CONSONNES ; L, R
Les vibrations de la langue se transmettent aux organes voisins et sont très sensibles aux dents, au menton et au larynx.
Le r lingual est sans contredit l’élément le plus difficile à enseigner à la plupart des sourds-muets. Une foule de
moyens ont été mis en œuvre qui n’ont pas toujours réussi. Énumérons les principaux ;
Pour obtenir le r, il faut, se plaçant devant un miroir, faire remarquer au sourd-muet les mouvements de la langue et l’engager aies reproduire tels ; il faut aussi, pour l’aider, lui faire sentir les vibrations qui se transmettent au menton
consonnes: l, R.
dant qu’il articulera assez fortement un r lingual (V. fig. 71).
On obtient quelquefois celte consonne en la faisant précéder de h et en prononçant hrrrr ou d’une labiale quelconque \prrrr... trrrr... frrrr... ,
Au conservatoire de Paris, le moyen préconisé pour enseigner aux artistes qui ne le possèdent pas le r lingual consiste à prononcer lin nombre infini de fois et de plus en plus vite les deux consonnes td, td^ td^ td auxquelles on
ajoute un r guttural ; puis on abandonne une des deux consonnes et, plus tard, la seconde.
« Un autre moyen d’amener le sourd à saisir le roulement du r consisterait à déterminer d’abord une vibration rapide et sonore des lèvres, puis à associer la langue à cette vibration, en l’amenant graduellement entre les lèvres : dès que l’élève se rend compte de l’effet produit, on lui fait retirer peu à peu la langue à l’intérieur de la bouche en continuant le mouvement commencé.
« Il arrivera" souvent, au début, que la langue cessera aussitôt de vibrer; mais, après quelques répétitions, l’élément imparfaitement obtenu se perfectionne avec l’exercice (1).
Si l’on ne peut pas obtenir, après des tentatives répétées, le r lingual, on se contentera du r guttural qui est plus facile à enseigner.
Le r guttural, d’ailleurs, est celui qu’articulent la plupart des Parisiens et des Marseillais. La région où on roule\& mieux le r lingual en France est le Plateau Central. Et, comme nous disait un philologue, nous ne voyons pas pourquoi nous serions plus difficiles pour les sourds-muets que pour la majorité des Parisiens.
Le r guttural est produit par les vibrations de la luette. Il suffît généralement de faire toucher au sourd-muet l’ébranlement transmis par ces vibrations à la gorge pour les lui faire reproduire.
Si cela ne suffisait pas, on pourrait avoir recours au gargarisme signalé par la plupart des auteurs : l’élève prend quelques gouttes d eau dans la bouche, et se gargarise; dans cette action, la luette vibre; on lui fait recommencer l’opération sans eau et 1er guttural est acquis.
L’analogie existant entre le mécanisme de l et celui de r a produit de fréquentes substitutions. L s’est changé en r dans les mots apôtre, dérivé de l’ancien français apost/e; chapitre, de capitulumj hurler, de ullarei forteresse, de fortalitia;eiQ,.
R, à son tour, s est changé en l dans les mots : autel [alter, dans la Chanson de Roland) ; crib/e {cribrum) ; pè/erin {peregrinumy, tMv^v [fragrare)- pa/efroi iparafredm)-, etc.
(1) F. M. B. ; Méthode d’articulation et de lectw rent-sur-Sèvre (Vendée), 1883.
•e sur les lèvres. Saint-Lau-