‹ Comment l'ancienne Germanie est entrée dans la société civilisée de l'Europe occidentale et lui a servi de barrière contre les invasions du Nord mémoire lu à l'Académie des sciences morales et politiques par m. MignetChapitre 6 sur 31 · IANS LA SOCIÉTÉ CIVILISÉE UE LHUROPE OCCIDENT A L E · texte numérisé non relu

IANS LA SOCIÉTÉ CIVILISÉE UE LHUROPE OCCIDENT A L E

lia sang qu'il avait versé, en violation des canons (i). Nommé lui-même évêque de Mayencc, en 7<j5 , il avait vu ce siège érigé en métropole de la Germanie. Quelques années après, Zacliarie confirma la suprématie du siège de Mayencc en ces

n Par l'autorité de saint Pierre apôtre, nous décrétons que n l'Église de Mayencc soit maintenue eu métropole à toi et à i tes successeurs, ayant sous clic Tongrc, Cologne, Worms, • Spire, Utrecht et toutes les villes de la nation germanique « à qui ta paternité a donné par sa prédication la lumière du « Christ (a), o

I.' étroite union de Pépin et de Boniface amena une grande révolution chez les Francs. Pépin ne voulant pas rester simple conquérant, el désirant changer la souveraineté réelle qui était dans sa famille depuis soixante et douze uils en Austrasie, et depuis soixante-quatre ans en Neustrie , en souveraineté légale, s'adressa, d'après les conseils de Bonifacc, au siège de Rome comme à la source du droit. Il envoya, eu 7^9 , Burcliard , évoque de V\ ur/.biug ei disciple de Bonifacc, et Fulrad, abbé de Saint-Denis et arcliicliapelain du palais, auprès du pape Zacliarie, pour lui demander si celui qui remplissait les fonctions de roi ne méritait pas mieux d'être roi que celui qui n'eu portait que le titre, /.acharie répondit que celui-là devait être roi qui exerçait la puissance royale (3).

(0 OfAfcm.lib. i.SXXXVH.

(a) Dnj. JIuuquit, t.lV, p. 97. — Apud SlXMCvD., Ll, p. 5fli,

(3) II lire I ia relu j, Wiriilnirijensis i jiijrnjin,. ,n Fdlr.i.lns, pn-sl.yler iMpel-

88 sur l'introduction de l'anciennk cehmanie

DÈS qui! scs envoyas furent de retour, et qu'il apprit d'eux cette réponse, Pepiu n'licsit;i plus, il se lit élever sur un bouclier par les Francs, et lîonifaoe lui donna l'onction royale, selon le vieux «sage juif, dans la cathédrale de Soissons. Ce fut, cliei les Francs et en Gaule, le premier sacre ecclésiastique. Le dernier roi mérovingien, Ciiildcric, fut tonsuré et mis dans un monastère (1).

Trois ans après, le pape Etienne II, qui avait succédé à Zacharie, se rendit lui-même auprès de Pépin (a). I.e roi des Longobards, Astolfe, ayant envahi l'exarchat et la pcntapole, Etienne écrivit au nouveau roi des Francs pour demander son assis tance au nom même de l'apôtre Pierre: a Moi Pierre, apô- « tre de Dieu, lui dit-il, qui vous ai pour (ils adoptif, je vous o adjure par votre affection de défendre de ses ennemis cette

lanus, misii sunl Romani ad Zacliariam papim, ni consul ère ni poiltïfleelri de causa reguni qui ilJu lempore fucrtml in Fram-ia , qui nomen tantum régis, se.l nullam poteslalem regiam liabuerunl; per quos pricdicuis ponlifci inandavit, melius esse illum nwari rrgem , apud queiu sumnij pôleslatis; dataque auttmiMLe sn;i, jn-..il i'ippinum rpgpm eonsliniL. — EinuinDI Annales, an. 7^9. — Zacnorias papa mandavil Pippiuout uielius esset illum rrgem vocari qui jinti'>kiifiii h:i!)i;i'Et, quam illum qui sine regali poleslate manehal, ut non conturbaretur urdo. — Annales Lauiïllemes, an. 7^9. Apu.l i'tKTi, Slonum. Gcrnian. 1, p. i36-lij, — Voir aussi Dou. UocqDET, V, p. 33.

