiqué par le ministère (les anges, je ne sais qui la comprendra. Car nous disons que l'esprit saint est le Seigneur i\ t : anges, et gouverne tes rmçn, et (|n'il a- il lui-même pur voie d'insinuation. Nous glorifions et nous aussi lu puissance et ta sagesse de Dieu dans les créatures. Nous rrpoussons cependant celte doctrine que le fils e! l'esprit saint, au nom desquels nous kiptisuns > soient placés parmi les centres de Dieu, au nombre des créatures ; quoique nous sarhu.us pourtant que l'homme Christ, quant à ce touc he a son immunité, «t une créature, ,1 qu'il distribue îles -luns noms .;ui sont îles [cimes de Dieu ainsi que
■ Tu nie conjures de n'ajouter aucune importance au sacrement ; moi , à mon tour, j« te conjure de ne point faire de la chose un sacrement seul, car l'apôtre appelle secret e t qui n'est pas encore ouvertement aiinuncé. Aussi l'incarnation Tut un secret autrefois, et n'était pas encore une chose. Hais en vérité, la filiation enislaïl, car le verbe est roéternel 4 Dieu le père; car au commeneemint était le yerfc-e, et le verbe était dans Dieu. Or, il n'était pas seulement dans le mystère du Tèrlie, sans signification naturelle. En effet, ce qui était Dieu était la perfection. Le verlie était donc en Dieu même, et eu conséquence cheiDicu. El prie que le verbe possède en soi et embrasse toute l'essence de la divinité
1 GENEVE. l43 paternelle, il ut avec raison appelé le fils de Dieu le père. Car un rie riait pas seulement de la chair. Ne lit-on point ces paroles aux Saint» Écritures : Ce oui est de l'esprit, naît esprit? Car pour la nativité et la filiation , il Faut coh.^.Il l iti- !;i mllïui-' il :: ^rib. : rntriti L , • ■! »r jit>int partir seulement du point de vue charnel. C'est ainsi qu'on appelle verbe avec raison ce
fut Elit homme, et que le SU de Dieu fut fait Eli de l'homme, et mêlé au verbe de Dieu, aGn que percevant l'adoption, il (le Ois de l'homme) devint fils de Dieu. Dans le mCme chapitre, il pus.- aussi en principe douhle £clit: ration. ivmis voyou* 1:4 niOun^ rlii.Triue au chapitre ao, uu il démontre que le lils mirant du-i lu jiltc ni point commencé. Partout enfin Ire'née soutient que le verbe de Dieu est en effet le iils du père, et non point seulement comme représentation de son Gis à- venir. Au reste, l'argument que tu tires de l.i ((Dalite diverse des natures) est frivole, parée que Jean a ilit qu'il tiillail ,-roi.c que celait Jésus-Christ, et que c'était le fils de Dieu. Il en est île même de cet aiguillent, qu'il est l'oint du Seigneur, et qu'il a ciioininiiv d'ùii L- !'■ li;i I , parce que le
que Jésus est le fils de Dieu, je fcibortc à reconnaître sa consubstantialké, à cause de l'union du .erbe (avec lui), afin que non* puissions te
(.) DuiUN«dfi,p. ni i6. m eul»iiu;tiJiD! I L. BlHhcim. p.S(,itt]|>i.
Celle controverse ne cliaTitjea point li-i opinion'. île Kervet sur la trinilé. Il quitta Elle. Mais avant d'en partir, il remit sou livre île Trinitalis errariïmt j Conrad lluss, pour qu'il ririiprinr.il. La vigilance des théologiens suisses ayant empêché sa pidiliratiou , il le fit imprimer eit ■ 51f i à Haguenau en Alsace (t). Son livre Fut supprime à Ratisbomic. Serve! lit paraître en lâ3a lieu* dialogues sur la Irinité". Ou pense qu'il se rendit
depuis à Paris iit'i il abarirlotiiia la jo.ijjjiLLrlenre pour se livrer i leturle
ment à l'exercice île la médecin,.. 1';: i r. "ï.f , il ..flYit à Calvin, qui passa par Paris, d'entrer en discussion avec lui. - Tant y a, dit Thcud, de llcic, nue Michel Servct, dès lors commençant à semer ses erreurs, Calvin ne
le convaincre et redargner par la parole de Dieu. Pour ce fait fut accordé
pour sa personne; mais ledit Scrvet ne comparut, quoiqu'on l'attendît long-temps (3)..
