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Voir notre Génération humaine, p. 144, 8' édition

CHARLES X f 1836

Après avoir échappé, par l'exil, au choléra qui sévissait en France, pendant 1832 et 1835, il en meurt à Gorilz, le 6 septembre 1836 (flg. 28, 2f», 30).

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Fig. 30. — Charles X, d'après Horace Vernet.

Ce pieux (flg. 30) monarque, qui avait la bouche de merlan des adénoïdiens est un exemple frappant qui

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s'inscrit en faux contre les nombreux méfaits attribués aux végétations adénoïdes, un des stigmates de la strume.

Ce roi des adénoïdiens, malgré celte tare, dont on a dépeint les terribles méfaits, fort exagérés, auxquels elle expose ceux qu'elle marque de sa griffe, a vécu soixante-dix-neuf ans ! Et si une maladie épidémique accidentelle ne fût venue le terrasser, sa constitution, quoique adénoïdienne, lui eût permis d'aller beaucoup plus loin.

A l'autopsie, on trouve les poumons sains, mais « tout le droit adhérait fortement aux parois du thorax et particulièrement au sommet ». Signe de pleurésie résorbée, symptôme prémonitoire de tuberculose, comme chez son frère ; ce qui permet de les placer parmi les rescapés de la phtisie pulmonaire.

El nunc erudimini ! Méfiez-vous, messieurs les laryngistes, de la vivacité de votre imagination et ne prenez pas vos désirs ou vos hypothèses pour des réalités. Souvenez-vous de la volte-face opérée courageusement par le D' Potiquet, au sujet des adénoïdes de François II, dont il a fait un punais.

Quant à Charles X, il faut peut-être considérer ses adénoïdes comme un bienfait qui l'a préservé de la polysarcie de son frère, Louis XVIII.

En revanche, elles firent de lui un mauvais coucheur, par le ronflement intempestif que ces végétations provoquent, sans préjudice de la fétidité de l'haleine.

LOUIS-PHILIPPE i 1850

Son frère, le duc de Montpensier, meurt poitrinaire à trente-deux ans, en 1807 ; son autre frère, le duc de Beaujolais, succombe aussi à la tuberculose pulmonaire, l'année suivante, à vingt-neuf ans.

Est-ce de leur père Philippe-Egalité ou de Louise de Bourbon qu'ils héritèrent de la prédisposition bacillaire? Si elle provenait de la mère, c'eût été Louis-Philippe I",

Fig. 31. — Tête caricaturale de Louis-Philippe l", en poire, soit de Louise Bonne (rappelant sa mère LouisB de Bourbon ou d'A.sGLETEnBB, où il mourut, en 1850 ; il succéda à la poire du bon chrétien Charles X. Il n'aurait certes pas voté la mort de Louis XVI, comme le fit son père Phi\ipp&-Égalité. — Tirée de VHist. de France tiniam. de Napoléon III.

l'aîné de quatre enfants, qui en aurait hérité, tandis que sa sœur, la princesse Adélaïde, eût dû tenir du père, mais elle mourut à l'âge de soixante-dix ans. Il faut donc chercher la mauvaise graine du côté des collatéraux.

Louis-Philippe mourut aussi par le poumon, mais d'une pneumonie accidentelle. « Quelle mort plus bour-

geoise que celle du plus bourgeois de nos rois ! » s'exclame le D"' Cabanes. Mais n'oublions pas qu'il vécut soixante-dix-sept ans, comme Sa Majesté nec pluribus impar, le roi Soleil d'artifice. A défaut de prestige, il y a compensation dans la durée égale de la vie, pour celui

Fig. 32. — Tirée de la Lanterne de Henri Rochefort.

qui, en guise de sceptre, portait un parapluie, un pépin, rappelant le nom du premier roi de la dynastie carlovingienne, Pépin le Bref (ûg. 31).

Faisons remarquer, en passant, que, contrairement à la fantaisie qui rattache la tuberculose à la variole, Louis- Philippe eut une variole confluente, assure le D' Gor-

lieu, dans sa jeunesse et échappa pourtant à la tuberculose qui emporta ses deux frères. Le comte de Mirabeau, le publiciste catholique Louis Veuillot qui vécut soixante-dix ans (fig. 32), Henri Rochefort « l'homme le plus grêlé et le plus spirituel de France » et tant d'autres, s'inscrivent en faux contre cette assertion.

