‹ Comment l'Église romaine n'est plus l'Église catholiqueChapitre 3 sur 18 · RÉELLEMENT CRU DANS TOUS LES SIECLES CHRETIENS · texte numérisé non relu

RÉELLEMENT CRU DANS TOUS LES SIECLES CHRETIENS

PAR TOUTE l'Eglise, ce qu'un évêque romain appelait avant le 18 juillet 1870 « le suicide de lEglise (1), > ce que Mgr Dupanloup lui-même traitait < d'absurdité inouïe (2), > ce que les plus savants théologiens considèrent encore, avec Maassen, comme c la corruption non-seulement de F histoire^ mais de la révélation (3). ^

Donc l'église romaine actuelle est positivement hérétique dans sa doctrine.

Nous le répétons, il ne s'agit ici ni des personnes ni des consciences, mais seulement des doctrines et des actes. Toute personne, quelle qu'elle soit, ne relève que de Dieu ; mais les doctrines appartiennent à la science et les actes à l'histoire. Nous abandonnons donc les consciences à Dieu ; nous croyons même que, dans l'église romaine actuelle, beaucoup, ignorantes de ce qui se passe, sont saintes et inébranlablement attachées à l'âme de l'Eglise; nous ne jetons l'anathème à personne, nous aimons comme nos frères tous ceux qui aiment sincèrement notre mère commune, la vérité. Mais autant

(1) Cf. Synopsis Observationum, n. 184.

(2) Ibid., n. 22.

(3) Cf. Rheinischer Merkur. 24 septembre 1871, p. 383.

nous voulons mettre d'empressement à respecter les personnes, autant nous apporterons de ténacité à démasquer et à flétrir les doctrines et les actes. Ce bal masqué dans l'Eglise et autour de l'autel nous fait horreur. Que ne nous a-t-on dit plus tôt à quoi on voulait en venir ! Pourquoi nous a-t-on indignement trompé, en nous enseignant autrefois un symbole absolument contraire à celui qu'on prétend nous imposer aujourd'hui ! Maintenant que nous avons enfin les yeux ouverts, nous ne nous ferons pas un seul instant complice du mensonge et de l'hérésie, nous rappelant et rappelant à tous les chiens muets du sacerdoce et de l'épiscopat la parole d'Isaïe : « Vœ miJii^ quia tacui^ quia virpollutus lahiis ego sum^ malheur à moi, parce que je me suis tu, parce que je suis un homme eux lèvres souillées (1) ! »

Mais, dira-t«on peut-être, pour qu'une doctrine soit réputée hérétique, il faut que sa contradiction avec la révélation soit prononcée par l'Eglise ou par un concile œcuménique. Or, la doctrine de l'infaillibilité et de la toute-puissance du pape n'a jamais été condamnée par un concile. Donc, on ne saurait dire légitimement que l'église romaine actuelle soit hérétique.

Cette objection est spécieuse au premier abord,

(1) Proph. d'Isaïe, ch. VI, v. 5.

02 COMMENT L'ÉOLISB BOMAINB

mais il est facile d'expliquer la confusion dans laquelle elle s'embarrasse.

D'abord les conciles de Constance et de Bâle, dans des sessions regardées comme œcuméniques même par l'église romaine, ont déclara et défini que c chacun, même le pape, est soumis au concile œcuménique, en matière de foi. » Or, si le pape est soumis en matière de foi à l'autorité doctrinale du concile, il est évident qu'il n'est pas in&illible, qu'il n'est pas même juge suprême de la doctrine, mais que le concile lui est supérieur et peut le corriger. Si le décret des conciles de Constance et de Bàle ne signifie pas cela, il ne signifie rien. Il n'est donc pas exact de dire qu'aucun concile œcuménique n'a jamais condamné comme hérétique la doctrine enseignée parles décrets du conciliabule du Vatican.

Mais supposons qu'aucun concile œcuménique n'ait jamais condamné cette doctrine comme hérétique, faudrait-il en conclure qu'elle n'est pas réellement hérétique ? Nullement ; car , même selon l'église romaine, les conciles œcuméniques ne font que déclarer ce qui est déjà réellement de foi ; une vérité nest pas de foi, parce que les conciles œcuméniques la déclarent être de foi, mais les conciles œcuméniques la déclarent être de foi, parce que, défait, elle est déjà réellement de foi, réellement révélée : la nature de la vérité révélée est antérieure à la déclaration des conciles, et la déclaration des coi^ciles ne

fait que la constater autoritairement. Aucun ultra montain n'osersat prétendre qu'avant le premier concile œcuménique la divinité de Jésus- Christ n'était pas de foi> sous prétexte qu'elle n'a pas été jusque-là définie par iln concile. Evidemment, quiconque avant le concile de Nicée eût nié la divinité de Jésus-Christ, eût été considéré comme hérétique par tous les vrais catholiques, bien qu'aucune définition de ce dogme n'eût été formulée par l'Eglise avant ce concile. Donc, alors même qu'aucun concile n'aurait, soit directement, soit indirectement, déclaré hérétique la doctrine de l'infaillibilité et de la toute-puissance du pape, il ne faudrait nullement en conclure qu'elle n'est pas hérétique, ni qu'on ne peut légitimement la traiter d'hérétique.

On peut légitimement ce qu'on doit. Or, tout chrétien, étant membre actif de l'Eglise, doit veiller à la garde du dépôt de la révélation confié à l'Eglise. Sans doute le simple fidèle n'est pas gardien de ce dépôt au même titre que les prêtres et les évêques ; néanmoins il en est un gardien réel. Les prêtres et les évêques constatent autoritairement la foi universelle, et les simples fidèles peuvent la constater historiquement et scientifiquement. La constatation par les prêtres et par les évêques réunis en concile complète ce qui manque à la constatation par les simples fidèles; mais de ce que celle-là possède un caractère d'autorité, il ne suit pas (^u^ (^ç^Wa^tis. 5àw^

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