Cf. éd. Jannet, t. IV, p
Place faisant à l'amyable
Vray Dieu d'amour non variable *.
Faire pénétrer i'évangélisme dans les mœurs mondaines, c'est le rôle de « l'ancienne dame » Oisille dans VHeptaméron, et c'était celui de Marguerite de Navarre dans son cercle : c'était devenu aussi le rêve de Marot.
A la fin de 1643, il fit paraître une nouvelle édition des Psaumes, le nombre en étant porté de trente à cinquante : Cinquante pseatimes eji français par Clément Marot. Item, une épistre par lui naguères envoyée aux dames de France. Psal. IX. Chante^ en exultation Au Dieu qui habite en Sion. XCXLIII. Au verso, se trouve la table des « choses ci-dedans contenues : une epistre aux dames de France. Une epistre au Roy. Les trente premiers Pseaumes, reveuz et corrigez par l'autheur, ceste présente année. Vingt autres Pseaumes par luy nouvellement traduitz et envoyés au Roy ».
Cependant, les rapports de Marot avec les Genevois étaient devenus difficiles. Les vagues aspirations du groupe des Évangéliques français et les mœurs de cour du cercle de Marguerite s'accordaient mieux avec son caractère que les mœurs austères des citoyens de Genève et la doctrine écrasante des « Prédestinateurs ». Le 16 juin 1543, le Consistoire avait éliminé du Psautier la Salutation évangélique. Marot la maintint. Le i5 octobre, Calvin offrit au Conseil de faire travailler Marot à la traduction du Psautier : le Conseil refusa. Enfin, le 20 novembre, Marot était surpris à faire une partie de trictrac avec Bonivard, seigneur de Saint-Victor. Les jeux de hasard étaient prohibés à Genève. Bonivard fut cité devant le Consistoire, Marot, plutôt que de comparoir, préféra quitter Genève. Il se retira en Savoie et mourut obscurément à Turin, en 1544. Il laissait incomplète la traduction du Psautier, qui devait être continuée, puis achevée par Poictevin et par Théodore de Bèze.