Rappelons que, pour Landouzy, la variole préserve de la tuberculose ; les derniers exemples que nous venons de citer semblent corroborer cet antagonisme.

NAPOLEON 111 f 1873

Encore une légende à reviser. « C'est en 1840, au fort de Ham (fig. 33), où il était détenu, écrit le D' Cabanes,.

Fig. 33. — Louis-Napoléon Bonaparte s'évadant du fort de Hara^sous les vêtements d'un maçon, nommé, dit-on, Badinguet. — Tirée de la Lanterne de Rochefort.

que le prince Louis semble avoir pris le germe de l'affection qui ne devait avoir son dénouement que plus de

trente ans après. » Ham I Hum ? Cette conjecture nous surprend doublement.

L'humidité du pays marécageux de Ham, qui peut produire la fièvre des marais et les rhumatismes, n'a aucun rapport avec l'affection de l'appareil urinaire, la pyéloegstite calculeuse, à laquelle Napoléon HI succomba. C'est une légende à mettre au cabinet de l'Histoire, en compagnie de celle des pieds gelés de Louis XVIII, à Millau, autre mylhe.

Quant aux « douleurs rhumatismales », qui servirent de masque à la maladie génito-urinaire pour cacher au public la gravité de l'état de santé du souverain et que Rochefort ironisa et démasqua si plaisamment, Germain Sée, dans sa consultation, datée du l" juillet 1870, déclare que « les hypéresthésies cutanées et musculaires, que le froid et la pression exagéraient », étaient d'origine anémique. « Tout ce qui est provoqué par le froid n'est pas rhuma tique», ajoutait l'éminent praticien. Cette anémie serait due, selon notre historien médical, « à une aération insuffisante et aux influences morales dues à une captivité de six ans, mais remontant à une trentaine d'années (1840-1846)1

Une cause physique de cette anémie, qui n'a en rien abrégé les jours de l'impérial goutteux et lilhiasique, puisqu' « il en restait à peine des traces en 70 », était « un flux hémorroïdal presque permanent pendant six ans », la durée de l'incarcération.

Est-ce à ces hémorroïdes que l'on rattachera la catastrophe de Sedan, comme on le Ht pour les hauts faits et les méfaits de Louis XI, attribués à cette incommodité? Le prince Jérôme, paraît-il, confia à M. Barrai qu'à Waterloo, Napoléon fut incommodé d'un flux hémorroïdal qui obnubila ses facultés 1 C'est habituellement le résultat contraire que l'on observe. Que d'hémorroïdes funestes dans l'histoire I

Revenons à la version du pamphlétaire précité. Tandis

qu'on lisait dans le Journal Officiel : « Les douleurs rhumatismales de Sa Majesté tendent à disparaître » , le même jour, V Indépendance Belge publiait cette dépêche : « Il y a amélioration dans la santé de l'Empereur ; un sondage a été pratiqué et a donné des résultats favorables. »

Rochefort, dans le Rappel, ne manque pas de relever la contradiction avec sa malice coutumière : « Sonder un rhumatisme ! Jamais, depuis le Médecin malgré lui, on n'avait assisté à une médication pareille! »

Revenons aux détails de la consultation, publiés par le D' Corlieu et trouvés dans les papiers du D' Conneau (fig. 39), médecin de la famille impériale. L'Union Médicale a reproché à ce dernier d'avoir dissimulé à l'Impératrice cette consultation de cinq médecins : Nélaton, Ricord, Corvisard, Fauvel et Germain Sée. Comme c'est vraisemblable!

Napoléon III et son épouse en ont certainement pris connaissance, car, d'après A, Darimon, elle a été trouvée dans le cabinet de l'Empereur; les ministres, eux, n'ont rien su. Dans un intérêt dynastique, (la guerre étant décidée en principe, avec espoir, après une première petite victoire de signer la paix et d'abdiquer, pour raison de santé, en faveur du prince Impérial) les souverains résolurent de tenir secrète cette consultation et de ne courir les risques d'une intervention chirurgicale que plus tard. On peut se demander, d'autre part, pourquoi l'Empereur attachait tant d'importance à ce que la consultation commençât par l'examen de ses « rhumatismes » problématiques. C'est parce que, répétons-le, les bulletins officiels attribuaient à ces fameuses douleurs toutes ses graves indispositions (provenant en réalité de l'appareil urinaire), pour ne pas inquiéter le public.

