‹ Comment l'Église romaine n'est plus l'Église catholiqueChapitre 9 sur 18 · COMMENT L'EGLISE ROMAINS · texte numérisé non relu

COMMENT L'EGLISE ROMAINS

Nul ne peut nier que ces notions ne soient répandues et enseignées par les romanistes les plus accrédités.

Cependant n'est- il pas absolument certain que jamais les trois premiers conciles oecuméniques de Nicée, de Constantinople et d'Ephèse, n'ont été approuvés par le pape î Et, même de nos jours, Mgr Kenrick, évéque de Saint-Louis, ne dit-il pas dans une brochure qui, il est vrai, n'a pas pu être imprimée à- Rome, mais qui n'en reste pas moins l'enseignement d'un évêque catholique en 1870: « Pontifida confirmatio rerum naturam non mutât, sed, ni aliud obsiet^ soîemniter testatur omnia in concilio rite facta fuisse. La confii'mation pontificale

NE CHANGE PAS LA NATURE DES CHOSES ; elle n'est

qu'une attestation solennelle de la légalité des actes du concile, dans le cas ou rien d'ailleurs n'y

AURAIT mis obstacle. (1). >

Telle est la seule valeur de l'approbation papale.

Mais voyons les choses de plus haut et plus complètement.

Avant tout et d'après les mots eux-mêmes, un concile-n'est général, ou œcuménique, ou universel, qu'autant qu'il est la représentation fidèle de l'Eglise universelle. De même qu'un concile qui ne représente que les églises d'une province, n'est qu'un concile

(1) De pontificià Infallibilitate , Neapoli, 1870; p. 36.

provincial ; de même, un concile qui ne représenterait que l'église et la cour de Eome, ne saurait être qu'un concile romain. Pour qu'il soit réellement général ou universel^ il est de toute nécessité qu'il représente toutes les églises particulières, c'est-à-dire, l'Eglise universelle. C'est sur cette base de simple bon sens et de saine théologie que repose toute la doctrine que nous allons exposer, et c'est sur la base absolument contraire qu'est bâti l'édifice romaniste.

La première condition d'un concile œcuménique est donc que toutes les églises particulières y soient représentées. Or, une église, si particulière qu'elle soit, ne se compose pas seulement d'un évêque et de son secrétaire, mais aussi des prêtres qu'elle reconnaît comme ses pasteurs et des simples fidèles qu'elle compte comme ses membres. Aussi, pendant de longs siècles, les laïques chrétiens et les prêtres assistèrent-ils aux conciles. Nous verrons plus tard quels étaient les droits des uns et des autres. Bornons-nous*, en ce moment, à constater qu'ils y étaient présents pour y prendre une part active dans les choses de la foi et de la discipline, et que leur témoignage en matière de tradition dogmatique y était aussi respecté que leurs actes en matière de discipline judiciaire et gouvernementale. Jamais les ultramontains n'effaceront ce feit de l'histoire, parce que jamais ils ne pourront supprimer les actes des conciles.

De cette première condition découle donc une seconde, à savoir, que, si les évêques se rendent seuls au concile, emportant avec eux la confiance de leurs prêtres et de leurs fidèles, ils doivent y être des représentants exacts des uns et des autres, des témoin irréprochables de la foi et de l'esprit de leurs églises respectives, aussi bien pour ce qui est du passé que pour ce qui est du présent. Et les fidèles, à plus forte raison les prêtres des églises respectives, ont le droit, non-seulement de savoir quel a été le témoignage et quelles ont été les dépositions de leurs évêques, mais encore d'en contrôler l'exactitude, parce qu ils doivent, eux aussi, garder le dépôt de la foi et concourir à la vitalité de l'église dont ils sont les membres ou les pasteurs. Mais comment faire ce contrôle, si l'on est dans l'impossibilité de connaître par soi-même le témoignagne et les dépositions des évêques ? Aussi la publicité des conciles réellement œcuméniques a-t-elle toujours été observée. Saint Jean Chrysostôme n'a-t-il pas refusé un jour de paraître devant un synode qui n'était pas public ? Ce n'est qu'au concile de Trente qu'il est parlé de secret pour la première fois ; et encore faut-il remarquer qu'il était seulement « recommandé » aux évêques, qu'il ne concernait que les projets de décrets dont on pouvait s'emparer comme de canons définitivement adoptés, pour empêcher la réconciliation entre les catholiques et les protestants, et

que les évoques, dans leurs mémoires et leurs nombreuses lettres, ne se faisaient aucun scrupule de raconter ce qui se passait à ce concile. C'est le concile du Vatican qui devait, sur ce point essentiel, comme sur tant d'autres, rompre complètement avec la tradition de tous les siècles, en établissant par son règlement du 17 novembre 1869, le huis clos absolu, et en imposant à tous les .membres du concile et sur tout ce qui concernait le concile le secret le plus complet sub pœna gravi.

Ce droit de contrôler les témoignages épiscopaux est trop important pour que nous nous bornions à l'affirmer sans donner quelques preuves.

Pierre de Soto, théologien du concile de Trente, enseigne que, dans le cas où un concile convoqué cofnme œcuménique serait tombé dans l'erreur, Dieu manifesterait cette erreur et ferait que ce concile fût corrigé par un autre avant d'être accepte par l'Eglise, sed aget ut per aliud sequens concilium corHgatuT, antequam receptum sit al Ecclesia (1). Donc l'Eglise a le droit d'accepter ou de rejeter les décrets d'un concile convoqué même œcuménique ment. Dira-t-on que le mot « JSglise » signifie ici les évêques? Ce serait par trop se moquer de la raison humaine, attendu que ce sont les évêques qui tiennent le concile, et qu'il serait ridiculement illn-

(1) De locis theologicis,

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