LE DAUPHIN FRANÇOIS -J- 153G
Autre obscurité ou erreur de causalité sur la mort du dauphin François, survenue à Tournon : le même historien médical l'attribue à un verre d'eau fraîche donné
Fig. 7.
par son écuyer, Sébastien MontecucuUi, au jeune prince, qui s'était trop actionné, à Lyon, au jeu de paume — jeu d'hiver — pendant les chaleurs torrides d'août. Il mourut le quatrième jour.
Comment a-t-on pu répéter jusqu'à ce jour pareille sottise et attribuer la mort de qui que ce soit au refroidissement produit par le passage d'un verre d'eau ou de vin — comme pour Louis X — au travers de l'œsophage ? Ce canal membraneux est placé en arrière des
Fig. 8, — Cavité abdominale ; le foie a été relevé pour montrer restomac. D'après Sappey.
poumons et aboutit à la poche stomacale, située au-dessous du diaphragme et coiffée du lobe gauche du foie. Les liquides, venant de l'arrière-bouche, occupent le fond de cette poche, après s'être insensiblement échauf-
fés, en route, sans avoir eu aucun contact avec les poumons (fig. 2 et 8).
Est-ce qu'en été les boissons de table ne sont pas rafraîchies par la glace ? Boileau, dans le Feslin ridicule de la Satire III, critique l'amphitryon « d'un goût faux et extravagant qui se piquoit néanmoins de rafmer sur la bonne chère » :
Par le chaud qu'il faisoit nous n'avions point de glace. Point de glace, bon Uieu ! dans le fort de l'été !
Est-ce que les malades atteints d'héraoptysies ou d'hématémèscs, toujours eh transpiration, ne prennent pas de la glace pilée, sur l'ordre de la Faculté ? Est-ce qu'on a jamais vu, un buveur de bière glacée ou de Champagne frappé, succomber consécutivement à l'effet de la basse température d'une boisson absorbée, même en sueur ?
Certes, on a observé quelques cas rares de mort subite — mais non pas de pleuro-pneumonie — après l'ingestion de lait glacé, déterminant, par action réflexe du nerf pneumogastrique, frein commun à l'estomac et au cœur, un arrêt de la circulation, une syncope mortelle. Encore faudrait-il, dans ces cas foudroyants, taire la part d'une lésion cardiaque préexistante.
A Tournon, la mort ne fut pas instantanée. Comment alors expliquer que la fraîcheur d'un liquide puisse déterminer une pneumonie d'un côté plutôt que de l'autre, sans avoir eu aucun contact avec les poumons ?
Pour qu'un refroidissement produise un dégât localisé, encore faut-il qu'il agisse sur l'organe atteint pendant un certain laps de temps, comme un courant d'air froid ou un coup de vent du nord prolongé. C'est donc à un refroidissement eœ/^r/eur qu'il convient d'attribuer la mort du dauphin et non pas au verre d'eau de l'intérieur et nous pouvons déterminer le côté refroidi.
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A priori, le jeune étoui-di semble avoir succombé à une pleuro-pneunionie « occasionnce par l'ingestion d'une boisson froide en pleine transpiration », et non pas au poison, avec complicité occulte de Charles-Quint. Thibault Lespleigney attribue le décès du dauphin à l'arsenic :
Le primogénite de France, François, dauphin, de François fils, En cest an de mil trente et six, En mourut par fausse traison :
0 pernicieuse poison !
Mais la nécropsie nous ménage quelque surprise et établit que le refroidissement extérieur provoqua une tout autre affection mortelle.
Le procès-verbal d'autopsie révèle : « Le polmon a esté trouvé plein de eslevures... La bouche et le nez tous environnez de glaçons de sang... Le dicl seigneur s'étoit plaingt de quelque doleur, quand on le tournoit au costé droit... » Mais on ne trouve rien de particulier, pas d'apostume ou abcès à l'intérieur. Il est probable que « le poumon » indique les deux poumons couverts « de eslevures ».
Les médecins furent déroutés et par la nature de la maladie et par la douleur provoquée du côté droit ; ils y cherchèrent en vain un foyer de pneumonie ou de congestion. Nous allons dire pourquoi ils ne l'ont pas découvert, bien que le confrère précité persiste, envers et contre tous les renseignements si nets de l'autopsie, à accrocher l'étiquette pleuro-pneumonie sur ce cadavre.