L'Empereur ne voulait pas avoir l'air de s'être payé la tête de ses médecins consultants et de ses sujets, et d'avoir menti à tout le monde. Lord Palmerston qui connaissait toutes les ruses et roueries dont il était

capable, disait de lui : « Cet homme ment même quand il ne dit rien. » Ses « rhumatismes » n'existaient que dans le Journal Officiel.

Bien que Germain Sée les eût mis en premières lignes dans sa consultation, il n'était pas dupe de ce diagnostic de commande et tenait à montrer qu'il les traitait en quantité négligeable, les attribuant à l'anémie.

En 1864, une hématurie fait soupçonner à Larrey la présence d'un calcul dans la vessie. Deux ans après, Guillon père, à Vichy, constate officiellement son existence, en même temps qu'un rétrécissement de l'urètre, dû à un ancien coup de pied de Vénus. Dès 1867, les urines sont purulentes, et, en 1870, Germain Sée conclut à une pyélocyslile calculeuse, confirmée deux ans et demi après par les médecins anglais qui décidèrent une intervention tardive.

A Chiselhurst, le 2 janvier 1873, Henri Thompson brisa au lithotribe la pierre phosphatique, grossie par les eaux de Vichy, ayant le volume d'un œuf de pigeon, et sept jours après, Napoléon III succomba à une fièvre urineuse infectieuse, au moment oii l'on se disposait à procéder à l'extraction de débris laissés dans la vessie.

Le rapport de complaisance, signé par trois médecins anglais et deux français, Conneau et Corvisart, déclara que « la mort survint par suite d'arrêt de la circulation » — La Palice n'eût pas mieux conclu — et doit être attribuée à la constitution du patient ». El voilà pourquoi voire fille esl muelle !

A vrai dire, l'opération, chez un vieillard affaibli et intoxiqué, précipita le dénouement. Ce n'est donc pas positivement la faute du malade s'il mourut, mais celle des chirurgiens qui auraient dû se refuser à l'opérer.

Le D"" Cabanes trouve les analyses d'urines « très insuffisantes >, en ce qu'on n'a pas recherché l'albumine ni le sucre. Est-il possible que les nombreux médecins consultés aient oublié cet examen qui prime tous les

autres ? Cette hypothèse n'est pas admissible et encore moins la conclusion : « On a lieu de s'étonner qu'aucun des médecins et chirurgiens n'aient songé à la possibilité d'une néphrite ou du diabète.

D'abord, s'il n'y ont pas songé et nous ignorons leurs discussions et ordonnances pendant les consultations, c'est qu'ils savaient l'absence de l'albumine et de sucre, le pharmacien de la cour en avait fait apparemment la recherche. D'ailleurs, depuis 1865, le sang des hématuries fréquentes et le pus constaté chaque jour, formant jusqu'au tiers de la totalité des urines — une véritable purée de pus — auraient donné lieu, avec les réactifs, à des précipités albuminoïdes sans intérêt.

Rappelons, en plus, ce passage de la consultation : « Il y a de temps à autre un excès d'acide urique et d'urales dans les urines. »

Ensuite et enfin, nous nous « étonnons » à notre tour, de cette conclusion en l'air, alors que trois pages plus haut (p. 433), nous lisons en note, dans les Morts Mystérieuses, que « la pyélonéphrite avait été diagnostiquée, dès 1870, par les médecins français ». Qu'est-ce qu'une pyélonéphrite, sinon une néphrite qualifiée?

L'entourage médico-chirurgical savait fort bien à quoi s'en tenir sur ce sujet épuisé; son tort fut de ne pas l'avoir opéré dès le jour où la présence du calcul avait été reconnue.

En conclusion, la mort a été quelque peu avancée par une lilhotricie tardive, nécessitée par une pyélo-cystite calculeuse, que le professeur Germain Sée avait diagnostiquée trois ans avant l'intervention chirurgicale. La mort est due à une septicémie ou infection nrineuse (D" Debout d'Estrées et Guépin).

Quoi qu'il en soit, concluons, sous forme de mot de la fin, que le chirurgien anglais sir Henry Thompson, infligea un démenti notoire à lord Palmerston, lequel assurait que Napoléon III était « insondable ».

