Cf. Bulletin du bibliophile, 1898, p
devant manger, les Grâces pour ung enfant et le Dizain d'ung chrestien malade à son amy^. Les psaumes qui étalent « ses chansons » étaient en français.
C'est donc dans le cercle de Marguerite, à laquelle Marot était attaché comme valet de chambre depuis 1524, et non dans une « assemblée proscrite », que des Psaumes traduits en français par Marot ont été chantés pour la première fois. L'idée de cette traduction a sans doute été suggérée à Marot par le désir qu'il avait de plaire à sa protectrice en flattant son goût pour la lecture et le commentaire de l'Écriture sainte. Cette étude était en grande faveur parmi les Evangéliques. Marguerite s'y adonnait avec ardeur. Dans son Heptaméron , chacune des sept journées de loisirs, remplies par des contes et devis parfois si folâtres, commence par une « leçon », c'est-à-dire par une lecture commentée, de l'Écriture sainte. La compagnie prend un si vif intérêt à ce commentaire, préparé et exposé par dame Oisille, qu'il lui arrive de ne pas entendre la cloche annonçant la messe'. Ainsi en était-il dans le cercle de la reine de Navarre. Sa correspondance avec Briçonnet, son père spirituel, est pleine de citations de la Bible. Le Miroir de l'âme pécheresse et toutes ses chansons spirituelles citent, commentent et paraphrasent V Ancien et surtout le Nouveau Testament.
Naturellement, ses amis et ses courtisans ne pouvaient rester indifférents à cette pratique de l'Écriture. Ce fut pour la « gratifier », c'est-à-dire pour lui être agréable, nous dit Théodore de Bèze , que « Guillaume Parvi [Petit], docteur de Sorbonne, evesque de Senlis et confesseur du Roy..., feit imprimer les Heures en françois, après avoir rogné une partie de ce qui estoit le plus superstitieux » '. N'est-il pas vraisemblable que ce fut également
1. Cf. Œuvres complètes de Marot, éd. Pierre Jannet, t. IV, p. 54 et suiv.