‹ Comment on devient artisteChapitre 49 sur 70 · III. C03IMl<:rST os devient AUISTE l'y · texte numérisé non relu

III. C03IMl<:rST os devient AUISTE l'y

Beaucoup répugnent àlVayeravecle peuple, a rester dans un heu méphjtique, à loucher des mains sales, qui ne supposent pas combien des gens physiquement propres sont puants de l'àme. Ceux qui ont siflle Taanhaiiser, étant des viveurs, devaient etreproprcs de corps: mais quelle âme encrassée et pustulante. leur àme ! Le Mage redoute un autre typhus que celui des hygiénistes : il sait que la fréquentation des mondains débdite, que celle des artistes en cénacle contient une extrême acreté.

De toutes les professions, celle qui détruit le plus complètement Têtre animique, c'est, après la magistrature et Tarmée, l'avocatcrie. Le barreau est la collection des esprits faux et des consciences finies. Y puiser des gouvernants, signale une démence singulière.

Voici les lieux où l'on doit séjourner le moins de minutes possible : le Palais de Justice, les bureaux de rédaction, les casernes et les cercles !

Jamais FAriste, sans nécessité, nes^xj^)sc:,'l a l'atmosphère abominable d'une Cha:ii!)ie des députés ou d'un Sénat.

A. L^nX. — Potentiellement, les élus du suffrage universel incarnent la h élise totale d'un peuple;

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paisqails ont reconnu leur maître dans le peuple et que le peuple les a acceptés comme domestiques.

Une preuve que la supériorité de l'homme ne se développe pas au contact varié delà vie, c'est le vide insondable du corps diplomatique français ; au reste, il suffît de remarquer qu'on envoie des généraux en ambassade, des gens qui ont traîné leur vie dans les garnisons, à travers leurs grades et qui, fussent-ils nés supérieurs, ont complètement perdu la faculté de penser.

Le militarisme s'établit sur une abdication totale de la personnalité, comme l'avocaterie sur l'atrophie de la conscience.

Parmi les dragons qui affamaient les Prémontrés de Saint-Michel, de Frigolet , il j avait des catholiques : on répondra que la société les avait relevés de la qualité d'homme les réduisant à Tétat mécanique. S'il y a, par le inonde, des êtres qui se laissent ainsi avilir, ils méritent ce qui leur est fait, et je n'oserais m'intéresser à de pareilles brutes.

On peut concevoir encore Tidéc de défense nationale ; le but est précis ; et ces gens-là défendent leur solde et leur uniforme? et peutêtre un pays qui leur plaît. Après tout , un

casque, s'il iic meuble pas une tête vide, la pare : et dans tous les bastringues possibles il vaut mieux porter un dolman qu'un veston : même mondainement, le galon comme la soutane font quelque chose d'un quelconque ; mais entre la défense du pays et les passions de quelques fripouilles du barreau, il y a une distance. A Jules Ferry Thonneur de l'avoir franchie,

Ce sacripant, qui voyait juste parfois, puisqu'il a vu le danger de la Russie, ignorait les conditions de l'équilibre moral, et par cette lacune il ne pouvait pas plus être un véritable homme d Etat, qu'un naïf du progrès ne sera un ariste véritable.

A. LXX. — L'humanité n évolue pas en amélioration ; Hiégémonie change de lieu et de race, t ensemble demeure le même ; il n'y a pas eu d'âge d'or et il n'y aura jamais de progrès,

A l'investigation superficielle , il semble que la cruauté diminue et que la vie humaine, plus respectée, s'écoule plus heureuse. Qu'on additionne les charniers de la monarchie française, tous n'équivalent pas au sang versé par le seul Bonaparte : au moyen âge le vagabond était libre, sinon secouru; actuellement, on

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emprisonne quiconque commet le crime de s'endormir en plein air, faute d'un toit.

A. LXXI. — La société, en s' aihéisant . a dà sévir contre le pauvre : le divin n étant plus là pour répondre à F injustice terrestre, le malheureux devient un révolté et préventivement on le traite en criminel. A quel titre l'Etat prêchera-t-il la résignation : au nom du fait accompli et de la paix des possédants? L'anarchie lui répond.

La barre sociale est faussée ; on ne gouvernera plus en France : on réprimera plus ou moins longtemps d'aveugles revendications, et ce sera tout.

Convaincu de son inutilité, comme s'il était unLislz parmi des sauvages contents du tambour et de la corne. l'Ariste se désintéresse non seulement du pacte national, mais aussi du pacte social : que ferait-il en présence des possédants qui, comme Fafner, murmurent : (( je dors et je possède » et des liagen qui se ruent a leur convoitise? *

La conquête seule trancliera cet inextricable, pour un temps ; on a déclaré le ciel vide, et sitôt l'homme d'en bas s'est trouvé dupe : il l'est en elfet, et je ne saurais lui prouver

qu'il doit respecter les riches comme des dieii\, pas plus que je puis donner la main a sa revendication sans idéal.

Mon effort consiste a former des êtres de pensée et de grand sentiment, qui conserveront, à travers la tourmente, les vérités essentielles de la tradition.

A. LXXII. — La mission de VAriste consiste à vivre au dessus de la vie ambiante, dans l'identification spirituelle avec les génies.

