‹ Comment Marot entreprit et poursuivit la traduction des psaumes de DavidChapitre 3 sur 19 · Cf. Martinon, Les Strophes, p · texte numérisé non relu

Cf. Martinon, Les Strophes, p

2. O. Douen a résumé, t. I, p. 282, les diverses hypothèses qui ont été émises sur le dessein que Marot poursuivit dans cette entreprise : « C'est faute d'avoir remarqué le courant religieux qui entraînait les poètes et les musiciens vers les psaumes et pour avoir ignoré ou méconnu la piété de Marot que la plupart des historiens lui dénient l'initiative de l'entreprise et lui en font suggérer l'idée par divers personnages. Les uns affirment que, en mettant la main à l'œuvre qui allait lier indissolublement son nom aux destinées du culte des Églises reformées de langue française, il obéit à l'ordre du roi; d'autres à l'invitation de Marguerite, qui avait déjà fait traduire les prières latines de l'Eglise par l'évéque de Senlis et la Bible par Lefèvre d'Etaples; d'autres au conseil de Renée de France, qui avait patronné la traduction des Saintes Ecritures de Bruccioli; d'autres encore à la prière de Calvin, qui avait remarqué que l'édification souffrait de l'absence du chant; d'autres enfin à la sollicitation de Vatable. »

que Marot a écrit depuis son arrivée à Ferrare dans l'été de i535, jusqu'au mois de mars i538. A l'aide de ces documents nouveaux et de ceux-là même qu'a connus Douen, nous nous proposons de retracer ici les origines du Psautier de Marot.

La première question qui se pose à nous est celle des rapports de cette œuvre avec les idées et la vie de l'auteur. Comment le « gentil » Marot, le poète de cour, l'auteur de pièces légères, de poèmes de circonstance généralement brefs, a-t-il été amené à composer cette œuvre grave et de longue haleine qu'est la traduction des Psaumes? — O. Douen ne doute pas qu'il ait conçu ce projet délibérément, d'un seul coup, sans limiter sa tâche à telle partie de préférence à telle autre dans les chants du prophète, en apôtre résolu à doter l'Église réformée d'un instrument de propagande. « Nous pensons, avec M. Bovet, que Marot ne conçut son hardi et dangereux projet qu'après avoir, dans quelque assemblée proscrite, pris part, peut-être dès i53i, au chant de la paraphrase très imparfaite de quelque psaume ou chanson extraite de la Sainte Écriture et que c'est dans le dessein de combler la lacune du nouveau culte qu'il résolut de faire plus et mieux que ses devanciers pour l'Église à laquelle il s'était depuis longtemps dévoué*. »

Malheureusement, ni les faits ni les documents ne corroborent cette conjecture. Il n'y avait pas d' « église » réformée en i53i; aucun culte n'était célébré dans les assemblées des évangéliques, comme on appelait alors les réformateurs français^; et rien n'indique que Marot ait songé en i53i à traduire tout le Psautier.

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