CONSONNES : T, D, N
Aspect dti visage et jeu des organes dans la formation de ces consonnes.
— Moyen de les enseigner. — Défauts les plus communs et procédés à
employer pour les corriger. — Rapprochements philologiques.
t.' — Dans la production de celte articulation, on voit la langue, placée contre les dents supérieures (fig. 57), s’en détacher brusquement et venir se placer derrière les dents inférieures. Ce mouvement est visible principalement lorsque t accompagne l’une des voyelles a, c, i; il l’est moins dans les syllabes fo, teu, et ne l’est plus dans tou, tu.
Les dents, visibles dans les syllabes ta, té, ti, ne le sont presque plus dans les syllabes to, teu, et ne le sont plus du tout dans les syllabes tu, tou.
La consonne t. est le type le plus simple de l’élément phonétique produit à la deuxième région d’articulation (v. fig. 8), comme le p est le type de la consonne formée à la troisième région (v. même page).
Pour articuler le t, la langue s’appuie dans toute l’étendue de ses bords contre la couronne alvéolaire, comme le montre la figure 59, et empêche d’abord toute sortie du souffle, puis elle s’abaisse brusquement en se retirant derrière les incisives inférieures. Ce retrait brusque produit une vive explosion du souffle analogue à
consonnes: T, D, N. 213
celle du p et que l’on peut sentir en mettant une main devant la bouche.
Ce procédé, que nous avons employé pour enseigner le P (fig. 41), nous servira à enseigner aussi le t.
Pendant la production du t, le voile du palais reste relevé (fig. 58).
A la suite de l’explosion du la langue se retire plus ou moins en arrière des dents inférieures, suivant la voyelle qui va suivre : point, si c’est l’une des cinq voyelles a, é, i, eu, un peu plus si c’est un o, et plus encore si c’est un ou.
Si l’élève produit n au lieu de ?, c’est qu’il abaisse le voile du palais et que le souffle s’échappe par les fosses
nasales. Nous avons dit plusieurs fois déjà comment se corrige cette fausse direction du souffle.
S’il dit d, c’est qu’il fait vibrer son larynx.
Enfin s’il dit /, c’est que la langue ne touche pas partout la couronne alvéolaire et que du souffle s’échappe par les côtés. Dans ce cas, il se produit des vibrations aux Joues ; en amenant l’élève à supprimer ces vibrations,
on obtient qu’il empêche toute sortie du souffle par les côtés de la bouche et le t se produit convenablement.
Quelques auteurs recommandent, pour obtenir cet élément, de faire pincer la langue entre les dents, puis de la faire retirer vivement.
On doit proscrire absolument ce procédé, qui n’est pas conforme à l’observation du jeu de la langue dans la formation de l’élément que nous venons d’étudier.