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très (1), lesquels existaient certainement et n'étaient pas désignés par le mot diacre; soit enfin, lorsque, saluant toute l'église de Philippes, il n*énumère que les fidèles, les diacres et les évêques, sans nommer les prêtres.
De cette identité du nom , les disciples d'Aërius et en général les presbytériens ont conclu à Tidentité de la chose, comme si un nom générique ne pouvait pas désigner en même temps plusieurs spécialités distinctes. Ils font valoir Tautorité de saint Jérôme. Saint Jérôme, disent-ils, n'a-t-il pas écrit € que le prêtre est le même que Tévêque ? » Assurément saint Jérôme a écrit cette parole, mais il faut bien la comprendre. Saint Jérôme ne pouvait se mettre en contradiction ni avec saint Jean Chrysostôme dont nous connaissons l'affirmation, ni avec les autres historiens, qui tous parlent de l'identité du nom, et non de l'identité de l'autorité (2), ni surtout avec lui-même. Aussi s'est-il expliqué. Quand il place sur le même rang le prêtre et l'évêque, ce n'est pas pour les confondre dans leur unité en égalisant leur autorité, mais pour les unir dans le gouvernement de l'église. Voici ses propres expressions : « Le prêtre est le même que l'évêque, et avant que sous l'impul-
(1) Ch. III, V. 1-8.
(2) On lit dans YAmhrosiaste : « Primitivement, les prêtres étaient appelés éwèiines, j)riraum presbyteri episcopi appellabantiir. » — Théodoret dit expressément : « Saint Paul donnait aux prêtres le nom d'évêques, » Interpret. ad Philipp., III, 445.
sion du diable les partis se fussent multipliés dans la religion, les églises étaient gouvernées par tout le conseil des prêtres (1). » Comme s'il eût dit : Le prêtre est le même que Tévêque, dès qu'il s'agit du gouvernement de l'Eglise; c'est-à-dire qu'il a avec Tévêque, dans la mesure de son droit, la charge de gouverner l'église, iet que l'évêque ne doit pas la gouverner seul. C'est tellement la pensée de saint Jérôme, que, là même, il compare le gouvernement de l'église par le presbytère au gouvernement du peuple juif par Moyse et par les soixante-dix anciens : selon lui, l'évêque tient la place de Moyse, par conséquent les prêtres tiennent celle des soixante-dix anciens ; de même donc qu'il met une différence entre Moyse et les soixante-dix anciens, ainsi en met-il une entre l'évêque et les prêtres. Du reste, il enseigne expressément que c'est l'évêque, et non le prêtre, qui confère le sacrement de l'ordre (2) .
Donc il y a toujours eu une réelle distinction entre l'évêque et le prêtre. Saint Paul recommande à Tite et à Timotbée , qui étaient évêques, d'établir les prêtres , de veiller sur eux, de les juger avec , équité. De telles recommandations seraient incom-
(1) « Idem est ergo presbyter quam episcopus, et antequam diaboli instinctu sttidia in religione fuerint, communi presbyterorum consilio Ecclesise gubernabantur. > In Epist, ad Titum.
(2) « Quid facit episcopus, excepta ordinatione, quod presbyter non faciat? t» Epi$t. Sb ad Evagrinm-
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préliensibles, si le prêtre était absolument Tégal de Tévêque.
Mais suit-il de là que cette distinction soit aussi considérable que semblent quelquefois le penser certains épiscopaliens, surtout dans le romanisme? Nullement. C'est saint Jean Cbrysostôme qui l'affirme, de concert avec saint Jérôme : < L'intervalle qui sépare le prêtre et l'évêque, dit-il, n'est pas grand. > Donc, d'après saint Jean Chrysostôme, il ne s'agit pas d'une différence d'essence, mais d'un simple intervalle, c'est-à-dire, d'une simple différence de degré, et encore cet intervalle est-irfaible.