Il demeura à Paris jusqu'en i53j. Il publia un livre sur les sirops. On lui attribue la dcemtvei-ti: de la rirculalinn du sang(fl. Il se rendit ensuite ji Venise. Melanchton écrivit à la Seigneurie de cette ville pour qu'elle détruisît en herbe les erreurs de cet homme criminel (5). Il parcourut l'Italie. Il vit le pape à Rome.
Vers t5,jo, il habitait Clurlieu tï'douic lieues de Lyon (6]. 11 !iia ensuite sa demeure i Vienne où il pratiqua son art. Vers l'an i54G, il envoya un écrit à Calvin, sur lequel il lui demanda son avis. Cet écrit, destiné à
(l) Alkrotrdrn, y. 36.
(31 Ti» i, titiip.p, il.
Et) Unria, p. 3o i H ; M 11 pien u, p. ta» J. L. MoO.rin,.
|5) fo, p. 34, M ML* (C,lb„p. H. 1
* GENÈVE. .l45 signaler le» erreurs de Calvin , cuit vraisemblablement un extrait du Chrîstinnitmi restitutia qu'il publia plus tard. Le goût de la discussion le porta à demander à Calvin du l'appeler lui-même à Genève. Mais Calvin, profondément blessé, et qui avait déjà pris son parti contre Servet, écrivit àViret : .Servet veut venir à Genève, mais appelé par moi. Je ne l'y ■ appellerai jamais, ctjcnelui engagerai point ma (oi ; car j'ai déjà résolu , . s'il vient ici , de ne pas l'en laisser sortir vivant (1)..
Cette année , Servet publia à Vienne son livre intitulé Chriitimiimi reslilutio. Il n'y mit pas son nom. Il ne le donna que sous celui de ViltanavanL Mais Calvin, qui faisait la police des opinions et qui surveillai! de loin celles de Serra, en eut promptement connaissance. 11 dénonça Servet au> magistrats de Vienne par l'entremise d'un Lyonnais nomme Guillaume Trie, qui demeurait a Genève et qui écrivit à Lyon et à Vienne. Servet Fut saisi et jeté en prison ; mais gardé peu étroitement et s'étant fait beaucoup d'amis dans cette ville comme médecin, il parvint à s échapper au bout de trois jours. Le r; juin , les magistrats de Vienne le condamnèrent comme hérétique. Il Fut brûlé en effigie, et cinq ballots de ses livres furent jetés dans les flammes (a).
En quittant Vienne , Servet eut l'intention de se rendre à Naples et d'y exercer la médecine parmi les Espagnol], ses compatriotes, qui demeuraient dans la ville. Il passa par Genèse. Redouta ni les dangers qui l'y menaçaient, il s'y tînt caché. Il lit chercher une barque pour se rendre par le lac à Zurich. Calvin eut connaissance de sa fuite de Vienne et de son séjour à Genève. Il en prévint L'un des syndics, qui le fit saisir et emprisonner. Nicolas de la Fontaine, serviteur de Calvin , se porta accusateur de Serve!
l46 ÉTABLISSEMENT DE I,* REFORME
Avant J'en lier dans l'histoire Je son procès, il ne sera pis inutile de faire connaître ses opinions réelles sur la liinilé et sur Jésus-Christ. Voici comment Stanislas Lubieuieliki, dans son Histoire de la réfortualtoit polonaise, les résume un un discours qu'il attribue à Serve! peu de temps
Dixowi Je Michel Serve! sur la vraie cannaiuance «e Din, et de ion filr.
