X. — Les Sacrements Re
S 1. — Les sacrements en général
« Allez-vous inférer que le Sauveur, au cours de son existence terrestre, a, par sept fois différentes, attiré l'attention de ses disciples sur sept objets ou sept rites qui devaient être, dans l'avenir, les sept sacrements de l'Eglise, et qu'il leur a expliqué la doctrine de la grâce, du signe sanctifiant par lui-même, ex opere operato, "« comme nous disons dans notre latin scolastique ? Cette conception peut être une vue de foi, vraie, à sa manière, pour la foi; mais si vous la prenez comme lettre d'histoire, ce sera une opinion absurde et insoutenable ». (P. 224.)
« On perçoit encore sans difficulté, dans le Nouveau |
/ &g RL Testament, que l'Eglise n’a été fondée et que les sacrements n’ont été institués, à proprement parler, que par
le Sauveur glorifié. Il s'ensuit que l'institution de-
l'Eglise et des sacrements par le Christ est, comme la glorification de Jésus, un objet de foi, non de démonstration historique (1). L’historien peut constater seulement que l'Eglise est la continuation vitale et logique de l'Évangile. Il peut vérifier aussi que le Christ a toujours vécu et qu'il vit encore dans l'Eglise, mais il n’accomplit cette vérification que par l'expérience dela foi, non par l'examen critique des textes et des. faits », (P. 227.)
: $. 2. — L’Eucharistie
« Le concile (2) décrète que le Christ est réellement et toutentier présent dans l'eucharistie ; que la substance du pain et du vin ne demeure pas sous les espèces après la consécration, mais qu’il y a transsubstantiation, c’est-à-dire changement, par substitution, de toute la substance du pain au corps, et de toute la substance du vin au sang du Christ; que la messe est un véritable sacrifice, institué par le Sauveur; que les apôtres ont été . faits prêtres par les paroles : « Faites ceci en mémoire - de moi »,et que Jésus a institué ainsi un sacerdoce — visible et perpétuel.
« Ce sont là des vues de fui, et d’une “ER qui.se définit selon les-conceptions philosophiques du moyen âgé. Pensez-vous que les apôtres, pendant la dernière cène, ‘aient eu l’idée bien nette de la transsubstantiation, de la
permanence du Christ tout entier sous les espèces du pain et du vin, qu'ils aient eu conscience d’être désormais des prêtres, qui remplaçaient, dans la nouvelle alliance, le sacerdoce d’Aaronet le ministère deslévites ? Et nous-mêmes, savons-nous maintenant aussi bien que:
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(1) Toujours la théorie de la for. Soit ; mais qui dit foi, dit varié’é - et liberté des mythes et des pratiques qui alimentent cette foi. (2) Les Evêques qui faisaient partie du Concile.
les Pères de Trente (r) ce que c'est que substancekt ce que c’est qu’accident (2), pour concevoir aussi facile- Et ment qu'eux une substance corporelle sans apparence, 7: et une apparence sans substance? N'est-il pas évident que la définition philosophique de la présence réel 4 À s’est lentement élaborée et finalement déterminée en r vue des hérésies qui tendaient plus où moins à faire du. sacrement un pur symbole, et que la vérité du sacrifice. 2 de la messe doit s’entendre par rapport à une notion particulière du sacrifice, que les théologiens eux-mêmes . . ont quelque peine à interpréter? Toute l'histoire de « l’eucharistie est un témoignage de la foi grandissante. A Pour la foi, c'est le témoignage que le Christ vivant Se x rend à lui-même dans l'Eglise, qui vit par lui. Etilen fut ainsi dès le commencement ». (P.235à 237.) = « À ce point de vue de l’histoire, la foi à l'eucharistie » à St attestée à peu près par les mêmes témoignages et de. la même façon que la foi à la résurrection; les deux” sont nées ensemble et se sont affermies ensemble par les mêmes causes, la foi antécédente à Jésus Messie et les apparitions (3) qui ont suivi la passion; les fidèles de Jésus ont acquis en même temps la persuasion que leur Maître était toujours vivant, et qu'il étaitavec eux, à eux dans la fraction du pain; et de même que la foi à Jésus Messie supportait la foi à Jésus immortel, le souvenir du dernier repas supportait et déterminait la foi à Jésus présent dans la fraction du pain. Jésus
‘ressuscité était entré dans la gloire de son règne,"et la, ke
cène eucharistique était FACCOMAES mystérieux, | “