Quoique je ne puisse prévoir une éclaircie où la raison ait sa place, l'Aristie sera un corps intellectuel en réserve, une élite prête pour commander.

Qu'ici l'ambitieux ne se grise pas d'un espoir déçu d'avance, ce semble : il n'y a plus de place, en Occident, pour les gens compétents, quelle que soit la matière.

Le blagueur et le commis, l'avocat et le bureaucrate régneront jusqu'à la consommation latine. Qu'importe au salut individuel la perdition générale ? Une audition de Wagner console de bien des choses. Par quelle aberration tout le monde se croit-il missionnc de je ne sais quel rectorat et veut-il sa part de

pouvoir ?

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A. LXXIIl. — Les émotions eslliétiqnes sont les plus belles, les pliis permanentes de la vie ; ïàge ne les borne pas et les événements ne sauraient les empêcher, tandis que l" ambition est la plus incertaine des matrices émotionnelles .

D'excellents et môme de hauts esprits ée sont largement trompés.

ce Qu'une vie est heureuse, quand elle commence par l'amour et finit par l'ambition ! Si j'avais eu a choisir une, je prendrais celle-là.

a L'amour et l'ambition commençant et finissant la vie* on est dans l'état le plus heureux dont la nature humaine est capable. »

Ainsi s'exclame le grand Pascal, qui n'avait touché a aucune de ces choses. L'amour défendable en quelque sorte représente une des grandes partitions de la vie et qu'il faut déchiffrer sous peine de demeurer incomplet ; mais l'ambition, si je la crois définir ainsi : consentir au sentiment général pour qu'à son tour le sentiment général aous consente, se trouve pleine de bassesse et sans rien qui me séduise.

Etre roi, voilà qui vaut mieux que de végéter obscur et besoigneux ; mais être roi signifie imposer sa volonté et la faire fructifier au

m. COM.MEiNT ON DEVIENT AUISTE I^Q

soleil, au lieu que souvent le monarque ne règne point et gouverne contre son sentiment. Il me semble qu'en la place de Louis XIV j'aurais fait de plus grandes choses ; son actuel successeur que lait-ilP Des révérences, et il les fait mal ; je préfère mon sort.

A . LXXI V. — L'ambition n'est licite qu'au pro^ fit d'une idée éternelle ; dès quon ne cherche plus C idéal, on ne trouve que soi-même, et c'est peu.

Quelle rage deseligurer un événement contraire a sa doctrine et qu'il faut vouloir ; il y a là de quoi mouiir. Combien l'impuissance et l'obscurité valent mieux, si on ne peut user du pouvoir et de l'éclat selon son cœur !

Pour l'homme qui pense, les choses de ce monde sont des moyens : rien de contingent ne saurait être un but, et, dès lors qu'on ne réalise pas son rêve, le plus beau sceptre n'est qu'un fardeau.

Du moment que l'Ariste n'attend plus rien de l'opinion, il devient libre de mille entraves et se rachète d'un coup de toute servitude.

Il se relire de la vie mditante, et connue il se moque de la croix d'honneur, il se débarrasse vite de la giberne. Désormais les corvées nationales lui pèseront moins, puisqu il ii'o-

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béira plus qu'aux gendarmes. Ceux-lk représentent un principe d'ordre nécessaire et préférable kleur absence; ils sont la barrière entre l'individualisme et le collectif; la prudence, comme la raison, les rend respectables.

Voici le jugement de Messer Léonard de Vinci sur la pluralité des hommes et partant sur l'être social :

(( Une me paraît pas que les hommes grossiers, d'habitudes basses et de peu d'entendement méritent un si bel organisme, ni une telle variété de rouages que les hommes spéculatifs et de grand entendement, mais seulement un sac où se reçoivent et d'où sortent les aliments, car, en vérité, ils ne peuvent être regardés que comme un transito di cibo ; il semble qu'ils ne participent de l'espèce humaine que par la voix et la figure, et qu'en tout le reste ils soient bien au-dessous des botes. »

CONCORDANCE CATHOLIOUR

ARCANE OCTENAIRE

Souple en ses mœurs^ amène en ses manières, indifférent au\ contradictions personnelles, l'Ariste doit être ferme en sa doctrine. Il la peut renfermer et taire, mais non pas la trahir : l'opinion ecclésiale admet qu'un catholique soit fonctionnaire d'un pays athée; la magie n'admet pas qu'on participe a un courant d'erreur, fût-ce comme élément passif.

Il y a une parole orientale trop impratiquée en Occident : « Celui qui apporte le papyrus et le pinceau pour écrire un arrêt de mort est complice de celte mort ; celui qui donne le bâton pour frapper est jugé comme s'il frappait. )) Ainsi l'initié refuse ses lumières aux hommes des ténèbres ; ainsi l'opinion publique a tenu rigueur à la grande tragédienne Agar d'avoir déclamé pour la Commune. La

responsabilité d'un être donne la mesure de sa valeur : il y a une catégorie d'hommes qui savent toujours ce qu'ils font et qui n'ont aucune excuse de dévier à leur propre conception.

L'Ariste ne peut pas adhérer a Terreur égalitaire, pas plus que le chrétien aux idées panthéistes : ainsi ils se parjureraient.

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