M^ I II I M
et non de la croyance de leurs églises, <ju il s'est agî, soit dans leurs votes au concile^ soit dans leurs lettres d'adhésion après le concile. Se souciant trèspeu d'être les fidèles échos de la foi constante de leurs diocésains, ite n'ont songé q^u*à leur prgpre individualité, oubliant que ce n*est pas la charge, là charge épiscopale surtout, qui doit être sacrifiée à la personne, mais bien la personne qui doit être sacrifiée à la charge. Suivant T usage du monde qu'ils anathématisent, eux, les purs, ils ont préféré l'utile à ThonnÔte, les revenus du siège aui devoirs de la charge : omnes quss sua sunt quœrunt^ nm gVtX. sunt Jesu CAristi.
()n ne pouvait rompre plus complètement avec r enseignement catholique , non - seulement des églises d'Orient, mais encore des égiises d'Occident, pendant les huit premiers siècles. Mais qu*^a gagné rOccident à innover ainsi, sous la pression de Rome? Qu'il réfléchisse un instant seulement sur le déplorable état dans lequel, après dix siècles de romanisme, il végète aujourd'hui^ au triple point de vue religieux, politique et social. Tl parle de liberté avec un orgueil qui ferait croirequ'il la possède. Hélas! n'est-ce pas d'autoritarisme et de servitude quil devrait parler^ s'il considérait impartialement,^ nonséulement la situation, mais^ ce qui est plus gra?^ encore, les principes mêmes,de l'église romaine ? Qr, pendant que l'église romaine enseigne ses dégra'
dantes^ Ihéorfes d'tnfailIîWIîté et d'omnipotence papales, voici ce que Péglise orientale, cette êgKse répxrtée asservie et en réalité mille fois plus libre qne î*^lise romaine, enseigTie encore aujourd*tiTli, Conformément à la doctrine que professaient nos pêi'es d'Occident avant féclosfon du fomanfsme :
€ Hq ces trois inots (magisteHum^ minisienum^ impeHùnii)^\iii seul, ministenum, est juste, si on Tentend dans le sens de service. Les deux autres sont contràfres à TÈvangile... Jêsus-Christ a enseigné la doctrine, il en est le seul maître, parce que seul îl esl La vérité. H ordonne à ses apôtres de porter son enseignement à tous les peuples : premier devoir. Il leur ordonne dTinitier les peuples à la rie chrétienne par le Baptême : second devoir. II leur ordonne de faire connaître ses commandements : troisième devoir. Il y a donc dans les paroles de Jésus-Christ trois devoirs imposés aux apôtres et â lenrs successeurs. Quant aux droits^ je n'en aperçois atiênin. La doctrine t elle ne leur appartient pas. Les commandements? ils ne leur appartiennent pas. Les sacremaits? ils ne Téiir appartiennent pas davantage. Tout cela est à Dieu ; personne, fùt-il apôtre, prophète, ange, n*a le droit d'y toucher. Ceux qui sont ermoyés n'ont que le devoir de faire connaître la doctrine du Maître. Or , cette doctrine , où la trouve-t-ou? Est-ce dans la tête des évêquesî Non,
256 COMMENT L'EGUSE ROMAINE
assurément. Où donc est-elle? Dans renseignement apostolique oral ou écrit. Et cet enseignement, où le trouvet-on? Dans la voix constante, unanime, de toutes les églises évangélisées par les apôtres et qui ont conservé la parole divine sans y rien ajouter, sans en rien retrancher. C*est à cette source pure que Ton doit puiser. C'est un devoir pour les évêques d'y adhérer, car ils n'ont que ce moyen de connaître la vérité révélée, pour l'enseigner dans sa pureté. Les droits épiscopaux se réduisent donc à des devoirs : devoir d'enseigner la vérité, c'est-à-dire, d'être témoins fidèles de la doctrine reçue et transmise par l'Eglise, d'attester, chacun pour son église respective, ce qu'elle a toujours cru comme de foi, depuis le commencement ; devoir d'administrer les sacrements, en observant les règles toujours suivies dans l'Eglise ; devoir de faire respecter les commandements divins, tels que l'Eglise les a reçus et transmis (1). >
Donc, rien ne diffère plus du catholicisme primitif et véritable que le romanisme actuel. Les seuls qui ne peuvent en convenir, sont les fanatiques, qui, ne voyant d'autre science que celle de leur système, remplacent la discussion sérieuse par l'injure gros-: sière; les ig^norants, qui ne se doutent même pas qu'on puisse les tromper, dès qu'on les engage à
(1) L'Infaillibilité papale j etc., p. 49-63; Paris, 187t).
