DEDICACE IX
aimés. Cet esiliHe seniêta à ne pas décroilre devant les yeux qui lai étaient chers. La dernière Jois que je le vis, hait mois avant sa mort : (( Mon ami — me dit-il — et vous savez ce que vaut ce mot, de vous à moi — ne venez plus, car je ny suis plus — mon Jantôme seul est devant vous et je ne veux pas qu'il efface ma véritable image. Le dernier service à rendre au vieil aigle, c'est de le laisser mourir seul. »
Paroles tragiques et inoubliables, scène digne de Sophocle.
Vous, mon ami Armand, Vous n'avez rien dit: la nausée de la vie médiocre Vous est montée au cœur, si douloureusement et d'un seul coup, que Vous êtes mort de Votre pensée. La santé, du reste, manquait seule aux dons merveilleux que Dieu Vousjit : avec elle, Vous auriez secoué le cadre étroit qui Vous enserrait et on eût vu quelque éclat digne de Vous et de mémoire.
Vous avez été pour moi comme unjrère aîné : nos causeries de Saint-Grâtien, de Macolin, de Hyères, je me les remémore en leur complexité. Du mouvement chevaleresque. Vous passiez sans transition à la vue lucide de l'homme d'Etat, et Vous étiez gai parfois ; j'entends encore a votre rire de cristal », comme disait celui que nous appelions le Grand Ami,
Quelque jour un critique, c est-à-dire un journaliste d'un journal vénéré. Vous découvrira, et Vous aurez alors les éditions dhine gloire tardive.
Moi, je Vous regrette simplement parce que Vous me manquez : je glorifie en Vous l'ami dévoué et charmant que m'avait donné le Connétable.
Si Vous pouviez lire ceci, il Vous plairai!, théoricien du Don J nanisme, ce souvenir de sentiment mieux encore que de mémoire intellectuelle.
Je Vous donnai mon quatrième roman : A Cœur Perdu; j6 Vous donne aujourd'hui mon troisième traité magique, afin que Vous soyez inscrit dans mes deux chantiers de lumière.
Que ces tristes pensées que j' enguirlande autour de Votre tombe témoignent de ce que Vous étiez au secret de vous-même ! Peu le savent et moi seul ai l'autorité de le dire.
Le monde n'a connu qu'un homme beau, spirituel, généreux, et, ô destin ! conseiller général.
J'ai connu une âme de héros, un esprit die métaphysique ; et au moment ou j'achève un nouvel ejjort, je le mets sous l' invocation de Votre souvenir. Grand Ami.