Littré, plus perspicace, voit dans les « eslevures » des « tubercules disséminés » et explique les caillots de sang par une hémoptysie. C'est vraisemblable et le diagnostic pleuro-pneumonie est une erreur. En effet, il n'y a pas eu de point de côté spontané et partant ni pleurésie ni pneumonie, non signalées à l'autopsie ; mais le
malade se plaignait d'une douleur du côté droit provoquée par la pression de ceux qui le retournaient. Or, cette zone douloureuse répondait à une hypéresthésie cutanée et musculaire, à une pleurodynie indiquant, en passant, que le coup de froid du dehors est venu de ce côté.
La souffrance à la pression est parfois si vive que la tête du médecin qui ausculte ne peut être supportée, comme nous l'avons éprouvé en 1905, à la suite d'une congestion pulmonaire du côté droit, provoquée par la bise (vent du nord) pendant une attente prolongée des trams de l'Est-Montrouge, dont le trajet était interrompu aux boulevards par le passage d'Alphonse XIII. Ce point névralgique nous revient chaque fois que le moindre courant d'air froid souffle sur notre côté droit et nous oblige, en hiver, à porter une chauffrette japonaise, en guise de scapulaire... médicinal.
Il n'y a pas eu pneumonie, car pas de point de côté spontané et pas de crachats rouilles, mais des caillots qui peuvent provenir d'hémoptysie, sur un terrain prédisposé à la tuberculose, comme pour Molière, ou simplement d'épistaxis. Dans la forme typhoïde, ce symptôme est la règle. En dehors de ces « glaçons de sang » négligeables, restent les « eslevures » à la surface « du polmon > ou des deux poumons, une poussée de granulations tuberculeuses qui enlèvent le Dauphin en quatre jours. Parfaitement, Golin en a publié un cas en 1868 {Gaz. Heb.) et Dieulafoy « a assisté à une évolution de cinq jours ». Celte granulie, que Graves dénomme l'asphyxie tuberculeuse aiguë, est souvent accompagnée de congestion broncho-pulmonaire,
« Dans bien des cas, écrit Dieulafoy, notre meilleur guide en la matière, les granulations tuberculeuses sont tellement conlluentes, l'asphyxie et la mort sont si rapides que les dégénérescences secondaires, les ulcérations du poumon, compagnes des phtisies, n'ont pas le temps de se produire. »
Le Dauphin François, prédisposé à la diathèse tuberculeuse par sa grand'mère, Anne de Bretagne « la noble bancale », et vraisemblablement par son père, le fistuleux François I", sous l'influence : 1° d'une cause occasionnelle, un coup de froid prolongé, véritable coup de fouet en l'occurrence, et 2° d'une cause efficienle ou prédisposante, un terrain propice à la culture du bacille de Koch, contracte une maladie constitutionnelle, que l'on appelait naguère « galopante » et qui prit le mors aux dents. Le verre d'eau légendaire, répétons-le, n'y fut absolument pour rien.
Et quoi qu'en pensent et disent nos novateurs de l'école de Sganarelle « qui ont changé tout cela >, suivis des moutons de Panurge du corps médical, la tuberculose est une maladie essentiellement HÉRÉDITAIRE. Elle n'est inoculable que dans les laboratoires et elle n'est contagieuse que chez les prédisposés par antécédents héréditaires. Donc, en pratique, elle ressortit exclusivement à l'HÉRÉDlTÉ. Effectivement, on observe les entérites tuberculeuses secondaires chez des phtisiques, surtout chez-les jeunes filles du monde qui évitent de cracher en société et se contaminent souvent en avalant leurs expectorations De môme, on peut rencontrer, fort rarement, un des époux contaminé par son conjoint, mais seulement dans le cas de prédispositions ataviques. Voyez Marie Touchet qui vécut quatre-vingt trois ans et M""'' veuve Garnier, femme de l'architecte de l'Opéra, qui vient de mourir en 1912, à quatre-vingtdeux ans, etc. Les individus qui ont cohabité avec des phtisiques et sont restés indemnes de contagion sont légion.