• Ceux qui établisse r rjni; llii-ui:-i foi ■mi-par trois personnes substantielles ou hj-poiliites nous ciunluihe nt à 1:1.11,-1: à ]"ciisH j in:e de trois dieux égaux par leur nature, ils soutiennent en effet que ces trois choses substantielles sont distinctes et différentes, et ils veulent que chacune de ces choses, nu, suivant leur expressiuii, que clueune de ces hvpcMtases soit Dieu. Il est évident qu'ils font par là trois Dieux égaux et distincts. En clîct, puisque ces personnes ou hypostases, différant par leur nature cl par leur rang, sont chacune [l'flles en pari i initier déclarées Dieu, il s'ensuit nécessairement qu'il doit v nvoir anNiul il :iki iluil-, qur de sujets, et que le nombre des dieux doit èrrr multiplie iclon le nombre des personnes.
en présentent trois, cependant, à notre intelligence; et il ne se rencontre aucun esprit exercé et sincère qui ne comprenne qu'on lui propose le culte de trois dieux. Comment se fiit-il que trois (essences) dont chacune d'elles est Dieu à part, ne forment, réunies, qu'un seul Dieu? Aucun homme n'a
A GENÈVE. l4?
un seul Dieu, se propose de l'honorer et réunisse toutes ses forces pour le concevoir dans l'unité, trois objets distincts se présentent aussitôt à cite, et viennent se peindre dans les yeux de l'esprit. Il reconnaît dans chacun deui un Dieu, et voyant ainsi se présenter devant lui trois dieux égaux en effet et «pendant distincts , il se irnuljle et succombe devant ce mystère inconcevable, entre un et trois. Ce fut cette cause qui détruisit la doctrine de la triade grecque on de la triplicité. Si maintenant, en tournant
paroles de h très-sainte Écriture, comme à une pierre de touche; si nous en rapportant aux discours de Dieu, nous recherchons la vraie connaissance de Dieu, mute confusion, toute perplexité cessera sans aucun dnute , et notre esprit oe sera plus forcé d'admettre rien qui lui répugne.
toutes choses sont, et de qui toutes choses dépendent, a celui qui est le seul père et le settl créateur de mus. Ce noo. moins justement employé peut aussi être appliqué aux créatures, parce que relui qui a pouvoir et
comme Moïse, dans ïEiodc,VI, i: Le Seigneur dit à Moïse : levons ai établi le dieu de Pharaon; et comme Cyrus, dans Isaie, où il est appelé le dieu d'hrad, IV, 5, 3 ; et s'il est permis, pour G.er la valeur du mot, de joindre les choses profanes aux choses sacrées , Auguste César est le dieu de Virgile, et Lcntulus le dieu i\v Cicéruti , pan e qu'il fut l'auteur de son rappel. Ainsi donc l'Écriture appelle dieui ceux qui- l'Être suprême et le Dieu éternel a ornés de quelque grâce, de quelques vertus, de quelques privilèges, et a élevés au-dessus des autres. Aussi le psalmisle s'écrie, Ps. 83,6', Je leur ai dit ; Vous êtes des dieux ; vous êtes tuus les enfants du Très- Haut.
prême. Chei les Hébreux , ils sont appelés Ëlohim ou Adonaï, mais jamais par le nom propre et particulier de la divinité, qui est Jéhovab, c'est-à-
l48 RT»IIL|S5EMENT DE LA IlÉPORME
dire, le seigneur par excellence. {Ici, Sexiste une lacune dan, le manuscrit
prime ainsi : «Grâces et paix de la parL île Dieu noire père, et de notre Seigneur Jésus- Christ. ■ Établit- trois dieux égaux par nature est dune un
volonté. Celui-là seul , en effet , est Dieu par lui-même, en vertu de sa
seul Dieu le père, et ils sont appelés dieux à cause du Dieu suprême. En effet, ce Dieu grand et unique peut sanctifier sel créatures et les remplir <Ie sa divinité. Mais nous ne saurions admettre trois dieux égaux par nature; autrement, il faillirait ainsi ;uWttre île toute nécessité trois créateurs de l'univers ou pantocratorcs et trois pères. Le nom de Dieu convient simplement au seul père, qui est Dieu par lui-même, et qui a tout créé ; lui seul jh'uI mui;>U l itiitu h l [ .ibnilitun-ur ém- appelé Dieu.