194 COMMENT MOURUREKT

La mort du Prince impérial f 1879 FILS DE NAPOLÉON III

Nous reproduisons m extenso le récit de la mort du Prince impérial, que notre ami M. Charles Inman a rédigé selon les détails authentiques, recueillis auprès d'un des survivants de l'action, Le Tocq, ancien marin de Guernesey, « dont le français est la langue maternelle », au dire de l'ancien précepteur du prince, Augustin Filon.

La mort tragique du Prince impérial a été racontée d'une façon complètement inexacte par le D' C... Le R. P. Roussel, sur lequel s'est appuyé cet écrivain a fait de la mort du Prince un récit qui dénote l'igaorance des événements et du code militaire en usage dans l'armée anglaise et dans toutes les armées européennes au sujet du service des reconnaissances.

Au surplus, voici les faits. Ce fut, malgré le désir et même les ordres formels du ministre de la Guerre, que le fils de Xapoléoa m partit pour le sud de l'Afrique en 1879, à la suite du Corps expéditionnaire.

Mais une fois parvenu sur le terrain des opérations militaires, la reine Victoria, voulant être agréable à l'impératrice Eugénie, demanda au généralissime de vouloir bien admettre le Prince dans les rangs de l'armée anglaise et de lui pei-mettre de suivre les mouvements de l'armée, de façon à ce qu'il puisse compléter son instruction militaire. Bien qu'il ait suivi les cours à l'Ecole de Wooh\ich, il ne pouvait exercer aucun commandement et était considéré comme officier amateur.

Au départ du Prince, le public se demanda : « Que va t-il faire dans cette galère? « puis il ne \'it dans la présence du prince à l'armée qu'un jeune homme allant faire de près son apprentissage de la guerre. Il ne vint à l'idée de personne de lui demander de s'exposer aux périls, et chacun pensait qu'il conformerait son attitude aux règlements admis en pareil cas.

Le 1" juin 1879, le lieutenant Carey, avec une dizaine

LES ROIS DE FRANCE «lOS

d'hommes, fut envoyé en reconnaissance, pour éclairer le général en chef sur les positions de l'ennemi. Comme l'état-major anglais croyait que les Zoulous se trouvaient à une distance encore très éloignée, le Prince impérial fut admis à faire partie de cette expédition spécialement confiée au lieutenant Carey. 11 n'est pas inutile d'ajouter que le prince et les cavaliers de cette escorte étaient très bien montés.

Au cours d'une randonnée, Carey remarqua à un certain endroit des fèves et les reliefs d'un repas tout récemment cuit. Prudent, comme tout chef devait l'être en pareil cas, car le but de sa mission était de reconnaître l'ennemi et non pas de le combattre, il décide de rétrograder immédiatement sur le corps d'armée.

Le Prince voulut se reposer un instant, fumer une cigarette ', se refusant à croire à l'imminence du danger, et tandis qiie Carey s'efforçait de démontrer à l'imprudent la nécessité de se dérober en toute hâte à un ennemi impitoyable, une sagaie venait s'abattre au milieu de la petite troupe et produisait une émotion facile à comprendre.

Carey donna aussitôt l'ordre de la retraite, mais ce ne fut pas le cri de Sauve qui peut! qui retentit, comme le raconte le R. P. Roussel. Ce cri n'a jamais été proféré par Carey ni par ses soldats. Ceux-ci se retirèrent en bon ordre devant des forces bien supérieures, comme c'était leur devoir.

Donc, en un clin d'oeil, tous les cavaliers furent en selle; seul le Prince ne parvenait pas à maîtriser son cheval. A ce moment, Jean Le Toc, le guernesaire, vint à son aide, en lui disant : « Allons, Monsieur, dépêchez-vous de monter. » Mais par une déplorable fatalité, le cheval du Prince continuait de gambader et refusait de se laisser monter par son cavalier.

1. Telle est la légèreté du caractère français qui nous rend impropre à U guerre d'embuscade. En ISTO-lS'l, notre bataillon, le 182" de marche, campait à La Varenne, à l'extrémité de la bouclie de la Marne, dominée par la côte de Chennevière, où les Prussiens étaient tapis dans des tranchées invisibles. Un de nos soldats allait à la découverte de légumes sur leB bords de la rivière. On lui cria : « N'allez pas par 1&. — Bath I il n'y a pas de danger ! » répliqua-t-il avec insouciance, le sourire aui lèvres et le bras droit levé. Aussitôt part un coup de feu, notre imprudent tombe, le foie percé d'une balle de fusil de rempart. On rapporte son cadavre au camp, sur une persienne, à travers les brèches des murs des propriétés voisines.