(1) Pippirrus sceiiniluni intuvm rr.inni] uni i-li clin rslail rrg™ cl unc-

F rancis in regno suo in Sncuianii ciïiiate. llildcricus vern, qui falsè rex ïocahalur, mnsuratus esl et lu mouaslcrium missus. Annale, rer. franc. Dom. Rouquït, 1. V, p. 33. — Voir aussi. Annula laurisœnsa et Annale,

' (S) [>EBTI,t.l, p. i3S-i3 9 .

DANS 1.4 SOCIÉTÉ CIVILISEE l'E L EUROPE OCCIDENTAL!!. %

» Église romnine et le peuple que Dieu m'a confié, cl la deo meure où je repose selon la chair, parce que vous tous, «peuples francs, vous êtes notre peuple élu parmi les na- .tionj(,)..

Étiennc II s' étant abouché à Puvieavec Astolfe, sans obtenir qu'il renonçât à ses prétentions, partit pour la Gaule. Pépin , cpii avait exigé du roi des Longobards qu'il laissât passer Étienne, envoya l'abbé Fuir ad et le due Rotliard à sa rencontre jusqu'au monastère de Saiiil-llatiriri-, dans les alpes du Valais. H alla lui-même au-devant de lui et l'attendit dans le palais de Chiersi-sur-Oise. A la vue du pape, il descendit de cheval et se prosterna devant lui. Étienne lui ayant demandé de le secourir contre les Longobards, Pépin le lui promit par serment, et s'engagea à lui rendre l'exarchat de lia venue , les droits et les patrimoines de la république romaine. S'étant acheminés ensemble vers Paris, le pape Étienne occupa le monastère de Saint-Denis, où il renouvela te sacre de Pépin, qu'il étendit à ses deux fils (a). Cette cérémonie eut surtout pour objet d'établir l'hérédité royale dans la famille nouvelle. Aussi, le pape enjoignit au\ nobles Ir; s qui y assistaient,

(i) Epiit. S. Slephaai II papar. - Cod. Cwmo 111, et Don n.iuontr, i. V, p. ig6-igj. Idcoque egn apostoluj Dei Petrtu qui vos adopti™

dum carnem requiesco... (Jnippo est qn&d super o m no fi enies, qine luli

(i) Vila Stipham H papa, coltcclorc Anattatta Bibtiothscurto, — Dum Bouquet , V. p. £I5-4-)<>- — MmuTtai, t. III, pars i, p. 168 et suiv.

()0 SUlt l.'lHTHOD liCTION DE L ANCIENNE C EU M* H 11!

de ne jamais choisir, sous peine d'excommiiiiication,que des rois issus de la race de Pépin (i). Etienne nomma de plus Pépin patrice de Rome (a) , disposant ainsi d'une dignité qui n'avait jamais été conférée que par les empereurs.

Pépin, fidèle à sa promesse, passa deux fois les Alpes avec une armée, et força les Longobards à abandonner l'exarchat de Ravenne, la pentapole et le duché de Rome, dont il fit donation au siège apostolique. Fulrad, abbé de Saint-Denis, fut chargé de cette investiture, et il déposa dans le confessionnal de Saint-Pierre l'acte de donation de Pépin avec les clefs des villes (3).

«uLorittte beat! Pétri aibi à Domino I. C. vero Dm Radia obligarit cl eurriculi,ipsivelquiqueei eorum progenie orti, regem super se praprovidentia ail sanctionna m sedem api«lolïcam luendam eligere et per

BououirA. V, p. 436, not.

(a) Liber diumus mmanonim pontifeum, c. a , lit. 3 et 4.

Lb Btmc, Dissertation à la suite du Traite sur les monnaies de France.

(3) fila Stcphani II, an, 7 55 et ? 56, danj Don Bosquet, p. 43c,, et dam MuïiToni,t,III,pjr.i,p.i7i.VoiidinjAna!U!i:ceivillesquiioiiindtenne, Rimini.Pesaro, Fann, Cesenj, , Jc.ii, l'Wlimpopoli, Forli avec

le château de SuJSubio, Montcfeltro , AeerragiD, Monte diLucarq, Serra, le château de San-Mariano ou Mariuo, Itubiu, Uil)ino, Caglî, Luceulo, Gubbio, Coinaechki, Tlarm.

C-tl.c ililIKilion 1 1 " . -s I ^■uii'rm.'lir 'L'rlilli.'': [>.IJ A:.ASTA3I LB BlDLlOTHf-

caibbci par les divers annalistes du temps, mais parles lettres d'Etienne II CiKiii, Monnniçnia dominations aonlifieia, !. I, p. 85-j(i-ia4.

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