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L'ORIGINE, OU DE LA MÉTHODE

Sepliirot : Hochmah.

tractas Spiritas : Gaudium.

Série spiritaelle : Keroubim.

Onomie ApoUonide : Musagetès,

Muse : Euterpe.

Signe : Taureau.

Arcane .-Novcnaire.

Œavre Aristiqae : se refuser aux lois.

Génie d'Orient ; Vyasa

Génie d'Occident: Roger Bacon.

La version magique de la Genèse nous a montré l'origine de l'homme créé de Dieu par les mains des OElohim Ammonéens, ces artistes d'éternité, et nous a révélé que, par amour pour 1 homme, ils avaient abandonné le devoir et le ciel, pour venir ici-bas instruire et diriger les fils de leur art. Au Sépher d'Hénoch nous avons vu et l'insuccès de

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l'audace œlohite et le merveilleux génie déployé par les nouveaux daïmons.

Quelle conduite sera la plus habile et portera les plus beaux fruits, sinon celle qui mènera l'homme vers ses auteurs, ses médiateurs^ les Bene OElohim.

Les spirites, ces malades, et les sorciers, ces aliénés, avaient senti confusément ce que je formule d'après le Texte saint ; mais le mystère, mal interprété, devient un ferment de dévastation, et ils inventèrent cette maladie, la médiummité, cette démence, la goétie.

Après le déluge, il ne resta pas un seul des OElohites sur la terre ; leur dam commença. Je ne me flatte pas de le préciser ni de le décrire, j'affirme qu'ils furent violemment rejetés de ce monde, et qu'ils ne purent réintégrer la lumière.

Mais leur s fils, les daïmons, mêlés à l'humanité, continuèrent l'œuvre paternelle: ils firent du divin sur la terre. Les religions, les poésies, les arts sont leur œuvre : ils furent les génies, et toutes leurs œuvres, suivant la volonté initiale de leur race, apparurent des œuvres de Pi'ométhée, c'est-à-dire de pédagogie divine.

Au lieu de provoquer par des pratiquas idiotes et dangereuses les hallucination^, on

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peut recevoir des Esprits le verbe fomentateur par les œuvres de leurs fils les daïmons.

Tout ce que l'iiomme conçoit de subtilité, Léonard le réalise ; tout ce que l'homme imagine de sublimité, Dante l'écrivit.

A. LXW. — Les chejs-d* œuvre sont les points paraboliques ou atteint l'esprit de l'homme : il peut toujours à côté, jamais au delà.

Dans (( l'art idéaliste » et au « catéchisme de la Rose f Croix y>, les archétypes du génie humain seront donnés avec leur degré de Iilérarchie respective.

Pascal, que j'aime à citer, à cause de son caractère d'esprit indépendant et si éloigné de tout «pnon magique, dit: « Les qualités excessives nous sont ennemies et non pas sensibles; nous ne les sentons plus, nous les soutirons. Enfin les choses extrêmes sont pour nous comme si elles n'étaient point, et nous ne sommes point à leur égard : elles nous échappent, ou nous à elles. »

Notre esprit ne supporte pas un degré trop élevé de précision, et nous avons plus de joie dans l'indéfini : de là, la puissance de l'amour et de musique ; de là, les mystagogies hallucinantes.

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A . LXXVI . — La tendance originelle de /' homme est de sentimentaliser son idée et de matérialiser son sentiment, afin de les mieux percevoir.

U ascèse occulte enseigne au contraire à sentimentaliser sa sensation et à spiritualiser son sentiment. L'ascèse aris tique, médiane ^ esthétise la sensation, le sentiment et l'idée, c'est-à dire ramène toute manijestation de la vie à un point fixe, qui est la Beauté.

Les dangers de l'exaltation résident dans l'instabilité ou Findéfinité de l'objet qui la cause : et l'enthousiasme ne vaut comme une chose saine que s'il coule d'un point précis et immobile.

Les crimes passionnels proviennent de la fausse conception d'un être, ou d'un mouvement contradictoire à ceux qui ont précédé. Une femme se révèle menteuse ou désaimante, et sitôt l'amant dérangé de son équilibre mental devient une bete attaquée dans la sorte d'instinct artificiel qu'il s'était formé.