De même que nous avons combattu les presbytériens, anciens et modernes, qui nient ou atténuent outre mesure la différence de l'évêque et du prêtre, de même nous combattons les romanistes qui l'exagèrent.
Dans leurs écoles, c'est-à-dire, en théorie, les romanistes enseignent encore que l'épiscopat, considéré dans ce qui le distingue du sacerdoce, n'est pas un ordre véritable, mais seulement le sacerdoce luimême plus étendu et plus parfait (1). En pratique, au contraire, ils annihilent le prêtre devant l'évêque, afin que , en annihilant ensuite l'évêque devant le pape, il ne reste plus rien debout dans l'Eglise, sinon le pape, leur idole.
(1) Cf. Billuart, t. X, p. 80.
Tandis que certains gallicans n'amoindrissaient le prêtre que pour exagérerrévêque et faire ainsi échec au pape, les ultramontains ne le réduisaient et ne le réduisent encore que pour réduire ensuite l'évêque et pour exalter davantage le pape. Le but est diffëtent ; mais, en ce qui concerne le prêtre, la tactique et Terreur sont les mêmes.
Déjà en 1769, un théologien français exprimait la plainte suivante : < On a perdu, ce me semble, la véritable idée du sacerdoce. Celle qu'on avait dans les premiers siècles est sans doute la seule juste. Mais à quoi se trouve-t-elle réduite? Un prêtre aujourd'hui, c'est un homme qui dit la messe. On di-raît qu'il n'a pas d'autre droit, et l'idée même d'un sacrifice a beaucoup souffert d'un mépris dans lequel est tombé le sacrificateur. Mais quel heureux changement arriverait dans notre façon de penser, si nous lu réformions sur les maximes de l'antiquité (1) ! »
S'il en était ainsi en 1769, que ne devrait-on pas dire en ces jours, où les hommes , même sérieux, subissent tant, dans leurs jugements, l'influence des apparences !
Autrefois , le pape Célestin P' disait lui-même : t Dominentur nohis regulse, non regulis dominemur^ ce sont les lois qui doivent nous gouverner, et non pas nous qui devons gouverner les lois. » Aujour-
(1) Rëf exions sur le despotisme des évéques, p. 15,
d*hui, qui se préoccupe des lois ? L'obéissance ne consiste-t-elle pas à se soumettre à l'arbitraire des che&?
Autrefois, saint Grégoire enseignait qu'un évèque ne devait jamais régler sa conduite sur sa puissance, mais seulement sur la justice, nihil potestati tribuatur^ sed totum œquitati. Aujourd'hui, n'est-ce pas le contraire qui est pratiqué la plupart du temps!
Autrefois^ saint Augustin écrivait que le pasteur était pour l'église, et non l'église pour le pasteur; que les évêques ne devaient agir ni âprement, ni durement, ni impérieusement, Tum asperCj non durit&t^ non modo imperioso ; qu'ils devaient instruire plutôt que commander, et préférer les conseils aux menaces, magis docendo qvtam juhendo^ magis monendo quam minando (1). Aujourd'hui, les évêques romanistes songent-ils à instruire? ne se croient-ils pas le droit de tout briser, même dans les vies les plus honorables, sous le couvert de ce qu'ils appellent « informata conscientia ? »
A la vérité, nous ne sommes plus au temps où cet évêque de Noyon, qui avait nom François de Clermont-Tonnerre, traitait de « canaille chrétienne» quiconque n'était pas de sang seigneurial, et appelait la prédication du bas clergé une besogne de € coquin » (2).
(1) Epist, LXIV.
(2) Il disait qu'il était devenu éyèque, « comme ua coquin, à force de prêcher, » 1660.