Des précédentes |uii[io-inmrs . il .M O' ili- 1 1 i-ii ij i i-i- rouillant uu'.rr Seigneur Jésus- Cltri st , vrai lils île Dieu, peut il ri' appelé Dieu; car il tire son principe de divinité de Dieu le père, et procédant du vrai Dieu, il est appelé le vrai Dieu, le Dieu de toutes les créatures; mais il n'est pas le Dieu du père qui soumet tout à lui. Un trouve cette doctrine que Dieu le père est seul Dieu par H nature, qu'il est le Dieu et le Seigneur du fils,
abandonne? Apoe. 3 , 1 3 : J'écrirai sur lui U nom de mon Dieu, et te nom de la cilc de mon Di'ii. l/<j|]iriiL>ii uV •çu\ ijil: viuli'iit que le fils ait parle comme liouitne et non comme Dieu , n'est point fondée. Je répondrai que l'émanation dm ni- qui i^t dun.-. ]■■ lils -■\i : u i nu^i ji'nir 1 homme. Le fils est un homme déifié , ou i .jjipii |i;u- L il iv ioi 11-, l'.n ..i.iriM'qilencc sa puissance ne saurait détruire celle du père. Le fils a été sans doute établi sur nous par le père comme notre Seigneur, notre Dieu et notre chef ; mais le père .at cependant le Seigneur, lu Dieu et le chej du fils, t Cor. n, 3; cl le
A GENÈVE. [(jg
fils i été soumii au père. C. i5, a8 ; et il est l'économe et l'administrateur de la maison paternelle. Hebr. 3, S. C'est pourquoi le Bl> notre Dieu et notre chef a reconnu au-dessus de lui la divinité et la supériorité du père. Le Pjaltniste a eipliqné clairement ce double mode de la divinité du père et du fils, l>s. 45, ï, 7, 8 : -Vous surpasse! en beauté 1rs enfants des hommes ; la grâce est répandue sur vos lèvres, parce que, ô trône, ô Dieu , tous êtes éternels, parce que le sceptre de votre empire est le sceptre de l'équité, que vous aimez la justice et que vous haïsse! l'iniquité; parce que Dieu, votre Dieu, vous a oints entre vos compagnons de l'huile de ii ]oie.n Car ô trône, 6 Dieu et Dieu tous a ointe sont au vocatif, et se rapportent au fils. Lorsqu'il ajoute ensuite votre Dieu , il parle de Dieu le père qui a oint le fils, et la sanrlilié. Pan-illt-rm-n: l' [".■< Séiianc, en parlant delà sagesse qui représente le fils de Dieu, s'exprime ainsi, a4, IO " : "l'a' P p ' s racine dans le peuple que le Seigneur a honore et dans ses régions, héritage de mon Dieu.-
Je pense aussi qu'il est plus clair que le jour à celui qui veut adhérer aux Écritures, [fut le lili l-si Dieu [îai Ll- [Jltc, cFabli comme Dieu sur toutes choses par h: jmc, et iri-iu ni.Li*>,itit iill-iIi'smi;. île lui la supériorité
natures divines n'existent point ihi-,. hw i-w* ..| h^ latins, et que toutes soient désignées par le nom commun de Dieu. Il n'y a qu'un seul Dieu par lui-même, pr sa prupre nature, éternel , grand, suprême, immortel, invisible, incompréhensible, habitant la lumière inaccessible, la plus reculée, qui a luut cri'i , qui gouverne Irmr, par qui toutes choses ciistcnt, de qui toutes choses dépendi-nl. Cilni-li'i ml le Dieu des dieux, le rtii des rois ; il est le père et k- Seigneur ilrn M'igui'uri ; i; t-.ht Jéliova , le seul que l'Écriture appelle simplement et absolument Dieu cl le l'ère. Il est le père
Jésus-Christ. Paul l'explique très-bien en disant, Cor. 8, 5: -Encore qu'il j en ait, soit dans le ciel ou sur la terre, qui sont appelés dieui, et qu'en ce sens, il j ait plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, il n'j a néanmoins
pour lui, et qu'un seul Seigneur Jésus-Christ par qui toutes choses cl nous ont été faites. ■ D'où il est évident que des créatures peuvent être
l5o' ÉTABLISSEMENT DE LA HÉFORMK
honorées du nom de Dieu par la grâce et la concession , cependant , du
seul Dieu suprême, qui est le souverain Dieu des dieui , qui est le père de
de dieux ne jette dans l'esprit aucune confusion, ei ne préjudicie point à la divine unité, puisque toute créature loue le Dieu créateur et lui Ku],
l'Écriture témoigne qu'il n'y a pas d'autre Dieu que lui, Deut. 6,4- . Écoule, Israël, le Seigneur, ton Dieu, est l'unique Dieu. - Deut. 10, 17 : . Jéhovah est le Dieu grand, le Di™ puissant, le Dieu terrible, qui ne fait attention ni ans présents ni aui personnes ; - et Ps. 5o, 1 ; . Le Dieu des dieui a parié; - et Paul aui Gai., 4, 8 : - Autrefois, lorsque vous ne connaissiei point Dieu , vous étiez esclaves de ceux qui ne sont point dieux par leur nature; mais maintenant que vous connaisse! le vrai Dieu , comment vous tournez-vous vers l'impuissance et la Faiblesse?.
