‹ Comment l'ancienne Germanie est entrée dans la société civilisée de l'Europe occidentale et lui a servi de barrière contre les invasions du Nord mémoire lu à l'Académie des sciences morales et politiques par m. MignetChapitre 8 sur 31 · DANS LA SOCIÉTÉ CIVILISEE I1E I.' EUROPE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

DANS LA SOCIÉTÉ CIVILISEE I1E I.' EUROPE OCCIDENTALE

pays (i). Après avoir fait ses suprêmes dispositions, il partit pour sa dernière campagne chrétienne. Il prit arec lui Coe- Lan , qu'il plaça sur te siège d'Utreclit , les prêtres Wintrung, Walter, Ethelter, les diacres ilamniid, Seirbald et Bàsa, les moines Waccar, Gundacker, Jllescher, Bathwolf, et une suite assez considérable qui portait tout ce qui était nécessaire à cette expédition (a).

Il se dirigea vers la partie de la Frise demeurée encore païenne. 1) y commença ses prédications. Parvenu à In rivière de Boom, qui séparait la Frise occidentale de la Frise orientale, il y établît son camp, et il célébra la féte des néophytes. Mais une troupe de païens vint l'y attaquer, et , comaie ses serviteurs et les néophytes prenaient les armes pour se défendre, lioniface sortit de sa tente, entouré de ses prêtres, ayant dans ses mains les reliques des saints qu'il portait habituellement avec lui. Pénétré d'une joie intérieure en voyant si près de lui la mort qu'il ne pouvait pas se donner, mais qu'il aspirait à recevoir, il dit avec calme et avec autorité à ses serviteurs: — i Cessez le combat, car l'Écriture

■ nous ordonne de ne point rendre le mal pour le mal, mais * le bien même pour le mal. Voici le jour si longtemps désiré,

■ le jour de la délivrance, « — Se tournant ensuite vers ses prêtres ,Jés diacres et autres serviteurs de Dieu , il ajouta : — a Hommes, frères, soyez fermes de cœur, et ne vous efa frayez point devant ceux qui tuent le corps , parce qu'ils ne

Ç)f) SUR l'|HTII0DUCTION DE T.' ANCIENNE r,KBM*H)E

« peuvent point tuer lame impérissable. Mais réjouissez-vous h clans le Seigneur, et mette/ .11 lui voire espérance (l)-"

lioniface el ses compagnons tvslrmit ainsi sans défense contre les coups des païens (|iii tondaient sur eux et qui les

dépouilles, et dispersèrent leurs livres, qui furent trouvés plus tard (a). Ainsi périt, le 5 ou le g juin de l'année , après trente-huit ans d'apostolat, ce généreux chrétien, qui avait conquis, par ses périlleux travaux et par son infatigable dévouement, toute une grande contrée à la sociabilité. Il périt comme un soldat sur le champ de bataille. L'Allemagne le regarda comme son bienfaiteur, et l'Église le Compta au nombre de ses grands hommes , de ses saints et de ses martyrs. Ses restes, que l'évêqué d'Utrecht alla recueillir sur les rives de la Boom , furent transportés d'abord à Utrecht et ensuite à Puld, conformément à son dernier voeu (3).

enidimar, et ne maium pra mata, sett eliam txtnitni pra malis reddamns. Jam enîm diu OptatUJ adesl dieï, et spontaneum rfyolulionis rtastrtv Iftnpui imminct, — Sed et Allantes tain prcabylcros <]uam ttiam diacones inFerio- |-is'|UL' orainis Tiras lli-i siilnhlus si-ivitiii [inliii inlnninens vote, ail: — Viri, fialres , forticslote anima, et ne terrtaiaiai 11 1 hù qui accidunl tôtpus , ijnnniam animant sùir. fut,: numintem r.cenn: mm /misant; sed gaudcle in Domino et spii vestrte anchoram m Deum ilefigitû. WlUlUU!, c. XI, S 36.

(a) VTiluuid, il«tl„ s 3 7 .

(3) Wili.imij., XII, S 38.

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