H4 COMMENT L'ÉGLISE ROMAINE
soire d*exiger, comme garantie contre eux, que le concile tenu par eux-mêmes fût reçu par euxmêmes. Le mot € Eglise » signifie évidemment ici l'universalité des églises particulières avec leurs prêtres et leurs fidèles.
Fénelon, qui n*est pas plus suspect que Soto en pareille matière, s'exprime ainsi : c Le concile n*est pas TEglise, mais seulement sa représentation, comme il a souvent été dit, tant dans le concile de Constance que dans celui de Baie; c'est-à-dire que les évêques qui assistent au concile y sont députés par toutes les églises de toutes les nations catholiques, pour, au nom de l'Eglise universelle, déclarer ce que cette Eglise universelle pense et quelle est sa tradition. Ces légats sont donc ainsi les mandataires de toutes les églises, et il leur est défendu d'excéder e7i quoi que ce soit leur mandat. D'où il est évident que, si cinq cents évêques, comme nous en avons des exemples dans l'assemblée de Bimini et dans celle de Constantinople contre les images, excédaient leur mandat de déclarer la foi cammurUy l'Eglise universelle, dont ils sont seulement les mandataires et les simples représentants^ ne ratifierait PAS LEUR DÉFINITION ET LA REJETTERAIT AU CON- TRAIRE. Il est clair comme le jour qu'à l'Eglise universelle seule appartient d'envoyer librement et à son choix des mandataires pour déclarer la foi commune. Tirez-en cette conclusion nécessaire que
la principale force et la souveraine autorité des conciles ne vient pas de leur convocation ou de leur définition, mais seulement de la confirmation par laquelle V Eglise universelle ratifie tout ce qui a été fait par les mandataires quelle a délégués (1). » Il est donc évident que, selon Fénelon, Tinfaillibilité réside dans TEglise universelle, et qu'elle n'est communiquée au concile œcuménique qu'autant qu'il est la ^représentation exacte de l'Eglise universelle, c'est-à-dire, de toutes les églises particulières.
Montazet, archevêque de Lyon, enseigne, dans les Institutiones theologicx publiées par lui, que les décrets d'un concile de tous les évêques du monde sont insuffisants, s'ils ne sont pas confirmés par l'approbation de l'Eglise entière, c'est-à-dire, par les prêtres et les simples fidèles, les uns et les autres étant membres actifs de l'Eglise. Selon lui, ces décrets, même dogmatiques, restent indécis tant que cette acceptation n'a pas eu lieu. Assurément cette doctrine, dont la négation avait été préparée depuis plusieurs siècles, était alors combattue, notamment par Pey . Mais il n'en reste pas moins certain qu'elle était alors l'enseignement, encore officiel, d'une église aussi considérable que celle de Lyon,
A Reims, il est vrai, l'archevêque attaqua les droits des prêtres et voulut réserver aux évêques
(1) De summi Pontificis auctoritate, cap. XXXIV.