CONSONNES T, D, N
d. — Le ^/’-est au t comme b est à comme » est â f. C’est- dire que, dans la lecture sur les lèvres, pourra facilement être confondu avec t.
Quant au jeu des organes, il ne varie que par lé frémissement laryngien qui vient s’ajouter à l’explosion décrite ci-dessus.
Ce frémissement est accompagné d’un abaissement de la région sus-hyoïdienne, comme pour b, que l’on fera sentir à l’élève ainsi que le montre là figure 42.
Fig. 59.
L’élève a parfois beaucoup de peine à produire cet abaissement de la région sus-hyoïdienne; nous l’avons déjà constaté à propos du b. On tâchera de l’y amener en employant le procédé que nous avons signalé en parlant de ce dernier (v. p. 194).
Les mêmes défauts peuvent se présenter que pour t; on les corrigera de même.
11 peut se faire, en outre, que l’élève fasse précéder de / ou de îî et dise Id, nd. Il faudra lui faire sentir, par le toucher, qu’il mêle inutilement deux éléments.
2ia COMMENT ON FAIT PARLER LES SOURDS-MUETS.
Quelquefois, enfin, il donne g pour d : c’est que la base de la langue se relève contre le voile du palais.
Nous trouvons, dans notre langue, de nombreux changements de en t, et vice versa, qu’explique la très
Fig, 60. — N.
grande analogie que nous trouvons dans le mécanisme de ces deux éléments.
Ainsi le d est devenu t dans dont (dérivé de deunde), souvent (de mbinde), boîte (de puseda). Inversement, ^ est devenu d dans donc (dérivé de tune), coude (de cubitus), endive (de intybus), lézard (de lacertm), mMev (de materianus), etc., etc.
n. Le n a, avec ? et d, la même analogie que m avec
- consonnes: T, D, N.
'P et h. Cet élément pourra donc être confondu, dans la lecture sur les lèvres, avec t on cl.
Gomme pour ces deux dernières consonnes, la sortie du souffle par la bouche est interceptée par l’application des bords de la langue contre la couronne alvéolaire (fig. 62). D’autre part, le voile du palais (fig. 61) s’abaisse, comme pour ???, et la majeure partie du souffle s’échappe par les
Fig. 61.
fosses nasales en produisant aux ailes du nez des vibrations très sensibles au toucher.
Pour enseigner cet élément au sourd-muet, on disposera donc la langue comme pour ^ ou et on fera percevoir avec le doigt les vibrations des ailes du nez (fig. 63). On pourra faire usage également d’un petit miroir qu’on placera sous le nez et dont la surface sera ternie par le souffle s’échappant par cette voie.
- Cet élément est d’ordinaire très facile à enseigner : les sourds-muets n’ont que trop de tendance à parler du nez.
Il peut arriver, toutefois, que l’enfant donne un d ou un /pour w. Dans le premier cas, il n’abaisse pas le voile du palais; dans le second, la langue n’appuie pas assez exactement ni assez fort de ses' bords contre les gencives et laisse échapper du souffle en quelque point.
Fig. 62.
Quelquefois, aussi, il fait spivre 7i de d et dit nda, ndos, ndom, pour na, nos, nous. On lui fera sentir, sur la main, qu il mele a n une explosion qui ne doit pas se produire, ans le but de faire distinguer facilemenl le n du t ou U d, dans la lecture sur les lèvres, quelques maîtres exagèrent les mouvements, du nez et font une véritable grimace qui devient alors un signe de convention.
1 faut éviter de recourir à ce moyen qui a non seulemen pour résultat de nuire à la sincérité de la lecture »ur les levres, mais encore - et c’est plus grave - de pousser l’.éléve è faire la même grimace en^p^Lt.
consonnes; t, d, n.
Nous avons vu (p. 197) que l’analogie existant entre les deux nasales m et n avait amené de fréquentes substitutions entre ces deux lettres.
Le changement de d en ??, et inversement, s’est produit quelquefois aussi : chez les personnes enrhumées du cer-
Fig. 63. — N.
veau, par exemple, le souffle ne pouvant s’échapper par le nez, le ii se change en d et elles disent ofourrice pour nourrice, </oix pour noix, etc.
; Il existe aussi une certaine analogie entre n et /, comme nous allons le voir, et les substitutions entre ces deux éléments sont fréquentes.