I. Que les ames estiont mortelles , et aussi
II. Que Jésu Christ n'avoyt prins de la Vierge Maria que la quatrième partie de son corps.
Ce sont choses horribles et exécrables. En toutes les lultrei hérésies, et en tous les aultres crimes, n'y en a poj.it si grand que de faire J'amc
(ï) Allnofrdrn, p, Srj ri 90.
Lïmtcod bi Ci
A GENÈVE. 157 cestui-cy. Qui dict cela ne croyt pojnt qu'il y aye Dieu, ni justice, ni résurrection, ni Jiisu Christ, ni sainte osciiturc, ni rien : sinon que tout È mon, El que homme et heste soyi tout un. Si j'avés dict cela, non seulement dict, mais «rript pnlilKMinent pour enfecir le monde, je
Pourquoy, messeigneurs , je demande que mon faull accusateur soit puni pŒm'i ttitîonif, et que .mi-.t rli. L lcim |ii]'inini..|- <i>siinu* iij.dy jnMjui^ .1 ce que la cause soyt detfinic pour mort .E.- luv on (Ji ru m , ou aultiv puini. £t pour ce faire, je me inscris enntra luy à ladicte poine de talicn. Et suys content de niorir, si non est convencu, tant de cecy que d'aultres choses que je lui mettre dessus. Je vous demande justice, messe prieur; . justice, justice, justice.
Faict en vos priions de Genève, le nij de septembre i553.
signataires. Mais quelles preuves apportent-ils pour établir, comme ils le prétendent, que le (ils e.-t invi.ilil^ ft n^lUnn-nt distinct? Us n'en produisent aucune, et n'en produiront jamais. Cela convenait cependant à de si grands ministres de la parole divine, qui se vantent partoot de ne vouloir rien enseigner qui ne soit démontré par des passages solides de rÉcriturc. Mais aucuns pssages pareils ne sont cites. C'est pourquoi ma doctrine est attaquée par des clameurs seules, mais elle n'est condamnée par aucune raison et par aucune autorité.
- Michel Servet. — A signé seul , mais ayant Christ pour protecteur très-certain (a). -
Enfin, voyant qu'il n'était plus appelé devant ses juges, et que son sort n'éprouvait aucun adoucissement dans sa prison, il écrivit le m «ctobre, la lettre suivante :
Magnifiques Seignenri ,
Il y a bien troys semmeines que je désire et demande avoir authansc et n'ay jamays peu l'avoir. Je vous supplie pour l'amour Je Jei« Chriil,
justice. J'ny à vous dire choses d'importance et Lien nécessaires.
Quant à ce que a vie; i:t,inifi' , qn un me fit quelque chose pour me
tenir net, n'en a rien esté faîct, et suys plus pielre que jamais. Et davantage le Frnyt me tonnante grandement à cause de ma colique et rom pure, laquelle rurngeldre d'aultres pauretes, que ay home vous escrire. C'est grande cruanltil, que je n'aye ennget de parler seulement pour remédier à mes nécessités. Por l'amour de Dieu, Mcsseigneurs , denes y ordre, ou pour pitié, ou pour le devoyr.
Faict en vos prisons de Genève, le dixième il'urtohrc 1 553.
Mien» SâSïBms (.).
Mais ses supplications furent inutiles, lorsque les réponses des églises suisses furent arrives, il fut condamné au suppliée du feu. Un de ses amis demanda vainement que sa cause fut soumise au conseil des Dcui- Cents. Calvin lui-même, qui l'avait poursuivi avec tant de dureté et d'acharnement, chercha tout aussi vainement à faire adoucir son genre de mort [i). Comme la loi qui condamnait au feu les hérétique* :i t-tait pas abolie, la sentence fut fomt tu ces termes :
A GENEVE. I 5tf
Michel Serve! de Hlleneusiie nu roy aume d'Arragon en Eipagnc.
ans, fait imprimer un livre à Agnon en Allemagne CODtTC •'t mdividue trinité , contenant plusieurs el ];r;ni'1s ii!iis].:i'.[i iccllc grande nient scandaleux es églises ilcsclilcs Allemagne
scavants docteurs évangélisles desdites Allemagne*.
