SUR L'INTRODUCTION UE L'ANCIENNE GERMANIE
ban, expulsé de Luxeuil par la daine de Brunehaut et de son petit-fils Théodoric, roi d'Austrasie, dont il avait courageusement attaqué les désordres , alla fonder en Loinbardie le monastère de Itobio, deux de ses compagnons, saint Gall et saint Sigebert, devinrent les instituteurs de l'Helvétie allemande. = A cette époque, n dit l'historien Jean de Muller, . le b pays habité par les Suisses, aujourd'hui orné de beaucoup ■ de villes et de milliers de villages, était un désert aride, a hérissé de bois; l'on ne trouvait que peu d'habitations dans « le voisinage d'une tour, ou près d'une métairie; d'épais * buissons avaient couvert les ruines des anciennes villes et « des camps romains à la suite des invasions des Alamanni (])■» Cependant, l'Helvétie méridionale ou romane avait déjà repris un aspect plus florissant par les établissements monastiques de Lausanne, sur les bords du lac Léman [a), de Roman-Maiitier (3), sur le même revers du Jura , de Saint- Ursîcin (4), dansdes rochers peu éloignés de la source du Douhs, de Pertelingen , dans les environs des ruines d'Aventicum (5), et d'Agaune ou de Saint-Maurice, dans les Alpes du Valais (B).
(i) J. Muller, t. I, ch. o, p. 338-.13g.
(a) Chmn. épiscop. de Lausanne, dans lu manu te. de Buchaî. — Moll., 1.1, eh. 8, p. 345.
(4) Mullbd, I. I, ch. g, p.3dî.
(5) Cbron. CharuiL— Mnixu, 1. 1, ch. 9, p. 3o5.
(S) HaBUX., Ann., t. [, lib. 1, n" 69, p. 37. — Gsbgou. mimc-ii, lil>. 3, c, 5. — Mullir, 1. 1, ch.8, p. i53.
Quflht à l'Helvétîe septentrionale, ou germanique, elle était encore idolâtre dans su plus grande partie. On y adorait Wodan ou Odin, et on y jetait des chevaux an dieu du Rhin dans le gouffre de Schaffousc. Toutefois, le christianisme avait commencé à y pénétrer dans le siècle précédent. Fridolin avait fondé le monastère de Sickiugcu, dans une Ile du llhin, et peu de temps après, deux chefs des hautes Alpes, LIrso et Landulph , lui ayant donné une vallée dans la Rhétie , près des sources de la Linunat , il y construisit le monastère de Saiut-IIilaire, <|iii donna naissance à Glaris (i).
Ce fut dansées pays sa nvaf;ei qu'il i-rivèrcut les compagnons de Colomhan. Ils remontèrent le cours du Rhin à travers les forets et les montagnes, éternellement couvertes de neige. Gall réunit sous des cahanes quelques disciples qu'il fit dans le comté d'Arhonet à l'aide desquels il défricha, le pays que lui donna le comte ou le graf Talto , et où fut depuis construite la célèbre abbaye de fiai nt-C. ail (a). Deson côte, fîigebert se retira dans un désert, près des sources du Rhin. Il annonça le christianisme aux pâtres e! aux chasseurs de ces montagnes, au milieu desquelles il éleva le monastère de Disentis (3). A un assez court intervalle, Ruprccht et sou
(■) M m.j-i h , [. I, ch.fl, p. 333.
(a) Fita S. Gnlli, <iiict«rr IF,i/,i/rii/„ StrtUio, Mais agiensi. — Apod Maiill.. Acl. S. or:l, S. Bond- laC.ll. I. Il, n. î3o à liR. et Fita
frère Wikard , obéissant à la même impulsion, fondèrent, l'un , près du lac Tigurin , sur un coteau boisé, l'autre, ;i l'extrémité du lac le plus central des Alpes, deux abbayes auxquelles remonte l'origine des deux villes de Zurich et de Lueerne (i).
Le mouvement n-li^it-tix imprimé j >;i i- (loloinhan et entretenu par l'abbaye de Luxcuil conduisit h des résultats non moins détisifsi. , ii(^iiili^n(;!;r;iii!.lspropi'it ; lini , t , fi > (li-si-u[iilcs,desofBcicr* du palais cliez les Mérovingiens, embrassèrent la vie cénobiti- <pie et donnèrent , ainsi ijiie 1rs rois francs , de vastes terrains incultes pour y fonder des monastères. « Des essaims de « moines , dit un auteur contemporain , se répandirent alors » non-seulement dans les champs, dans les villes, dans les o castella, dans les bourgs, mais dans le fond des désert s (a), a Sous les disciples de Colomhan , ees essaims pénétrèrent au nord-est dans la forêt des Vosges , qu'ils remplirent de leurs établissements (3). Sa partie intérieure vit s'élever
id usqiie tempus in proiimis lotir. irifi>l;i' p!iîi.|iu: planifia superalitionibiuaddicti.— Mamll., II, n° 30, p. 3m.
(1) Hcller, 1. 1, ch. 9, p. 335-3ÎJ.
(a) Walbmi lempore (de 614 i 655 , 3' abbé de Lu.eu.il et lucecmmr d'Eutuiiu qui paUrftrnutsxamorwn extilit nionachomm.,l>k.T,iLi., Ami. hb. II,n"46\p.3aG) per Gulbarum pruvinebu igmin* manicborum et Hcrarum virginuin esjNiiiiii non miIueii per njjros, villas, vicosque alque castella, verum t\\M<\ p.T eremi vnstit.iti<m .'I régula duntaiat llenedicli et Colunibani pulluiare ca>perunt , cum anti illuil tmnpus vix pauca Mil nptrirtntur loeîs. — Aiumjmm m filaS. Stilaberga. Aa. SS. ont. S. Bmat, lire. 11,'t. a. — Onu Disrinn, île PropagaliarU gallican,, p. 89.
(3) Voir In dm. ieiwWtf. rf* Mamil., i. I.