On ne rencontrera jamais ce phénomène dans l'exaltation esthétique : l'œuvre d'art se montre et précise et immuable : les cristallisations d'àme stratifiées sur elle en aucun cas ne sont menacées. On peut envisager

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J 'homme comme s'il avait des émulsionsd'ame à centraliser, à appuyer ; ce sont presque des œufs émotionnels qu'il confie à l'être aime pour les couver et les réaliser. Si son enthousiasme choisit le domaine esthétique pour ce dépôt précieux, il est assuré contre toule malencontre !

A. LXXVU. — Notre âme est liée aux motifs de ses grands mouvements, être ou choses.

Combien de la présente génération datent leur état d'âme de Bayreuth, et depuis des années, pour d'autres années encore, accumulent sur ces assises tout leur acquêt d'idée et de sentiment.

A. LXXVIII. — La vie prise dans le sens le plus élevé est le mode de toutes nos évolutions. Ncus vivons des pensées comme des besoins : et ce sont ces pensées vécues qui décident de la voie et du caractère .

Il n'est pas bien sûr que la sensatioii soit l'origine des idées, parce qu il y a une sensation obscure qui traverse l'organisme avec une vivacité incroyable, ébranle la sensibilité, et tout de suite se iormule en notion. On ap-

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procherait de la vérité en disant que la vie attaque notre entité sous trois degrés différents de subtilité.

A. LXXIX. — Lorsque la vie nous actionne grossièrement, elle Ji affecte que notre organisme ; lorsqu'elle a plus de pénétration, elle nous atteint à rame; enfin à son maximum d'éthérisation, elle parvient à notre cérébralité .

Nous conclurions donc que la vibration de vie pénètre en nous qualitativement d'abord comme un choc extérieur, puis comme un gaz, enfin comme un fluide.

11 y aurait analogie des trois états de la matière ou, pour mieux dire, des trois états du mouvement, à nos trois portées d'existence.

La vie physique correspond ainsi au mouvement ou à la matière dynamisante, et la vie intellective au mouvement hyperdynamique.

On appelle bonheur l'accord mouientané entre les trois termes ; mais, il faut l'avouer, c'est la matière dynamisée qui représente le plaisir, c'est l'àme qui vibre pleinement; l'esprit même tend toujours à se précipiter dans l'animisme pour jouir.

Chez les êtres supérieurs, l'ame produit

sur l'esprit la môme pression que le corps sur lame des inférieurs ; il se concréllse ainsi, car toutes les jouissances sont des concrétions plus ou moins subtiles.

En s'isolant, l'Arisle doit prendre garde k l'eflluve animique qui le sollicite sans cesse a sentir, au lieu de penser. Ce vertige explique comment les peintres arrivent à s'énamourer de leur palette au point qu ils ne voient plus leur devoir de beauté, mais seulement la qualité de leur couleur, et comment les maîtres de l'occulte ont embarrassé la doctrine de tant de simagrées et d'accessoires de théâtre.

A. LXXX. — La vie sociale ramène thomme à ses instincls sous les formes convenues en vifjueur: la solitude ramène ï homme à ses sentiments l)ropres.

On ne l'a pas assez remarqué, la société a canalisé le penchant homicide sous l'orme militaire ; au penchant erotique correspond le lupanar. La légion d'honneur rcpié^ciilc les anneaux dans le nez et les plumes dus pi i mi tifs. Est ce à dire que la société a eu tort? Non, certes, le tort serait qu'un aigle acceptât d'entrer dans une cage k moineau et qu'un tigie consentit k se voir attelé.

igo

AMPHITHEATRE DES SCHiNGES MOTITES

Dans la retraite, la personnalité s'augmente, mais malacllvement parfois : rincliviclualiste ne voit plus l'au delà et devient son propre horizon ; la Ijcanthropie de Naboukoudounousor paraît, symptôme évident que l'homme est a hii-méme une mauvaise compagnie.