Item, et lequel livre a este par les docteurs dïcelles églises d'Allemagne, comme plein irk.'ié: : i'^ . r r|nrmn: , i'î ledit Scrvct rendu fugitif desdites Allcmagnes à cause dudit livre.
Item, et non obslant cela, ledit Senet a persévéré dans ses faulses erreurs, infectani d'icellcs plusieurs à sou possible.
Item, et non content île n l.i, pimr mii'us divulguer et espancher son venin et hérésie, depuis peu de temps en ça il a fait imprimer un autre livre à cachette dans Vienne en Dauphinc, rempli desdites hérésies, Mi-ril:!^ ( 1 interalliés liki«]i]iti[its euiiuv l.i iair.tt trinité, contre le (ils de Dieu, contre le baptesme des petits enfans, et autres plusieurs saints passages et fon démens de la religion clirestienne.
hem, a spontané mi ut cou fossé 4 ii en iceluy livre, il appelle ecui qui emient en la trinité, TriiUtalret ci JlMites. t
Item, et qu'il appelle trinité un D. . . et monstre 1 Ir— s t-tes (1!.
Item, et contre le vrai fondement de la religion chrcsticnnc , et blasphemant de tes tablem en t eontre le fils de Dieu de tome élernité, lins tant seulement depuis son incarnation.
Item, et contre ce que dit l'Eseriture Jesus-Clirist estre fils de David selon !a chair, il le nie malheureusement, disant iceluf estre créé de la substance de Dieu le Père, ayant reçu trois élémens d'icelui, et un tant seulement de la Vierge : en quoy meschamment il prétend abolir la vraie
llio ÉTABLISSEMENT Dlî LA MSFOHiWÏÏ
et entière humanité de Nostré Seigneur Jésus-Christ , la souveraine consolation du povre genre humain.
llem , cl que le baplesme des peiils entons n'est qu'une invention
desquels ledit livre est mut farci grandement scandaleux, et contre l'honneur et majesté de Dieu, du fils tic Dieu et du Saint-Esprit : qu'il est un cruel et horrible meurtrissement , perdition et ruine de plusieurs povres ames, estans par sa dessus dite diluijle et détestable doctrine trahir». Choie épouvantable a reciter.
Item, el lequel Scrvct, rempli de malice, intitula icclui son livre, ainsi dressé contre Dieu et sa sainte domine evangnlique, Chriitmnisnti reitillllio, qui est à il in; R.f/itntiiia ihi christianisme ; H ri' pour mieui séduire et tromperies povres ignorans, et pour plus commodément in Icctcr de son malheureux et m cachant venin les lecteurs de son dit livre , sous l'ombre
sans Dieu, et que pour un Dieu n nu s avons un C— re à tr — st-tes(i).
Item, et a davantage et volontairement confessé qu'au dessus dil lieu de Vienne, à came ilicclui nie-chant et abominable livre cl opinions, il fut fail prisonnier; lesquelles prisons perfidement il rompit et
Item, et n'est seulement dressé ledit Servet en sa doctrine contre la vraie religion élire s lien ru-, mats comme arrogant innovateur d'hérésies, contre la papistiqtie ci autres, si que a Vienne même, il est été brûle en éhgic et de sesdits litres cinq halles bruis.
Item , et nonobstant mur < élnrii ici es priions Je celle eité délei>i>, n'a laissé Je persister malicieusement en sesdites méchantes et détestables
chrétiens et fidèles tenemeiniera de la pure imuiucolée religion chrétienne, les appelant Trinitaircs, Atliéistes et Sorciers, nonobstant lei remontrances à lui déjà dès long-temps en Allemagne, comme est dit, faites, 1 i j.j niijii i.H îles rt'pvi'l'L'inioii-, i-ni|ii'i«>titi«mcnu et corrections à lui tant ailleurs qu'ici fiiies. Comme plus amplement et au long est contenu en