C'est donc faire fausse roule que de combattre la contagion : l'HÉRÉDlTÉ, voilà l'ennemie! Faites une enquête sérieuse en présence de chaque cas attribué, le plus souvent à tort, à la contagion et vous dépisterez l'origine familiale de la tare. Si la contagion de la tuber-
culose était réelle, est-ce que les étudiants, les médecins, les sages-femmes, les infirmiers des deux sexes, les pharmaciens, les herboristes, les domestiques, etc., en contact permanent avec des tuberculeux, les employés de chemins de fer et les voyageurs des lignes du Midi, dont les compartiments sont imprégnés de bacilles de Koch par les phtisiques qui se rendent aux stations hivernales ou en reviennent, est-ce qu'ils ne devraient pas être tous contaminés ?
En visant Vhérédilé, on pourrait, dans une certaine mesure, restreindre la propagation de ce fléau, en créant des conseils de révision matrimoniaux pour l'admission aux fiançailles, et par des instructions directes du médecin au malade ou au prédisposé, conseiller les cures d'air et d'alimentation, les révulsifs locaux et surtout la restriction de toute natalité défectueuse.
Quant à la déclaration officielle de la tuberculose, c'est une mesure vexatoire, barbare, inhumaine et plutôt nuisible. Le médecin s'efforce d'atténuer la vérité, pour consoler et traiter le moral des malheureux prédestinés et la loi veut en faire un dénonciateur et un bourreau.
Hâtons-nous de fermer cette trop longue parenthèse, qui ne changera rien à la bôtise humaine et ne l'empêchera pas de suivre son cours, et finissons-en avec les diagnostics rétrospectifs des François père et fils.
L'autopsie, répétons-le, nous autorise à être affirmatif sur la cause de la mort du Dauphin et elle démontre péremptoirement la parfaite stupidité — que l'indulgent D' Nass, en ses Névrosés de l'Histoire, appelle « incertitude de jugement — et la froide cruauté du prétendu Père des lettres qui attribua au poison une mort toute naturelle et fit écarteler un innocent.
Quant au poison : « L'estomac étoit bel et entier », constate le procès-verbal d'autopsie qui en fait justice.
Voltaire dit aussi son mot sur la mort du Dauphin, qu'il attribue à une pleurésie, et fait allusion à l'empoi-
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sonnement. « Les chirurgiens, écrit l'auteur du Dicl. phil. SUPPLICES, qui ouvrirent son corps dirent (à ce qu'on prétend) que le prince avait pris de l'arsenic. Le prince, en l'avalant, aurait senti dans le gosier des douleurs insupportables : l'eau aurait été colorée ; on ne l'aurait pas traité d'une pleurésie. » Après le potin, vient la flèche du Parthe, le mot de la fin, piquant, contre les chirurgiens. « Les chirurgiens étaient des ignorants qui disaient ce qu'on voulait qu'ils disent ; cela n'est que trop commun. » Il n'en est pas moins vrai que l'ignorance et la lâcheté des archiatres, pour dégager leur responsabilité de cet échec, se firent complices de l'imbécilité barbare du « roi chevalier > !
Après tant d'épisodes tragiques, pour ne pas terminer sur un rythme plaintif, nous aurons recours à la muse du poète cahorsin « survivant des derniers trouvères », qui excellait dans ses épitres familiales en vers de dix syllabes.
En 1517, Claude de France, fille aînée de Louis XII, dite la bonne reine, qui épousa son cousin François I", lui donna un fils, lequel reçut le nom de son père. Clément Marot s'empressa dans une ballade, de jouer sur le titre de Dauphin que portait l'héritier présomptif. Cette poésie de cour n'a pas grand naturel, mais elle échappe, tout au moins, à la platitude ordinaire du genre.
Neptune veut
Rendre la mer de la Gaulle haultaine Calme et paisible ainsi qu'une fontaine. Et, pour ester mathelots de souffrance, Faire nager en caste eau claire et saine Le beau Daulphin tant désiré en France.
Mais les nymphes ont beau s'en mêler, les vents ne souffler plus « sinon à double alaine », les tempêtes s'évanouir : il ne nagea pas longtemps le beau Dauphin, mais très vite se noya... dans le verre d'eau légendaire du comle Montecuculli.
