Cf. éd. Jannet, t. II, p
4. Cité par Guiffrey dans son édition des Œuvres de Marot, t. II, p. 20, n. I.
cice de la traduction soit sur des textes latins d'Érasme {Colloques Abbatis et Eruditœ^ Virgo Mi<70Yâ|xoç), soit sur des textes d'auteurs anciens. Il a traduit la première églogue de Virgile (i5i2) et les deux premiers livres des Métamorphoses (i53o). Lié avec des savants comme Budé, Rabelais et Dolet, il a senti dans leur commerce l'insuffisance de son instruction et il a affecté de n'avoir eu que la Cour pour maîtresse d'école. Mais il a certainement mis son amour-propre à se montrer digne de l'estime de ses savants amis et de la cause de l'humanisme qu'il défendait avec eux contre le « monstre Ignorance ». En i536, nous le voyons s'enorgueillir de ses progrès dans la langue latine : de la cour lettrée de Ferrare\ il écrit au roi François I" ;
Tu trouveras ceste langue italique Passablement dessus la mienne entée Et la latine en tnoy plus augmentée^...
Jusqu'à la fin de sa vie, il s'exercera à traduire en vers des textes latins. D'autre part, son œuvre offre un grand nombre de réminiscences d'auteurs anciens, si bien que sans vouloir comparer son érudition antique à celle d'un Budé, ou d'un Rabelais, ou d'un Ronsard, on peut souscrire à ce jugement d'Et. Pasquier : « Encore qu'il ne fust accompagné de bonnes lettres, ainsi que ceux qui vinrent après luy, si n'en estoit-il si dégarni qu'il ne les mist souvent en œuvre fort à propos. » Qu'il se soit fait aider dans la traduction des Psaumes par « Mellin de Saint-Gelais et autres hommes doctes de ce temps-là », comme le dit La Croix du Maine, ce n'est pas impossible. Toutefois, il n'est pas douteux qu'il était capable, vers i533, de les traduire du texte latin sans le secours d'autrui.
1. Sur cette cour, voir Rodocanachi, Une protectrice de la Réforme en Italie et en France, Renée de France, duchesse de Ferrare, Paris, OllendorfF, iSgS. Anne de Parthenay, dame d'honneur de la duchesse, à qui Marot adressait des vers, savait le latin.
2. Cf. Bulletin du bibliophile, 1898, Poésies inédites, n" 6.
LA TRADUCTION DES PSAUMES DE DAVID. l3
Il est vrai que le titre du psaume VI, dans l'édition du Miroir de l'âme pécheresse, porte : translaté selon Vhébrieu. Comment Marot a-t-il pu traduire selon le texte hébraïque? Il est évident qu'il n'était pas du nombre, bien restreint alors, des érudits qui connaissaient l'hébreu. Etienne Pasquier nous dit qu'il fut « aidé, dans cette traduction, de Vatable, Professeur du Roy es lettres hébraïques » *. C'est le premier témoignage que nous ayons sur cette collaboration. Il semble bien peu sûr. Vatable était un pur érudit qui ne s'intéressait guère à la poésie française. Il a pu répondre à quelques consultations de Marot: il n'a certainement pas collaboré à une traduction des Psaumes dont il eût reconnu mieux que personne les inexactitudes. D'ailleurs, s'il avait prêté un concours effectif au poète, il serait bien étonnant que celui-ci ne se fût pas recommandé quelque part de ce savant collaborateur, l'un des premiers lecteurs du Collège royal nouvellement fondé par François I".
L'assertion de Pasquier procède sans doute d'une interprétation arbitraire des derniers vers de l'épître de dédicace des Psaumes au roi François I" (i539). Marot, pour flatter le roi, fait allusion à la fondation de la « trilingue Académie », de ce Collège des lecteurs royaux par qui la connaissance de la langue hébraïque s'est perfectionnée et divulguée :
Mais tout ainsi qu'avecques diligence Sont esclairciz, par bons esprits rusez Les escripteaux des vieulx fragments usez, Ainsi, ô Roy, p<3r les divins esprit:^ Qui ont, soub^ toy, hebrieu langage appris, Nous sont jette^ les Pseaumes en lumière Clairs et au sens de la forme première. Dont après eulx, si peu que faire scay, T'en ay traduict, par manière d'essay Trente, sans plus 2...