Les Écritures, comme on le voit, ont toujours soin do distinguer
que, trois ou quatre passages ezeeptés, elles appellent le pire Dieu simplement et absolument, et Jésus, son Christ et son Dis, Cependant, la divinité du Mis diffère de celle des autres dieu*. Ainsi, Dieu le père a déifie les autres et les a sanctifiés, mais avec des limites, comme ses fils adoptifs. Ainsi Moïse et Cyrn< forent le» dieui particuliers de Pharaon et d'Israël, mais le Christ, Dieu l'a béni comme son propre fils cl l'a sanctifié sans
de la grandeor de laquelle uoos sommes participants. Que le fils soit égalé au père en divinité, en gloire, en puissance, celte doctrine ne
et puissance dit fils procodent du père , et sont reconnues par lui comme don du père; d'où Matthieu peut dire, a8 : -Toute puissance sur le ciel el la terre m'a été donnée ;. et Pierre, Actes s, 16 : - Parce que Dieu a fait
déclare que cette divinité du fils et son égalité avec le Dieu très-haut 1*
père , ne doivent point être comprises par rapport à Dieu le père lui-même , niais qu'elles no doivent fetre que par rapport aui créatures. Car.i5,ij : «Et puisqu'il est dit que toutes clloses lui ont été assojellies, Il est manifeste qu'elles le sont toutes, eiccpté celui qui les lui a assujetties. - Lors donc qoe
assujetti à celui qui lui aura assujetti toutes clunw , [fin que Dieu soit en tous. Or, quoique le lils se reconnût par le don du père égal au père eu vertu, gloire et puissance, il ne voulut jamais cependant abuser des duns de légalité, et le convertir en tjrannie et rapine, comme Paul dit aui Phil. il, g : - Il s'est soumis et s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et a la mon de la croiï. - C'est pourquoi Dieu l'a élevé , et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, et lui a soumis les cieui, [es terres, les enfers. 11 voulut que toutes les criMiuiis l'adorassent comme Dieu et Seigneur ; en un tm>t , il LHTordii ,'l iik-. Ni'u-.r.iué le plus de vertus , de puissance , de grji-M , di- liétiérliniims .-1 di- divinité qu'il put lui cou-
10US le ciel, par lequel ils puissent espérer le salut (Act. /\ , il.), que celui du fils de Dieu , de notre Seigneur Jésus -Christ, qui est Te vrai Seigneur et noire Dieu, comme Thomas (Job. 30, a8), Paul et Jean l'ont témoigné. Ainsi louange, honneur et gloire dans l'éternité des siècles à notre Seigneur Jésus-Christ , à Dieu le père, le Dieu très-grand et très-clément, ■
Le M août, Nicolas de la Fontaine produisit trente-neuf articles rédigés par Calvin , et il demanda que Scrvet fût interrogé sur cm. Ces articles étaient relatifs à ses opinions. Le trente-septième accusait Serve! de s'être violemment élevé contre Calvin et la doctrine qo'il professait. Servet répondit à cette accusation que Calvin l'avait attaqué et injurié dans les livres qu'il avait imprimés, et qac Lui ï'éudt borné [1 montrer la grandeur de ses erreurs. Nicolas de la Fontaine ajant donné caution , fut mis en liberté, et le procureur-général fut chargé de la poursuite do procès. L* ai, Calvin parut devant le tribooal et entra en discussion avec Servet.
l5a ÉTABLISSEMENT DE LA RÉFORME
Il lui présenta des notes que celui-ci avait ajoutées à la Bible et dans lesquelles il l'interprétait dans un sens entièrement littéral, et son litre du Chriitianismi mlilulio , dans lequel il appelait la trinité somnàim jfugmlini, et nommait trithéiites ou athée» ceui qui croyaient en elle. Servet répondit qu'il n'appelait pis trithéistes ceux qui croyaient à la trinité, parce que lui qui y croyait serait aussi un iritliéiste, maiseeui qui voulaient établir une distinction réelle quelconque dans l'essence divine, parce que ce serait lui enlever son unité. Il ajouta qu'il suivait en cela la doctrine des apûtrcs et Jes Pères de l'Église; une discussion s'engagea sur ce point entre les deui adversaires (i).