LES nOlS DE FRANCE
HENRI 11 -h 1559
La cause de la mort de ce vaniteux personnage ne laisse aucun doute, et le chirurgien Lannelongue n'a pas eu beaucoup de peine à l'attribuer — ce que tout roupiou sait aussi bien que lui — à une méningo-encéphalite Iraumaliqae.
A cette consultation, longue de sept pages, toutes pages superflues, et qui ne saurait éblouir personne, le D' Cabanes n'ajoute que deux lignes : « Ce diagnostic du savant professeur est d'accord avec celui que nous avons nous-même formulé. » Cela apprendra au « savant professeur » à perdre son temps à enfoncer une porto ouverte.
Avant de quitter ce monarque, rappelons qu'il était atteint à'hypospadias, « vice de conformation qui lui valut le sobriquet de M. de Saint-Viclor ». Il mit onze ans (1533 à 15-ii) et non pas neuf, sous la direction de Fernel — redresseur de tors — à façonner François II. Catherine de Médicis rattrapa le temps perdu et, après cette première naissance, eut neuf autres enfants.
A propos du sobriquet donné à Henri II, alors Dauphin, jusqu'à la naissance de son premier enfant, le futur François II qui s'était fait attendre, écoutez l'effronté abbé Brantôme :
« Sur ce, j'ay ouy faire un conte, que, lorsqu'il (François II) fut né, il y eut une dame de la Cour, qui estoit de bonne campaignie,et disoit bien le mot, qui vint présenter un placet à son père, M. le Dauphin, par lequel elle le prioit de lui faire donner l'abbaye de Saint- Victor, qu'il avait rendue vacante. Dont il fut estonné de tel mot, mais, d'autant qu'on disoit à la Cour qu'il ne tenoit pas tant à M°" la Dauphine comme à M. le Dauphin
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pourquoy il n'avoit d'enfans, parce qu'on disoit que M. le Dauphin avoit son faict tort, et que pour ce la semence n'alloit pas bien droict dans la matrice, ce qui empeschoit fort de concepvoir. Mais après que cet enfant fut né, on dit qu'il ne tcnoit plus à M. le Dauphin. Et parainsy ceste dame ayant expliqué son placelà M. le Dauphin, tout fut tourné en risée, et dict qu'il avoit rendu l'abbaye Saint-Victor vacante, faisant allusion d'un mot à l'autre, que je laisse imaginer au lecteur sans que j'en fasse plus ample explication. »
nJ.
LES nO!S DE FRANCE 97
FRANÇOIS II t 1559
Le fils meurt de la même maladie que son père, de méningo-encéphalile, mais d'origine différente. Chez le fils, elle est consécutive à la carie du rocher, provenant d'une otite suppurée, contractée vraisemblablement dans le cours d'une rougeole, maladie à laquelle presque tous les enfants paient leur tribut.
« L'otite, écrit Dieulafoy, qu'on observe parfois dès le début de la rougeole, peut revêtir une telle intensité qu'on rapporte des exemples de carie du rocher avec phlébite osseuse etaccidentspyohémiques, consécutifs. »
Le D"' Potiquet, en son étude sur les Végétations adénoïdes dans l'Histoire, à laquelle nombre d'historiens médicau.x ont amplement puisé ', a d'abord fait de François II un adénoïdien et attribuait l'origine de son otite à cette manifestation strumeuse. Depuis, il s'est rétracté
Jpour se rallier à l'opinion de Bonivard qui en a fait un panais.
Sur ses portraits, toujours flattés, on ne le représente pas avec «la bouche ouverte » des adénoïdiens qui a été signalée par plusieurs contemporains . D'après Agrippa d'Aubigné (1550-1630), par exemple, François H « étoit de ceux qu'on appelle mal-nez, — ce qui ne veut pas dire mal né, fait observer le D' L. Nass, — ne se purgeant ni par le nez ni par la bouche, laquelle il portoit ouverte pour prendre son vent ».
Il était camus, peut-être punais,bien qu'il ne mouchât que très rarement et des matières noirâtres, sanguinolentes, sans doute, mais non pas verdâtres, couleur caractéristique des excrétions de la rhinite atrophique.
1. Lire la lettre spirituellement satirique que le D' Potiquel adressa au directeur d'Esculape (numéro de mars 1914), où le D' L. Cour. .. avait reproduit partie de son étude sur François 11.