Un autre récit, rapporté par Filon, dit qu'une halte eut lieu dans un kraal entouré de mais, pour faire le café (D' G.-J. W.)

Pendant que le Prince luttait contre le mauvais vouloir de sa monture, les sagaies commencèrent à pleuvoir; alors Le Toc partit au galop, croyant que le prince assurait son salut par le même moyen. Le fer d'une sagaie lui est entré dans l'œil droit et à causé sa mort.

On a rejeté sur le lieutenant Carey toute la responsabilité de la mort du Prince impérial. Cet officier n'a pas rencontré, ce jour-là, ce que l'on appelle « la chance du soldat ».Si le Prince avait eu un cheval plus docile, il était sauvé, et Carey en aurait eu tout le mérite. La croix de Victoria serait venue récompenser ce haut fait d'armes, et son auteur aurait pu rêver les plus hautes destinées.

Hélas! Carey n'a eu qu'un tort, celui de se conformer scrupuleusement aux règlements militaires, qui exigent qu'un chef de reconnaissance se retire devant des forces supérieures et se hâte de prévenir ses chefs.

Le récit du R. P. Roussel appartient au domaine de la pure fantaisie, mais ne fallait-il pas rendre héroïque, touchante, la fin d'un prince, héritier d'un si grand nom ?

Hinc illx làcrymx !

Tandis que les héros obscurs n'ont droit ni aux oraisons fuaèbres ni aux inexactitudes de l'histoire.

Il paraît bien établi que Carey s'est conformé strictement au règlement militaire et qu'en donnant l'ordre du départ, qui devait être exécuté par tous, il ne supposait pas que le Prince impérial était resté en arrière, d'autant plus que le cheval de ce dernier suivait l'escorte à distance, au milieu d'un nuage de poussière, qui ne permettait pas de constater l'absence du cavalier.

La double opération que Nélaton fit subir au jeune scrofuleux, en 1867, pour une affection grave de la hanche, une coxalgie strumeuse, suppurée a-t-on dit, ne serait-elle pas la cause indirecte de sa mort, en raison de la difficulté qu'il devait éprouver à effectuer certains mouvements du membre inférieur atteint, par suite de roideur articulaire ?

De même, l'impotence du bras gauche du Kaiser, provenant de la compression trop prolongée du plexus brachial entre la clavicule et la première côte, à sa naissance ', l'oblige à faire usage d'un escabeau pliant pour se mettre en selle, et pourtant il peint, sculpte, chasse, joue aux cartes et du violon, au point que son père, selon P. Hervier ', après avoir entendu un morceau qu'il lui joua pour sa fête, lui dit : « Guillaume, tu deviendras maître de chapelle ! » Ce n'est donc pas un manchot proprement dit. IHi La compression de ce plexus nerveux (et non pas son '^^ tiraillement comme le veut l'accoucheur Bar), par ces os, dans la dystocie des épaules, peut, en effet, déterminer une parésie toute spéciale, étudiée par Erb.puis des phénomènes de névrite et d'atrophie musculaire. C'est i^^ bien à ce traumatisme obstétrical que Guillaume II et y^m dernier doit son infirmité et certes pas à la prétendue syphilis qu'aurait contractée le canal de son père, à l'inauguration de celui de Suez, pour la raison péremptoire que Guillaume V Infirme était né depuis dix ans.

I Rappelons-nous, pour finir, que les panégyristes du Prince impérial, entre autres Martinet, en ont fait « un cavalier intrépide, incomparable » — une fois en selle — et qu'en 1860, au camp de Châlons.on a été confondu d'admiration devant « l'allure crâne du petit Potassium » — comme l'appelait Léon Bienvenu — faisant caracoler son docile poney. Une fois en selle, nous le répétons, ses longues jambes aidant, il pouvait se montrer un intrépide et élégant cavalier ; mais son ordonnance Lomas lui était nécessaire, pour tenir la bride, lorsqu'il

I montait à cheval, à cause de l'incommodité articulaire dont il devait être affligé, bien que ne boitant pas d'une

1. Voir, dans nos Curiosa de médecine litlénire, artistique et anecdotique, les détails obstétricaux relatifs à la naissance de Guillaume-Dieu.

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