Le lendemain il écrivit aui syndics et au conseil la lettre suivante pour justifier son opinion et prouver son peu de danger.
Supplie humblement Michel Scrvetus, accusé, mettant en faiet que c'est une nouvelle invention ignorée des apostres et disciples et de l'Église ancienne, de faire partie criminelle pour ta doctrine de J'Ëscriture, ou pour questions procédentes d'icelle. Cela se montre premièrement au* Actes des apostres, chap, jlviti et xji, où tels accusateurs sont déboutés et renvoyés aux églises , quand ni aultre crime que questions de la religion. Pareillemenr du temps de l'empereur Constantin le Grand, où il y avnit
d'Athanasius que du costé d'Arius, ledirt empereur par son conseil et
trine, ticlcs accusations n'aurinnt point de lieu, voire quand on seroyt hérétique comme éloist Arios. Mais que toutes leurs questions seriont décidées par les églises, er que estyla que seroyt eonvencu ou condamné par icellcs, si ne se voloyt réduire par repentance, serait banni. Laquelle
i) Mhrmrd™, p. HlH,« a
A GENÈVE [53 punition a esté de Mat temps observée en l'ancienne Église contre 1rs hérétiques, mira» se preuve par mille .nitrr-s liïsloires et authorités lies docteurs, l'ourquoj, mcssrigneurs , suivant la doctrine des apostres et disciples, qui ne prrmiirnl einriftii-s tii-It-s nfriisalmin , i l suyvant la doctrine de l'ancienne Église, en laquidi' tirlcs accusations ne ejliont poynt admises, requiert ledict suppliant «lie mis dehors de la accusation criminelle.
Second a men t , messeigneurs , vous supplie considérer que n'a point ofionsc en vostre terre ni ailleurs, n'a poiot este sédicieui ni perturbateur. Car les questions que lui tracte sont difficiles, et seulemenl dirigées à gens sçavanls. Et que de tout le temps que a este en Allamagne, n'a
avoir sans sédition aucune mis en avant certaines gestions des anciens docteurs de l'Église, que pour cela ne dojl aucunement estre destenu en accusation criminelle.
costumes de ce pays, ni comme il faut palier et procéder en jugement, vous supplie humblement lui donner un procureur, lequiel parle pour luy. Ce faisant Farés bien , et Nostre-Sri^niHir [iNïsrnjrer.1 vostre république. Faict en voslre cité de Genève, le aa d'aost i553.
Michel SEnvErus, de Villcneusve,
Ed u H propre (,).
Le procureur-général répondit à cette requête que Scrvct setait rcn<lu coupable d'impiétés trop graves pour mériter d'avoir un procureur ou un avocat. 11 présenta trcnte-liiiil ntmvt'rm\ an ides eimlre lui. Les premiers
•, p. 6; il S!, il d.ni a. dtUMc, p.
personne et à ses mœurs. Comme ses accusateurs prétendaient qu'il avait mené une lie très-dissolue, il lui fut demandé par la treizième question , s'il s était engagé dans les liens du mariage; il répondit qu'il n'avait jamais pensé à se marier, eo quod impoicnlcm use ne hemionan esse, scieisset (i).
Cependant le conseil de Genève ayant averti les magistrats de Vienne de la prise et de l'incarcération de Servct, cein-ci le firent redemander pour le juger. Dès que Servct en fut instruit, craignant un sort plu» funeste à Vienne qua Genève, il se jeta au* pieds <!e ses juges , et les
Calvin , qui avait assisté déjà plusieurs fuis à l'interrogatoire de Scrvet, intervint plus directement dans le procès, et le l5 septembre il lui présenta trente-huit propnsitions extraites de ses ouvrages, sur lesquelles il demanda qu'il fût iïitenn^é. Ce jfmr i^êiiii', Servit écrivit nu conseil des Deuj-Ccnts la lettre suivante, dans laquelle il se plaignait des misères , di's (hnileiirs et des injustices de sa captivité.