faire brûler des cierges; et enfin les indiflFérents, qui, nés et élevés dans le romanisme officiel, n'estiment pas que la religion vaille la peine qu'on en change. A nous donc, qui croyons à la vérité de notre religion catholique, et qui voulons, aujourd'hui comme primitivement, la pratiquer en harmonie avec la science et avec la sage liberté, à nous de la défendre contre la triple phalange des fanatiques, des ignorants et des lâches indifférents. Surtout n'oublions jamais qu'aimer spéculativement et non pratiquement la religion, la science et la liberté, c'est ne point les aimer, mais les trahir, et que défendre saintement les choses saintes, c*est, avant tout, les défendre loyalement et énergiquement. Quiconque subordonne la défense de la vérité à sa tranquillité personnelle, n'est pas un disciple du Christ, mais un égoïste, un adorateur de lui-même ; il peut se le ^ssimuler à ses propres yeux, mais il ne le cachera pas aux yeux de Celui qui scrute les reins et les cœurs. < Fili mi , noli negligere disciplinam Domini , neqtie fatigeris dum db eo arguéris. >
4m 1' AfWMOTAt
Quaiid on apalyee Tidé^ d'is^ntofité,, teih qu'elle eet enseignée et pratiquée dans l'église romaine actuelle^ on arrive l^en vite h oonstater qu'elle implique trois erreurs graves»
I. -^D'abord, selon les romaniste^, l'autorité est quelque chose d'absolu* Peu importe si éelui qui en est le dépositaire raisonne ou ne raisonne pas, ^ trompe ou ne se trompe pas» Dès qu'il parle, dès qu'il dit ; « Je veux, * tous doivent obéir sans raisonnement, sans réplique^ à plus forte raison sans protestation. Raisonner serait l'acte d*\in mauvais sujet; répliquer serait l'acte d'un révolutiomiaire; protester serait l'acte d'un hérétique. L'obéissance romaniste, c'est uniquement l'obéissance aveugle et passive; et par suite, l'autorité romaniste, c'est uniquement la volonté du maître. Tant pis pour le maître, s'il se trompe : lui seul est responsable; au fond ce sont les sujets qui pâtissent de son erreur,
mais c'est lui seul qui en est coupable : cela «uffit pour qu'on se jette tête baissée à ses pieds»
Répondons :
P « Les Scribes et les Pliarisieûs, dit Jésus-Cliristy aiment que les hommes les appellent Maîtres. Pour vous, ne veuillez point être appelés Midtres : car vous n'avez qu'«^^ seid Maître^ et voue êtes tous frères. Et n'appelez Pire personne sur la terre ; car vous n'avez qu'un Père^ qui est dans les ciaux, Qu'on ne vous appelle point non plus MdUres ; cHr vous n'avez qu'un Maître^ le Christ. Le plus gtend parmi vous sera mtre sen^it^ur {l},%. L^s rois des uaiions dominent sur elles; et ceux qni ont puissmce sur elles sc«it appelés bienfaiteurs^ Pour vous^ IL n'en est pas Amsi ; mais que celui de vous qui • est le plus grand, soit comme te mmdi^e, et celui qui gouverne, comme celui qui m'h Car, quel efel le plus grjind, celui qui est assis ou celui qui sfârt? N'est-ce pas celui qui est assis? Or, moi^ je suis au milieu de vous comme celui qui sert (2). » Et ail* leurs, Jésus-Christ, trouvant que le mot « strvitew » n'exprimait pas suffisamment sa pensée^ dit : t Je ne vous appellerai plus serviteurs^- parce que le ser* viteur ne sait pas ce que fait son miaître ; mais je vous ai appelés mes amis (3) . ^ Or^ si dans les choses
(1) Evangile selon saint Mathieu^ ch. XXin» v. 7-11.
(2) Evangile selon saint Lvcc^ ch. XUlls v. 2&»28:
(3) Evçungile selon saint Jean, ch. XV, v. 15.