La femme nous regarde toujours au-dessus ou au-dessous de nos mérites, suivant qu'elle aime ou point : si nous lui donnons le bonheur, elle nous rend un reflet éblouissant, mais rarement prolongé. On ne peut appuyer sur elle son évolution.

Un homme est soulevé par l'événement jusqu'à un certain rôle ; il eu use mal, et retombe au-dessous de son éclat premier : on l'a vu pour ce pauvre condottiere Boulanger. Ce qui irappe d'infériorité la vie publique, c'est que la for'unc ne va jamais à l'homme de mérite, mais à celui du moment : il y a dans la politique un à-propos qui est tout l'art, et, soit d'action, soit de parole, là-propos se montre chez le superficiel. Un méditatif agit un peu lentement et se décide avec une lourdeur inévitable, là ou il faut risquer tout pour aboutir.

De même, on conquiert les sufiragcs d'une coterie, d'une caste, par une seule qualité

l'a-propos. Celui qui a des vues profondes ne trouve p«is tout de suite leur expression superficielle, la seule qui sera comprise : il se tait, ou bien, abondant et obscur, il parle comme à lui-même.

Laissons la pensée et prônons la seule sensibilité : celui qui l'a exquise sera si souvent et si violemment offusqué, qu'aucune liaison nerveuse ne lui sera possible avec le commun des hommes. Donc toute supériorité est un principe isolant et qui force à choisir non seulement ses amitiés, mais ses relations.

Les meilleurs de nos amis sont ceux qui nous viennent d'eux-mêmes et cela est vrai aussi de nos amantes.

A. LXXXL — Tout commerce agréable suppose une fomcntalion mutuelle de personnalités.

Nous ne pouvons recevoir d^autrui qu'un seul bienfait : la confirmation de nous-meme.

A. LXXXIL — L amitié et l amour sont des entreprises plus ou moins vives d'orgueil naturel.

Sous ce rapport, ou les anciens étaient mieux trempés, ou bien ils ont menti ; on lit qu'ils commandaient sans cesse ce que FEglise

appelle la correction fraternelle. Sauf aux choses matérielles, nous n'avons pas besoin d'avis, mais d'approbation.

A. LXXXtII. — L' amitié et r amour s'affirment en augmentant ridée que chacun a de soi, et par l'estime et par la volupté.

Il est juste qu'on se flatte, si on inspire du dévouement et si on se voit élever au-dessus des autres : quel coup d'orgueil plus violent que de s'entendre dire qu'on donne le bonheur, et c'est peut-être la seule laçon de le recevoir.

La plus grande flatterie d un être à l'autre c'est la volupté, seulement la volupté, parce que la raison n'y a point de part, qu'il n'y peut être question de mérite, et que cela s'adresse non à la qualité de l'être mais k l'être môme pris en son entier, sans jugement ni formule.

Fréquenter un milieu où l'on n'a point d'autorité est une faute d'hygiène : il n'est pas utile d'y prédominer, mais d'y tenir sa place» sans combattre. Voilà pourquoi le monde des lettres et des arts s'éprouve d'un commerce si fatigant, chacun a vraiment bescin de surpasser, et cette tension des personnalités rend les rapports énervants. Les érudits et les sa-

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vaiils valent mieux, il y a chez eux moins de besoin d'orgueil : la matière de leur discours ne déçoit pas.

A. hXWiy . — Le plus doux commerce sera celui oh il y aura le plus d impressions et le moins de paroles.

Je sais que cette formule donne une prime à l'amour ; seul il permet ces silences animés, ces mutismes intéressants^ ces répits de lame qui sont le bea\i côté de son phénoménisme. Il est vrai qu'il faut s'aimer beaucoup pour pouvoir se taire, et que le baiser le plus souvent bâillonne seul.

N'importe , l'amitié féminine repose le mieux de la solitude, elle nous complète. Les hommes ne peuvent nous dire que ce qui est écrit ; les femmes nous font sentir parfois de ces choses que Fart a notées, mais que la vie seule fait entendre ; elles sont le truchement de l'indéfini et, partant , elles contiennent tout ce qui pourrait manquer kTAriste solitaire.

CONCORDANCE CATHOLIQUE

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