'Néanmoins il y a encore, dans l'épiscopat d'aujourd'hui, un sentiment de caste spirituelle, qui fait que les évêques seraient parfaitement mécontents, si, après avoir consenti à descendre de leur piédestal, ils n'y étaient pas replacés immédiatement par leurs prêtres et par leurs fidèles. Ce ne sont plus des seigneurs, mais ce sont toujours « messeigneurs, » et ils agissent en conséquence. « De quel droit, s'écriait ^ Mgî Guibert en 1845, de simples prêtres, à l'insu ou contre la volonté connue de leurs supérieurs, s'immîsceraient-ils dans la fixation des rapports qui peuvent exister entre l'Eglise et l'Etat?.. Les saints canons ! Mais c'est au chef de l'Eglise et aux évêques qu'en appartient l'établissement, la manutention et l'interprétation. Bux seuls ont le droit de juger jusqu'à quel point on est obligé d'en faire l'application ; eux seuls ont le droit d'apprécier les circonstances qui réclament des modifications dans les règles canoniques (1). »
Et le bon public croit tout cela. Voyant que l'évêque est vêtu de violet, tandis que le prêtre ne l'est que de noir ; que l'évêque porte à sa main droite un anneau plus ou moins précieux, tandis que le prêtre ne porte généralement rien ; que l'évêque bénit les foules sur son passage et que celles-ci s'agenouillent devant lui quelquefois plus que devant Dieu,
(1) Lettre poitorale du 6 janvier 1845, p. 12-13.
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tandis qu'elles saluent à peine le pauvre prêtre qui, au lieu de bénir de la main, se dévoue corps et âme à leur service; le public, trompé par les apparences^ considère Tévèque comme un pacha, dont le prêtre n'est que le serviteur très-humble et très-obéissant. En France surtout, depuis que les concours sont supprimés et que les postes influents sont abandonnés au bon plaisir de révêque^ depuis que les tribunaux ecclésiastiques n existent plus et que la subsistance des prêtres, autant que leur honneur, est à la merci de l'arbitraire épiscopal, l'évêque est tout, le prêtre n'est rien. Si un trop grand nombre de membres du clergé français se sentait en ce moment fait pour autre chose que pour la servitude, il y a longtemps qu'il aurait secoué le joug généralement avilissant et avili des administrations diocésaines, les pires, à peu près, de toutes les administrations publiques. Mais il a besoin de ramper dans les bureaux d'où dépend son avenir, et de considérer comme une insigne faveur qu'on veuille bien lui accorder la dixième partie de ce qui lui est dû. Espérons que cette dégradation, résultat de la ridicule et odieuse éducation qu'il reçoit dans les séminaires, lui pèsera tôt ou tard, et qu'il finira par se sentir le courage de reconquérir sa dignité et sa liberté des anciens jours.
En attendant, et pour l'y aider, nous voulons dans cette étude rétablir les anciens principes et yes-
taurer la notion du prêtre dans sa pureté primitive.
III. — Premièrement, il est certain que Jésus- Christ a distingué entre tous les fidèles douze apôtres et soixante-doqze disciples. La distinction des douze apôtres est certaine d'après le neuvième chapitre de TEvangile selon saint Luc, et celle des soixante-douze disciples ne Test pas moins d'après le dixième chapitre du même Evangile.
Deuxièmement, il est certain que Jésus-Christ a donné aux uns et aux autres une mission spéciale, non transitoire, mais constante, qui devait se perpétuer de successeurs en successeurs. En effet, aux douze apôtres il donna vertu et puissance pour dominer les démons et pour guérir les maladies, et il les envoya pour qu'ils prêchassent le royaume de Dieu. Aux soixante-douze disciples il dit, en les envoyant deux à deux devient lui dans tous lieux où il devait aller lui-même : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Dans toute maison où vous entrerez dites d'abord : Paix à cette maison. Prenez soin des infirmes et annoncez-leur l'approche du poyaume de Dieu. Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise, et qui me méprise méprise celui qui m'a envoyé. Voilà que je vous ai donné la puissance de fouler aux pieds les serpents, les scorpions et toute vertu de l'ennemi ; et rien ne vous nuira. G Père, Seigneur du ciel et de la terre, je vous rends grâce de ce que vous avez caché ces choses aux sages