Met rm-Aonorei Seigntun ,
Je vous supplie très-humble ment que vous plaiso abréger ces grandes dilations, ou me mettre hors de la criuiinalilt. Vous voyés que Calvin est au bout de son roullc, ne sachant ce que don dire, et pour son (iLusir me luult ici faire pounlr en Li prunn. Lh puuli me mangent tout
ctwpite, que une méchante, le vous jvoi>'piê«entc une autre recjunte.
dépravée. C'est grande linnte à luy, encnre plus grande, qu'il > cinq semeincs que me tien! ici si fort enfermé, ei n'a jamais allégué contre moy un seul passage.
Messeigiieurs, je vous avoys ausii dLiniindn' im pioeureur c-u advncat rojiuiLi: Livii'ï |n.Tini> :\ ma prlie, l;iniiii-lo n'en avovt si afaire que moy, jl* suis .^ir,i;L;;k':-, ij-'W'^ml I; 1 ' eiisluuio iIl- i l l [mvs. Timu-fois mus Liv(v jif-iniis ; l l luy, pj.h a nioy, i-t I'mvi^ uns b.ir.s iW- p isun devant de riignuislre. Je vous requier que ma cause soyl mise au conseil de Deui- I jjnls aveu ne mes rrqu estes; et si j'en pujs appeler la, j'en appelle, protestant de tous despans, dommages et interés, et de juvru't lalionh, tant .-ontre le premier accusateur que contre Calvin, sou maistre, que a prins
Faict en vos prisons de Genève, le i5 septembre i553.
Micum. Sehveius,
Il n'y eut aucune autre conférence entre Calvin et Serve! devant les juges. Servet eut bien la faculté de discuter avec Calvin, niais il n'en protita point, préteitant sa tristesse et ses chagrins. Il est possible qu'il rn fin <.ui[»'i:Ill : p»r l.i ermite il' 1 l.i .H[<j>i : Nuiir.e il.; s.m ailv.Lrsaire ilans une ™ilroi«se ornlr. I.i disntissiiin eut lieu par écrit entre eui. Ser-Vfit répondait aux propositions que Calvin avait extraites de sou livre. Encouragé
i-oinre lui itii ris !■[-[['■ i-iiin i-i kj'i.'^ éri il.: ; il 1 j ij-.i-1m lL Sii :i- iil.il; icii'ii ,
imposteur, sycophanle , perfide, menteur, et il disait : * Je suis constant dans une cause .si juste, et je ne crains pas la mort (a). .
Tement à mort. C'était le désir de Calvin qui éerivnit : ■ J'espère ijihl I.i sentence sera capitale, mais je désire que l'atrocité de la peine lui soit épargnée (1) : Farel, à qui il écrivait eu ces termes, le confirma dans SDH
l56 ÉTABLISSEMENT DE LA REFORME
de Genève consulta I» pasteurs îles ville; suisses, Il envoya donc le livre que Servet avait public , à Vienne, avec les écrits de Calvin et les réponse; de Servet aux quatre églises de Zurich, de Baie, de licrnc et de Schaf-
promptcmenl, et s'élevèrent contre Servet dont elles appelèrent les erreurs horribles et détestables, et furent d'avis qu'il fallait sévir enntre lui, sans
de Zurich arriva le a d'octobre. Elle «hc-nail les magistrats de Genève à empêcher cette contagion de s «tendre plus loin. Il en fut de même de celle tic Schaffouse qui arriva le 6, et de celle de Ualc qui arriva le 18. Ces déni dernières églises invitaient les Genevois à guérir Servet de ses erreurs, et, s'il était incurable, à se servir de leur puissance pour que l'église du Christ n'essuyât point par là un grand détriment. Les Bernois écrivirent dans le même sens (i).
Servet, qui ignorait ce qui se passait, adressa le 32 septembre au conseil une nouvelle supplique, dans laquelle il se plaignit que Calvin l'eût faussement accusé d'avoir nié l'immortalité de famé et l'incarnation du Christ.
Tiis-honorés Su'gneurs ,
Je suis détenu en action criminelle de la part de Jehan Calvin , lequel m'a faulsement accusé, disant quej'aiés escrîpt,