1)8 COMMENT MOUnUREST
La « puanteur de son haleine » — anima felens de Plaute — provenait vraisemblablement d'une hypertrophie amygdaliennc qui le faisait parler du nez et l'exposait aux esquinancies (flg. 9).
Si ses portraits ne lui donnent pas la bouche ouverte de merlan, de thon commun et notamment du serran écriture, de la famille des Percidcs, caractéristique des adénoïdiens, — telle la bouche bée de Charles-Quint (flg. 10), à la lèvre inférieure en rebord de pot de chambre des Habsbourg, — ils dépeignent avec fidélité la bouffissure strumeuse de la lèvre supérieure. C'était, en dépit de la seconde version contradictoire de Poliquet, un scrofulo-adénoïdien typique.
Voici le portrait que M ichelet, d'après les textes contemporains, trace de François II : « Pâle et bouffi, il gardait ses humeurs, ne mouchait pas ; bientôt il moucha par les oreilles et dès lors il ne vécut guère. » Marie Stuart, une forte rousse, grande mangeuse, le hAta par ses appétits charnels.
Quelle que soit la cause occasionnelle de sa mort, François II ne fut pas moins atteint, vers trois ans et demi, d'otite suppurée et il reçut le coup de grâce aux Jacobins pendant les vêpres : « Une violente "douleur de l'oreille gauche, écrit l'auteur des Morts Mystérieuses, provoque une syncope. » C'était le coup de canon du vertige de Ménière. Puis l'inflammation se propagea aux méninges et la mort survint un mois après.
Le dossier de son hérédité pathologique est chargé : 1» la mort, à vingt ans, de son grand-père maternel, Laurent de Médicis, « consumé jusqu'aux os », assure Michelet;2°la tuberculose de son frère Charles ;3° la boiterie strumeuse de la bisaïeule Anne de Bretagne; sans compter la tuberculose pulmonaire de son grand-père paternel, François l"', et sa lésion génito-urinaire — le doigt de Dieu qui, dans ce coup du père François, le punit par où il a péché. Ces mauvaises références indi-
quent chez François II un terrain particulier, constitutionnel, sur lequel évolue avec la plus grande facilité le bacille de la tuberculose ' et autres germes morbides.
On accuse les véjélalions adénoïdes « d'exercer une influence sur l'état intellectuel du roi », parce qu'elles produisent « un état voisin de la demi-asphyxie qui nuit au développement des facultés du cerveau ». Certes le fils aîné de Henri II ne brilla pas par son intelligence ; neveu des Guises, par alliance avec Marie Stuart, leur nièce, il subit l'influence néfaste de ces derniers. Un adénoïdiea respire la bouche ouverte, sans crainte d'asphyxie ni même de demi-asphyxie et nous ne voyons pas l'influence de ce mode respiratoire sur l'intellect. Parmi les nombreux adénoïdiens de notre clientèle, il s'en trouvait de très intelligents. Charles-Quint, Charles X — bien que ce pieux monarque fût souvent caricaturé sous forme d'un pieu (fig. 30) — n'étaient pas, ce semble, des imbéciles.
Il est incontestable que François II est mort d'une méningo-encéphalite, suite de carie tuberculeuse du rocher gauche.
Quant à l'hypothèse du poison donné par Catherine ou par les huguenots, — suivant le son de cloche fêlée que l'on entend, — reléguons-la dans le domaine du roman, en compagnie de celle des excès vénériens, si souvent invoqués, aussi, par les historiens à tête de linotte et, en particulier,par le peu perspicace et sinistre facétieux Philippe II, pour lequel François II « mourut de Marie Stuart», aux cheveux aussi ardents que ses sensî Risam teneatis.
1. La transmission parasitaire ds la tuberculose, d'après Moral et Doyon, paraît très rare {hérédité de graine) ; par contre, les dystrophies ou lésions par troubles de nutrition sont fréquentes (hérêdilé de terrain). « Ce que les générateurs transmettent à leurs descendants, dit le contagionniste Landouzy, c'est non pas la maladie tuberculeuse, mais la prédisposition à en être attaqué; c'est un terrain bacillisable, plutôt qu'un teirain bacillisé. « Donc la contagion est subordonnée à l'hérédité, reléguée dans le royaume des vieilles lunes.